‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 30 sur 68 · II. i-.<i",G(Hinlc · texte numérisé non relu

II. i-.<i",G(Hinlc

pauvres gens qiû habitent sur un solinHamniable. A chaque instant, leurs cabanes ou leurs chaumières peuvent ' être réduites en cendre. 11 y des exemples d'incendies qui ont duré ainsi de douze à quatorze jours. i.a matière terreuse brûlait à petit bruit, et la flamme, trouvant sans cesse un aliment, s'avançait accrue par ses propres ravages. On avait alors, sur un sol plat, la triste et lamentable figure du Vésuve. Ces incendies de tourbières hautes dureraient non des jours, mais des mois et des années, si l'on ne cherchait les moyens d'en limiter les > progrès. Dans les mines de houille en combustion, on engloutit des fleuves ; mais ici l'usage de l'eau, qu'on n'a pas d'ailleurs toujours sous la main, serait une défense médiocre. Le seul moyen d'arrêter la marche du fléau, c'est de remuer et de bouleverser avec la bécbe la terre circonvoisinci On emprisonne de la sorte llncendie dans un cercle où il faut qu'il s'épuise sur lui-même. L'histoire nous a conservé plusieurs exemples de tourbières incendiées. Dans la Frise, non loin du Zuyderzée, on montre un lac assez profond qu'on appelle Jonker- Meer. La tradition veut que, dans les temps anciens, ce lac ait été une tourbière haute. L'incurie d'un ouvrier qui se chaufiait provoqua un iucendie si violent, que tous les efforts fiirent inutiles pour l'étouffer. La.matière tourbeuse fut entièrement consumée, et les eaux se rassemblèrent peu il peu dans la place qui était restée vide, Avec le temps, un lac se forma où paissaient autrefois les brebis.

DoiiîHihvGoogle

De tels accidents n'ont pas toujours été l'effet de la néf^gence. En 1593, les Espagnols avaient construit près de Schoonebeek une chaussée pour traverser des marais. Les Hollandais cberchèrent à leur couper le passage en jetant sur ta route des arbres qu'ils avaient extraits du fond des tourbières. Ils rassemblèrent ces arbres en uq tas et y mirent le feu. Comme l'air était seCj la flamme pénétra jusque dans la terre, qui était riche en matière combustible. L'incendie réduisit toute la tourbe en cendre : il se creusa des gouffres, des ravins, et la route devint impraticable pour l'armée ennemie. Cette défense tonte nouvelle Et sans doute naître l'idée infernale qu'on attribue à l'un des agents de Philippe IL Ayant entendu dire que la terre des Pays-Bas brûlait, il résolut de détruire par le feu cette contrée insoumise. Il n'abandonna son projet que quand il sut qu'une partie de cette terre inflammable était cachée sous l'eau, et -que l'autre {celle des hautes tourbières) pouvait ébre défendue contre l'incendie par le travail de la bêche.

On vient de voir extraire la tourbe dans les tourbières hautes; il faut maintenant étuâier un autre système d'exploitation, celui des tourbières basses, lage veenen. Là, c'est sous l'eau que la main de l'homme va saisir la matière terreuse qui doit lui servir de combustible.

Dans la Sud-Hollande, à quelques lieues de la Haye, •est le village de Wateringen. Des jardins entrecoupés de petits canaux, des ponts de bois qui joignent des sentiers recouverts d'un sable fin, des cultures distribuées avec

Page 1