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mitié. Un de ses grands plaisirs était la musique. Les vieux murs, aujourd'hui noirs et chancelants, du château de Muiden ont plus d'une fois tressailli sous le timbre des voix les plus harmonieuses de Tépoque. Les contemporains de Hooft vantent sa mémoire infatigable et son jugement. Dans les matières religieuses, il se montrait d'une tolérance rare pour le temps où il vivait. Un pas» teur réformé, qui résidait à Muiden, avouait lui-même qu'il devait beaucoup, sous ce rapport , à U société de son hôte et ami. Lorsque ce ministre, homme excellent du reste, avait par hasard tonné du haut de la chaire contre les dissidents, Hooft l'invitait à sa table, et là il lui donnait de si bonnes leçons de charité^ que le prédicateur s'adoucissait par degrés, apprenait à supporter les opinions de ses adversaires, et se montrait plus indulgent. Dans la conversation, le propriétaire du château de Muiden faisait preuve d'une affabilité exquise. Son extérieur, son costume et ses manières, qu'il ne voulut jamais soumettre aux caprices et aux fluctuations de la mode, exprimaient la vieille simplicité hollandaise, laquelle n'était d'ailleurs pas sans noblesse. Un homme d'une impartialité d'esprit si grande, d'une sagesse si antique,d'une condition soiïiale quile mettait en rapport avec les principaux personnages de son temps, était naturellement préparé à écrire l'histoire. Hooft était poète, et même un des plus grands poètes de la Hollande, ce qui n'altérait point son jugement ; mais nous nous occupons surtout de l'historien. Versé dans les affaires de l'État^
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témoiD des luttes glorieuses qui avaient tiré son pays du néants enthousiaste de la grandeur politique et de la gloire maritime des Provinces-Unies^ assombrie pourtant par un nuage de sang^ il entreprit un volumineux ouvrage auquel il donna' le titre Nederlandscke Historien (Histoire de la Néerlande).
Déjà^ avant cette histoire^ plusieurs ouvrages^ mémoires ou récits spéciaux sur les combats, les sièges, les événements mémorables, avaient paru en Hollande et en Belgique. Il nous suffira de signaler l'Histoire desÉvéne^ ments de 150(^1566, par Jacques van Wesenbeeck, conseiller pensionnaire d'Anvers, et les récits très-détaillés de Bor et de van Heteren (i ) . Tous ces ouvrages péchaient par la forme ; c'était le style prolixe et monotone des chroniques. Hooft vint, et la Hollande, qui avait tout dernièrement reconquis ses droits, retrouva aussi ses annales. II avait préludé à la grande œuvre de sa vie en écrivant dès 1618 la vie de Henri IV, où Ton remarque une peinture vigoureuse du massacre de la Saint-Barthélémy. En 1626, Hooft commença enfin son histoire, Nederland^cfie Historien, à laquelle il consacra tout le reste de ses jours, jusqu'en 1647. Ses lettres, dont on vient de publier une nouvelle édition, attestent la peine incroyable qu'il s'est donnée pour se prémunir contre toute erreur. Il s'entourait des conseils et des lumières
(t) Pour les historiens nationaux ou étrangers qui ont écrit sur rhistoire de la Néerlande ou de la Belgique jusqu'au milieu du dixseptième siècle, on doit consulter Touvrage intitulé Bibliothèque des Historiens des Pays-Bas, par M. de Wind. MIddelbourg, 1833.
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des hommes spéciaux, tels que Jacques Wytz, son ami Huyghens, le père du grand géomètre, et quelques autres diplomates qui avaient eu une laige part dans les négociations. Ce qui frappe dans cet ouvragj^, c'^st un air de vérité, de grandeur et de majesté historique. Seulement l'auteur, tout en fondant la langue nationale, ne peut sisoler complètement des influences littéraires de son époque; Tétude des auteurs classiques lui était trop fiunilière pour ne point poursuivre et asservir sa pensée jusque sous la forme nouvelle qu'il voulait réhabiliter. L'imitation de l'antique a étouffé chez lui, du moins en partie, Toriginalité qu'on aimerait à retrouver dans un historien primitif. On en jugera par quelques lignes qui servent d'exposition à son récit.
