‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 31 sur 68 · II. i-.<i",G(Hinlc · texte numérisé non relu

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ET LA VIE HOLLANDAISE, * lÀl

art, des maisons que les arbres à fruit serrent £l entrelacent comme un vêtement, une jolie école, deux églises, l'une catholique, l'autre réformée, un moulin tout fier de sesgrandes ailes et de son axe doré, tout cela forme ce que les Anglais appellent a secluded spot . A cdté du village s'étendent les tourbières.

La différence entre les tourbières hautes et les tourbières basses, c'est que dans ces dernières, dès qu'oD . creuse le sol, on trouve l'eau. Dans les temps anciens, on conmiença par défoncer ainsi les terres stériles ou presque stériles; mais bientôt, entraînés, par les bénéfices que procurât l'industrie de la tourbe, les habitants bouleversèrent de fertiles'prairies, des champs quisecouronnaîentchaque année d'abondantes moissons. La Hollande perdait ainsi tous les jbufs de son territoire. Sur certains points, tes excavations affaiblissaient mâme les digues élevées pour défendre le pays contre les chocs impétueux de la mer. La Hollande présentait alors l'étonnant spectacle d'un peuple jouissant d'un territoire déjà fort limité, et travaillant sans cesse à le détruire. Les plus belles campagnes que l'œil de l'homme eût jamais vues disparurent. Le gouvernement du' pays se crut obligé de mettre un frein à ces dévastations de la terre. Nul ne put désormais attaquer son champ que dans certaines conditions et après avoir obtenu le consentement des magistrats. Des ordonnances furent publiées dans ce sens à plusieurs époques. Toutefois l'État n'osait pas restreindre suffisammentl'abus, intéressé qu'il était lui-niéfne dans les ravages du sol, par

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les bénéfices qu'il tirut des tourbières à tkre d'impdf& L'autorisation de creuser la terre étant obtenue, on conduit sur le théâtre deTnncienne culture des hommesarmés de bêches, et dont l'emploi est d'enlever la couche de terre argileuse qui sert de revêtement à la tourbe. Le propriétaire lïiit alors partager son champ en plusieurs longues bandes de terre qui seront successivement exploitées d'année en année. La bande qu'on se propose d'attaquer d'abord, et qui est d'ordinaire située sur la.limite latérale du champ, est encore revêtue de l'herbe et des plantes qui y croissent; ce voile de verdure disparaît bientôt sous les instruments de fer: c'est ce qu'on appelle commencer la fouille. A Waterîngen, la matière tourbeuse se trouve enfouie sous une couche d'argile qui a deux ou trois pieds d'épaisseur. Cette terre arable est relevée soigneusement avec la bêche et déposée sur une partie du champ ; lorsque la tourbe sera extraite et l'eau épuisée, elle deviendra la base de la culture renaissante. Cette préparation est un travail d'hiver. On creuse la terre et l'on met à nu la couche de tourbe pour exploiter )a tourbière au printemps suivant. Une nouvelle série de faits industriels s'ouvre alors ordinairement en avril ou en mai, et se termine vers le mois de septembre. Un ouvrier pourvu de grosses bottes imperméables descend dans l'eau, dont la présence s'est aussitôt révélée sous la couche d'argile. Armé d'une bèche^ particulière à ce genre' de travail, il extrait les glèbes tourbeuses. Cet homme ne voit point ce qu'il fait ; il agit, comme.on dit

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ici,' de sentiment, car lu surface dé l'eau voile entièrement le lit de tourbe. Après avoir coupé la terre, guidé par cet ceil intérieur que crée l'habitude du méljer, il saisit Is motte divisée en la piquant avec la bëcbe, la retciurneei la renverse dans unebarque. Cinq ou six fois par jour, cette barque, antique et grossière comme celle de Caron, s'emplit des glèbes que l'homme y jette (1). Latouirbe, au moment où elle sort de l'eau, a la couleur du tabac; elle est méléê déracines et débranches d'arbres pourries. La barque est ensuite conduite à terre, et l'on décharge la tourbe dans une auge de bois. Cette auge, à peu près carrée, d'environ douze pieds de surface et de deux pieds de profondeur reçoit la matière tourbeuse qui va être mêlée et travaillée. Un ouvrier écrase avec les pieds les mottes informeset compactes qu'acoupées la bêche. En .même temps il délivre la substance tourbeuse des grandes racines, des pierres et des autres impuretés qui la vicient. Dans l'auge, cettep&te combustible se trouve ainsi élaborée comme la pâte du pain sous la main du boulanger. Ceci f^t, on jette par pelletées sur la terre la tourbe pétrie. Cette terre est recouverte d'un lit de roseaux secs qui doit isoler la niatière bitunii-

(1) Dans d'aiilres endroits, un ouvrier appelé veenlrekker, le puiseur de tourbe, tient k la main une longue perche, au bout de laquelle s'ouvre un cercle de fer tranchant ; i ce c«rcle de fer se trouTe attaché un fliet serré el très-fort qu'on appelle trouble, bagyemet. Cet ouvrier pecbe ainsi la tourbe, et avec la main renverse le&tet rempli du trésor lliDoneux.

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