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lis < LA NÉEBLANDE
propreté, qu'on retrouve ici jusque dans les écurie et les étables, n'est point étrangère à la belle santé des gens ' et des animaux domestiques (1). Dans tes villages, on aime k rencontrer, surtout le dimanche, une population forte, saine et bravement vêtue. Les femmes portent des ornements de tête aussi riches que bizarres : elles ont bit ce jour-là leur toilette et leur prière pour être belles devant Dieu et devant les hommes.
La plus grande partie du roulage des Pays-Bas se pratiquant par les canaux, les routes sont généralement ma- ' gnifiques et entretenues comme les allées d'un parc. Il arrive de trouver réunis sur la même route un chemin de balage, un chemin sablé pour les piétons, un chemin pavé en briques pour les voitures (2) et un chemin de terre molle pour les chevaux de selle. Le goût des fermiers se révêle dans leurschariols, qui sont d'une forme élégante, avec des bouquets de fleurs peints, sculptéfi ou dorés sur la caisse de la voiture, ^ar la vue des Pays-Bas, on peut se faire une idée de l'art hollandais. Le ciel n'est pas baigné, comme dans le midi, par une lumière si mtense qu'elle absorbe tout ; non, c'est une lumière prudente
(I) C'est dans la Nord-Hollande qu'il (aut lisiter ces bbIvds deslinëg aux Ijeetiaux. I,c plancher' est luisant de propreté. Les vaches se succèdent uâic A c5te sur une plate-forme qui est également nette cl sablée. Les ordures sont reçues dans une rigole. Pour que les vacJLËS ne se salissent point en se couchant, on suspend leur queue avec une ficelle attachée au plafond.
Ï) Il y a en Hollande deui sortes de briques lies roSges.qul servent âlir les maisons, et les jaunes, qu'on emploie pour paver les trottoirs et les routes.
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et discrète, mais vive, qui laisse une valeur à chaque objet. L'eau, qui est toujours ici l'Ame et la vie du paysage, T^ndentreles arbres des tons argentés. Dans lesplainés, où l'herbe abonde, s'ébat l'Arcadie avec ses troupeaux, ses bei^rs et surtout ses bergères. .La figure des femmes est délicatement éclairée. Dans un tel milieu, l'art visera moins à l'ensemble qu'aux détails et à la couleur. On a reproché à l'école hollandaise de manquer d'idéal. Ce qui donne l'idéal aux paysages, ce sont les horizons étendus, vagues et découverts. Dans les Pays-Bas, les horizons sont généralement courts, précis^ bornés; ils ne laissent rien à l'inconnu. Cependant, qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est point là toute la Hoir lande.
Les polddTS ont fait Gérard Dow, Van Ostade, Paul Potter, Ruysdael, Guyp ; les dunes ont fait Rembrandt. Les dunes sont le désert, là, on retrouve cette vigoureuse opposition des ombres et des lumières, ce caractère lauvage et déchiré, cette végétation inculte, ces montagnes, ces gorges, ces précipices qui ont donné un ' styleau plus espagnol des peintres hollandais. Telle partie des dunes ressemble en effet à une sierra. Cette mer de sable furieuse et solide, recouverie d'une fauve végétation de thyms, de genêts, de bruyères (sorte de forât vierge en miniature) ; ces cAtes, dont la force résidci comme celle de Samson, dans la chèvelute; ces goélands, ces courlis, ces mouettes, ces grands corbeauï qui passent, tes ailes étendues, sUr la tèle des dunes,
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puis, entre les sommets de ces Alpes relatives, )à-bas, un coia de mer flamboyant et poli comme une lame de sabre, tout cela révèle le côté énergique du caractère hollandais. On comprend alors Ruyter et tous ces étonnants marins, dont la race n'est point éteinte dans la Néerlande. Leur intrépidité semble d'autant plus grande, qu'elleest candide. Le marin hollandais se trouve ausà h son aise sur mer que sur ses canaux. On le voit sonvent traverser sur des bateaux frêles et ruinés des mers périlleuses, sans même se douter de son héroïsme. Les tempêtes lui sont familières, il a vécu avec elles dès son enfance, et l'on oserait presque dire qu'il les ignore à force de les vaincre. Les dunes donnent bien le sentiment de l'énergie virile, mais en même temps il n'est pas rare de trouver sur le sable presque nu, à quelques pas de la mer, une petite fleur que le vent a semée, image de l'amour de la patrie et de l'amour de la famille qui s'allient dans le cœur des rudes matelots hollandais au
UneinHuenceadù contribuer à endurcir physiquement les enfants de la Néerlande, c'est le climat. Ce climat ' n'est pas précisément très-rigoureux, mais il est humide et inconstant. Il ne faut pas perdre de vue qu'ici on vit ËUF la mer. La météorologie de la Hollande est particuculière comme son histoire, comme son origine, comme ses moeurs. Au printemps, une belle journée s'annonce le plus souvent par un brouillard froid qui s'attache aux extrémités des branches, où ilforme de petits cristaux.
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Les arbres avec leurs rameaux dépouillés et leurs fines nervures blanches apparaissent alors comme des stalactites gigantesques. Vers huit ou neuf heures du matin, ces cristaux fondent sous le soleil, et la forêt construite par le givre tombe en pluie. X^snuages laissent plus volontiers qu'ailleurs, surtout dans tes ntùts froides, transparaître la lune. On dirail des Ilots de glace qui passent comme des verres dépolis devant une lumière. L'été, deux et troistempératuresse succèdent quelquefois dans ■ne même journée. Si les saisons sont des climats voyageurs, ces voyageurs-là ont en Hollande l'humeur capricieuse et changeante. Même en été, l'humidité perûste longtemps après que les armées de moulins, ces sentinelles préposées à la défense physique du pays, ont, au mois d'avril ou de mai, desséché iei polders inondés pendant tout l'hiver.'' Par le soir des plus beaux jours, une vapeur blanche s'élève de terre et fume à la surface des prairies. 11 serait intéressant de savoir si la culture et les ouvrages hydrauliques, en réchauffant le sol de la Néerlande, ont modifié les conditions de l'air; malheureusement l'histoire météorologique est encore dans l'enfance. H existe à Utrecht un observatoire dont les travaux sont estimables, mais dont les expériences ne remontent qu'à quelques années. Tout porte cependant à croire que le climat des Pays-Bas s'est amélioré depuis les temps historiques.
Si les monuments authentiques manquent pour apprécier cette amélioration, il n'en est pas moins vm~