« J'entreprends d'écrire une histoire riche en vicissitudes et en incidents, terrible en batailles, en combats sur mer, en sièges, pleine d'une sombre animosité, agitée par la rébellion, pénible à raconter à cause des meurtres dont elle est souillée par Toubli des droits de la guerre, histoire navrante par les cruautés commises même dans la paix. Des succès sur les puissances étrangères, des trêves; des factions intestines et des guerres qui en surgissent ; les flammes tout à coup étouflées; la paix de nouveau, mais non durable. Les habitants frémissant sous le fouet et poussés aux armes, des cités troublées, des églises violées, des provinces dévastées, la morale et la religion ruinées. Les hommes se frappant les uns les autres , et appelant sur eux les fléaux du ciel ; des tremblements de terre, des maladies épidémiques, la fa-
mine^ de sévères hivers, d'épouvantables inondations ; des villages, des bestiaux, des hommes submergés. Les chefs du gouvernement chassés ; des princes proscrits , dépouillés de leurs États et de leurs sujets; toute TEurope encombrée d^exils; d'âpres hostilités à la cour; les lois, les privilèges, les règlements foulés aux pieds; deux des plus nobles têtes de la chrétienté (1) tombant, avec celles des plus braves gentilshommes, sur l'échafaud: le prince d'Orange, au cœur de la Hollande, malgré la surveillance des courtisans et des gardes, odieusement assassiné. La maison régnante (dont le soi*t ne dépend que de deux personnes) divisée, et le fils unique du roi (2), le seul héritier présomptif de Tempire. mis à mort parles ordres de son père ; nombre d'habitants tombant sous la main de l'exécuteur pour cause de religion. L* action de répandre le sang innocent estimée comme un exploit; la vie, la propriété de chacun menacée, et rarement épargnée. Ceux qui ne pouvaient être convaincus d'hérésie ou de rébellion accusés de connivence avecles hérétiques ou les rebelles; la naissance et la richesse imputées à crime; la vertu devenue la plus dangereuse des possessions, surtout la modération et le silence. Des coquins et des brigands promus aux charges publiques, élévation toujours plus odieuse que ne sont dégoûtants les actes de ces hideux scélérats; quelquesuns d'entre eux saisissant les évêchés et les diverses dignités ecclésiastiques, les autres s'emparant des honneurs temporels, faisant tout ce qui leur passait par l'esprit, et mettant sur le gouvernail de l'État une main binitale. Les citoyens poussés contre les citoyens, les parents contre les parents ,
(1) Les comtes d'Egmont et de Horn.
(2) Don Carlos.
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et celui qui n'avait point d'ennemis trabi par ses propres
amis
« Cependant ces temps malheureux ne furent point tellement dénués de vertus qu'ils ne puissent offrir quelques exemples édifiants. La vie et la fortune d'un frère confiées à un autre frère, et ce dépôt respecté; une foi immuable conservée par des hommes appartenant à différentes croyances; de secrètes épargnes volontairement offertes pour la cause de la Néerlande et de la liberté; une piété profonde, un grand zèle pour les bonnes œuvres; la maison, le foyer, abandonna par attachement pour des convictions désintéressées; la mort, que dis-je? même les plus sévères tortures, supportées avec constance ; la plus grande générosité jusqu'au mUieu de la rage du combat ; un courage surhumain eqfanté parle désespoir; la miséricorde dominant l'amour du gain et épargnant un ennemi, sans aucune espérance de retour; la sagesse, Texactitude et la prévoyance dans les conseils. Les négociations les plus délicates et les plus difficiles menées à terme par une réserve extrême, par une infatigable persévérance, et le vaisseau de l'Ëtat dirigé heureusement vers le port au milieu des plus terribles tempêtes, ^ de telle sorte que, dans le cours de plusieurs siècles, on ne trouverait point la matière d*événements plus instructifs pour ce qui regarde la marche des affaires humaines, ni plus étranges et dignes d'observation, ni plus propres à fonder les principes et à instruire les peuples. »
