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XIV RAPPORT A L INSTITUT DE FRANCE

ment privés d'abris, ils reçoivent le souffle glacé des vents qui tombent des montagnes voisines. C'est la partie de la Belgique où les procédés de culture sont le moins avancés, c'est aussi celle où l'on rencontre le plus de grandes fermes. On y suit encore l'ancien assolement triennal légèrement modifié. Les deux tiers du sol sont en céréales d'hiver et de printemps, et le dernier tiers en jachères, trèfle et pommes de terre. La céréale d'hiver qui domine n'est ni le seigle comme dans les Flandres, ni le froment comme dans la Hesbaye, mais l'épeautre, qui résiste, mieux que le froment, aux hivers froids et humides et qui donne un pain plus blanc et plus agréable que le seigle.

Tandis que dans les Flandres on ne compte qu'un exploitant sur quatre qui fasse valoir une terre qui lui appartienne, on trouve dans le Condroz, parmi les cultivateurs, autant de propriétaires que de locataires, condition économique plus favorable au bien-être des classes laborieuses. La population y est peu condensée; on y trouve à peine un habitant par deux hectares et demi. En corps de ferme, l'hectare se loue de 40 à 60 fr. et se vend de 1,200 à 2,000 fr.

L'habitant du Condroz rejette son infériorité sur le climat et sur le sol ; M. de Laveleye ne

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