‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 18 sur 68 · I .i-.<i",G(H1'(lc · texte numérisé non relu

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par l'addition de nouveaux organes; de même, sur l'é- , chelle des progrès sociaux, la constitution des races s'élève ense compliquant. Chacune d'elles apporte comme uni membre nouveau à la civilisation. En Hollande, KaccessioD des éléments étrangers a donc été une bonnefortune pour le pays ; la liberté a été fécondée par ses propres forces et par lesforcesauxiliairesqu'clles'asùmilait. C'est de la somme des facultés spéciales, des dons dit- . . férents venus de l'étranger, mêlés etcombinés entre eux, rattachés d'ailleurs à la souche nationale, qu'est sortie, au dix-septième siècle et plus tard^ la grandeur de la Hollande.

Cette liberté religieuse est restée un des traits caractéristiques des Pays-Bas. Ici, le protestantisme, quoique dominant, s'abstient de toute manifestation extérieure du culte : la rue est en quelque sorte athée. Il ne faudrait pas enconclurequ'iln'y eût point defoi. La Hollande estun des pays les plus religieux de la terre ; mais chez elle la religion est une affaire entre l'homme et Dieu, il n'y a nulle part autant de sectes que dans les Pays-Bas, relativementà l'étendue du territoire; nulle partaussices différentes communions ne vivent en meilleure intelligence. On a pris au sérieux cette- parole de saint Paul : Oportet Aœresesfsse, il fautqu'ily ait des dissidents. Lescatholiques, longtemps regardés comme déch us, joDîssentaujourd'hui en Hollande de tous les droits civils. Cependant, qu'on ne s'y trompe pas, sous cette tolérance le sentiment national reste protestant, La Hollande aime la réforme re-

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ligieuse comme les mères aiment l'enfant, qu'elles ont engendré dans la douleur. On sait ce que les Pays-Bas ont souffert de l'inquisition espagnole. Cette page tachée du sang des martyrs est la grande page du protestantisme. On la fait lire dans les écoles de ce pays, et les enfants s'inculquent ainsi le respect de ceux qui s'ont morts pour l'indépendance. Les Hollandais combattaient alors pour la première des libertés, la liberté de l'âme. Pour eux, la réforme a été le bouclierde la défense nationale. Sans la foi à la justice de leur cause, on n'aurait jamais vu une poignée d'hommes s'élancer hors deleurs marais, battre un si redoutable ennemi avec de si faibles moyens, et terrasser des armées qui passaient alors pour invincibles. Une petite nation qui a soutenu sans fléchir en même temps le poids de la mer et le poids de l'Espagne unie à Rome, c'est-à-dire alors de presque tout le continent, a le droit de montrer ses libertés religieuses comme un guerrier son armure. Dans plusieurs villes de la Néerlande, le catholicisme d'ailleurs n'a point été détruit : il a fini. A Utrecht, par exemple, l'évêque catholique étant mort au moment du triom[^e de la réforme, oïl a enseveli le même jour, dans l'église du Dôme, le prêtre et le dogme. Sur la fosse entr'ouverte, le chapitre réformé entonna, en guise de i>e^rt)/'«îirf!s,lecantiquedeLuther. La Bible est en Hollande un monument national. Lorsque Louis XIV s'empara de la ville d'Utrecht, il fit brûler sur la place dw la Grande-Église tous les exemplaires des saintes Écritures qu'on put saisir : c'était comme la Hol-

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