Cette citation suffit à donner une idée des qualités et des défauts de Hooft comme historien. Ses qualités sont l'énergie, la concision, la gravité; sesdéfauts sont Temphase,
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la recherche de l'expression etsurtoutlMmitation de Tacite. ' Quoique Hooft soit sans contredit le premier historien et Tun des plus remarquables écrivains de la Hollande^ j'aime à chercher dans la littérature néerlandaise un esprit plus na!f^ plus original^ qui ait vn son temps et son paysà ti^vers ses impressions personnelles et non à travers un reflet de l'antiquité. Cet historien, le trouvera-t-on dans Jan Wagenaar ! Ce dernier n'a point la phrase sévère et magistrale de Hooft. On peut môme dire avec H. Groen van Prinsterer que c'est un écrivain médiocre. Ne lui demandez ni l'enthousiasme^ ni les vues élevées^ ni la couleur. Son style est clair^ mais froid et traînant^ sa pensée sans élévation. On Ta surnommé avec trop d'indulgence le Hume néerlandais. Né à Amsterdam en i709, il avait été nourri dans la pratique du commerce, circonstance à laquelle on peut attribuer le caractère positif de son esprit, enclin surtout aux détails, et son style, auquel convient assez bien l'épithète de bourgeois. On a reproché en outre à son ouvrage l'étendue disproportionnée qu'occupe l'histoire de la Hollande, comparée à celle des autres Provinces-Unies« Il serait pourtant injuste de lui refuser un mérite assez rare : Wagenaar est un collecteur scrupuleux des faits et des documents. Il a rendu sous ce rapport un grand service à ceux qui ont écrit et qui écriront après lui l'histoire des Pays-Bas. Son ouvrage, publié successivement de 1749 à 1759, parut d'abord en vingt gros volumes; mais le nombre en fut doublé par les additions et par des suites, que rédigea en
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grande partie Télèvede Wagenanr^ Parchivisie van Wjc: ces suites embrassent la seconde moitié du siècle. Ce volumineux travail a pour titre : Histoire de la Pairie et dp Provinces' Unies, spédalemeni de la Province de HoUanà. depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1 751 .
L'Histoire de la Pairie a joui pendant longtemps ei Hollande^ surtout dans la classe moyenne, d'une vogv prodigieuse. Wagenaar, malgré de grandes préteotiooi à l'impartialité, avait ouvertement embrassé la cas^ des états dans cette longue lutte historique entre k^ deux pouvoirs. On aime à suivre dans son livre, au dllieu des orages, le berceau des institutions représentatT^ flottant sur une mer agitée. Un succès si durable, sî exclusif, qui défiait tous les autres essais historiques, scr cita enfin un contradicteur, et ce contradicteur fut Kl< derdijk. Le poète hollandais avait commencé en 1811 une Histoire nationale, dont la police ombrageuse (k Tempire, d'accord peut-être avec les anciens magistnb d'Amsterdam, avait gêné la publication. Bilderdijk. dégoûté par ces obstacles, abandonna son œuvre pendant quelques années. Plus tard il y revint, et cela par la voie de l'enseignement. 11 avait formé parmi les élèves de l'université de Leyde une sorte d'école historique, d'où sortit M. Groen van Prinsterer, aujourd'hui conse^ vateur des archives de lamaisond'Orange. Bilderdijk réunit les cahiers de ses cours^ et céda, dès 1832, son travail remanié à M. Tydeman, le vénérable professeur que ' 'ai visité à Leyde. M. Tydeman ne commença la publi-
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cation de cette histoire qu'après la mort de Paateur: il y ajouta des notes savantes^ des explications, le tout formant treize volumes. La manière dont Bilderdijk envisage et présente les faits racontés avant lui par Wagenaar froissa bien des opinions reçues; ce fut toute une. levée de boucliers. Il se forma ainsi deux écoles, dont Tune continuait de s'appuyer sur Tautorité de Wagenaar, et dont Tautre tenait pour Bilderdijk. Le professeur Siegenbeek se constitua le défenseur du vieil historien profané. Des voix s'élevèrent du camp opposé; la lutte continua et continue encore avec une extrême ardeur^ car la publication posthume de l'ouvrage de Bilderdijk vient seulement de finir.
Il faut dire un mot des opinions de l'historien pour expliquer le tumulte des esprits auquel donna lieu cette discussion littéraire. Bilderdijk était ultra-monarchique : son idéal était l'ancien état féodal tel qu'il avait existé dans les Pays-Bas sous les anciens comtes, souverains de fait^ mais non absolus. Ces idées dominent dans son livre : de là un esprit de dénigrement systématique contre Oldenbarneveldt, les frères de Witt et tous les hommes d'État qui ont lutté contre le stathoudérat. Bilderdijk avait été proscrit par .le parti anti-stathoudérien, et les animosités politiques ou religieuses étaient vivaces dans le cœur du poète. On ne peut du moins s'expliquer autremeat ces diatribes amères, ce ton militant et dogmatique, dont s'arrangent les sectaires, mais qui conviennent si peu à l'historien. La lecture de ces pages, quelquefois
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éloquentes, fait naître une impression pénible: jeregr^ pour mon compte de voir un esprit distingué^ mais dàmérique, s'égarer violemment dans les rêves du passé e chercher parmi des ruines, souvent même au milieu âes ténèbres de Tignorance, le type d'une société dont ks esprits ne voulaient déjà plus au seizième siède. Td qu'il est, Touvrage de Bilderdijk n'en doit pas moios êtt consulté par quiconque veut s'initier aux annales de h Néerlande; il a d'ailleurs rendu des services^ il a Êi: naître la critique historique. L'admiration exclusive de Wagenaar avait posé des bornes à l'examen dfô biUet à l'esprit de curiosité; ces bornes, on ne pouvait les renverser a qu'en déclarant, comme dit M. Groen van Piia^terer, une guerre à mort à cette histoire stéréotypée qà avait pris possession des esprits (1). » Depuis ce tenopr là, grâce à la publication de nombreux documents, ilMh rizon historique s'est élargi; on a défriché le. vaste champ des archives, on a écrit des histoires spéciales, des biographies; vienne maintenant un Hooft moderne, et ec fait d'histoire la Néerlande n'aura plus rien à envier aux autres nations de l'Europe.
Cette histoire est attachante à plus d'un point de vue. mais surtout comme indiquant le berceau des institutioas représentatives. Après les moyens à l'aide desquels les Provinces-Unies ressaisirent leur indépendance, il n'eâ rien de plus digne d'attention que la sagesse et Téoer
(I) Le.f Archives de la maison d^Orange,
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gie développées par elles dans le maintien des libertés reconquises. Les anciens croyaient que la fortune ne résistait point à Paudace ; les modernes Bataves ont montré qu'elle cédait surtout à la persévérance. Ils se servirent de la tranquillité que leur procurait un état de paix entrecoupé d'ailleurs par des guerres glorieuses pour fonder la puissance du travail et la prospérité du commerce. La navigation néerlandaise prit alors des développements dont on retrouve les traces aux deux extrémtiés du monde. Les vaisseaux^ ces maisons voyageuses^ saluaient en passant les autres maisons^ immobiles^ enracinées au sol, demeures fixes de Phomme, partagé, lui aussi, entre les travaux de la terre et ceux de Tindustrie. Au fond, il existe une certaine ressemblance entre le caractère de la nation hollandaise et celui'que la classe moyenne montra en France dans la révolution de 89 ; Fune et l'autre, mais à des intervalles de temps éloignés, dégagèrent leurs institutions politiques des besoins du commerce et des droits de l'activité humaine. L'économie, la prévoyance, le respect des intérêts matériels dans ce que ces intérêts ont de légitime, toutes les vertus domestiques élevées à l'état de religion sociale, tels sont les éléments à l'aide desquels s'est constitué dans un coin de la terre le gouvernement des Provinces-Unies. A une époque où toute l'Europe vivait encore sous l'empire des institutions militaires, la république des marchands de fromage, comme on l'appelait dédaigneusement à la cour de Louis XIV, a révélé ce qu'il y avait de grandeur solide et de dignité
dans un état libre qui assurait à chacun la propriété <i' ses œuvres. Le gouvernement représentatif est d'un enfantement difficile : aussi Téducation des mœurs politiques en Hollande fut-elle lente et laborieuse^ et p]u> d^une fois interrompue par des catastrophes. Le sentiment de la nationalité, une foi vaillante dans le princip auquel la république devait sa naissance et ses prodigieux succès^ un amour de Tindépendance qui savait s'imposer des bornes^ toutes ces qualités pratiques soutinrent la confédération des Provinces-Unies au miliei; des rudes épreuves qu'elle eut à traverser (1).
Hooft^ Wagenaar et Bilderdijk sont les trois princîpaia historiens de la Hollande. A côté de leurs travaux. iJ
(1) Le lien entre les instiluUoDS politiques et la prospérité ci.>idmerciale de la Néerlande n'a point échappé à Swedenborg. Commt? tous les libres penseurs, comme tous les hommes excentriques de dix-septième et dg dix -huitième siècle, il avait à plusieurs repri§r< cherché un asile dans les Pays-Bas. Se trouvant à Kotterdam durant la kermesse, il observait en silence les amusements du peuple, 1^ saltimbanques, les exhibitions foraines. Tout cela lui inspira les réflexions suivantes : Je chercherai, dit-il, les c^iu^es en vertu desquelles une nation aussi grossière que la nation hollandaise a éieve son commerce au-dessus de toutes les autres nations et a fait de ses provinces les marchés de l'Europe. La première cause est que la Hollande est une république, forme de gouvernement plus agréable à Dieu que la monarchie absolue ; la seconde est que la Hollande jouit d'une grande liberté. Ici vous ne trouvez point d'esclaves : tous les Hollandais sont maîtres, tous se regardent comme le^ égaux des princes et des empereurs; ils portent ce caractère dans leur maintien... » Puis il ajoute : « Mais ils adorent Uammon, et ce culte de l'or est incompatible avec une longue et réelle prospérité. > C'est en effet le culte des intérêts matériels qm' a amené le déclin de la puissance néerlandaise.
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ïut mentionner cependant quelques ouvrages de date dus ou moins récente. Peu d'années avant la publication le Touvrage de Bilderdîjk, le gouvernement avait mis tiu îoncoursle sujet suivant : De lameilleure méthodeéCéerire 'histoire nationale. Plusieurs savants, MM. Royaards, >che]tema, Jonge et Groen van Prinsterer, répondirent à ;et appel ; mais le projet d'écrire une histoire officielle n'a [>as eu de suite. Le vœu du gouvernement seconda toutefoîs la renaissance des études historiques en Hollande. M. Groen van Prinsterer a publié un Manuel de l'Histoire nationale^ écrit dans un esprit systématique, mais qui se distingue par des qualités magistrales. Le profei^ur Ârend, mort récemment, avait commencé une histoire générale du pays qui se continue aujourd'hui par la main de M. van Ree. Le professeur Visscher, dTJtrecht, a défriché le champ ingrat de la bibliographie. M. Knoop, officier et écrivain, a ouvert la voie de l'histoire militaire, où il a été suivi par MM. Sypesteyn, de Bordes, Netscher et quelques autres. Enfin H. Bossçha, professeur d'Amsterdam, vient de terminer un ouvrage intitulé Fastes militaires de la Néerlande. Le docteur Backhuysen, M. de Jonge, le docteur NyhoiF, conservateur des chartes dans la Gueldre, MM. Halbertsma, de Vries, Scheltema fils, ont répandu une lumière nouvelle sur certaines parties obscures des annales hollandaises. Déjà dans la dernière moitié du siècle précédent l'histoire du droit public et de la diplomatie avait trouvé de savants interprètes. Le professeur Kluitavait écninne Histoire de la Constitulionkollandaise ;