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l HOLLANDAISE.
Lorsque la tourbière basse est exploitée, que reste-t-il ? De l'eau. L'aspect de ces mornes lacs qui succèdent à de vertes prairies afpige le regard de l'agriculteur. Ce changement a même été daus les temps anciens funeste aux populations. On a vu les habitants de ces campagnes converties en lacSj.pressés qu'ils étaient par la faim, émigrer vers d'autres terres. Ceslaçs ne demeurent pourtant pas stériles. Quelques propriétaires |es transforment en étangs peuplés d'excellents poissons qui fournissent de la nourriture à plusieurs familles, etqui créent une nouvelle source de produits. Avec l'art de la pisciculture et avec le volume d'eau dont elle dispose, la Hollande possède le moyen d'accroître sur une grande échelle le champ des richesses vivantes. Autrefois les lacs formés par rextrac7> tion de la tourbe demeuraient dans cet état jusqu'au jour oix un spéculateur hardi se mettait en tête de les dessécher. Les propriétaires des domines inondés les cédaient à vil prix. L'acquisition faite, on entourait ces lacs ' de fortes digues pour les isoler des eaux aJïluentes, et à l'aide de moulins à vent on les épuisait quelquefois en une année. Le lit qui servait'primitivement de base à la tourbe apparaissait alors : c'était tantôt de l'argile/tantôt du sable, souvent même une couche de roseaux spongieuse, légère, que les Hollandais «appellent darri ou dert-y, et que l'on enlevait avec la drague.
La tourbe étant extraie et les eaux pompées par le travail des moulins, on voy^t assez souvent certaines landes stériles converties en terres d'une fertilité prodigieuse. I. . «
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,46 t-A NÉEBLANUE
L'ancienne surface enlevée avait eneffel cédé iaplace à un fond argileux très-riche et très-propre à nourrir de florissantesmoissons.Ces champs régénérés sortaient ainsi des profondeurs du soi, et des régions perdues pour l'agriculture, après la fouille des tourbes, se trouvaient restituéesà la charrue. Une telle méthode ne lassa pourtant pas d'entraîner, à côté de ses avantages généraux, des malheurs particuliers. Plusieurs s'y ruinèrent. La vue de ces mécomptes fit môme dire à un ancien économiste : qu'eùt-illes mains pleines d'or, il ne les ouvrirait point lorsqu'on lui proposerait des maisons à bâtir, des tourbières à fouiller ou des lacs à dessécher. Les Hollandais n'ont heureusement pas suivi ce conseil. Le môme champ converti en tourbière, puis changé en une forêt d'arbresabattus(l),pui3 devenu un étang, puis rappelé à son état naturel, leur donna sous différentes formes des bénéfices dont ils eurent lieu de s'applaudir. Aujour- ' d'hui on dessèche volontiers l'eau des tourbières basses -dès que l'extraction de la tourbe est terminée. Ces champs ou ces prairies, délivrésdes eaux qui les couvraient, n'en restent pas moins sujets, dans les temps de pluies, à des inondations réitérées. Il est donc nécessaire, même après le dessèchement, de les pourvoir de moulins qui travaillent à les maintenir. L'entretien de ces moulins et des hommes qui les font agir est une charge considérable. Il ne faut donc plus s'étonner qu'en IJol-
(l) Les tourbières basses sont aussi riches que le» tourbières haute*.
en bol» parfBiifment conservé; seulement ce sonl a'aulres arbres.
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BT LA VIB HOLLANDAISE. 1*7
lande, où l'agriculture ne se défend que par des moyens arti^ciels cotitre un ennemi toujours) présent, le prix des céréales et des autres objets de consommation soit relativement élevé. Ces fouilles présentent un autre ordre ' d'inconvénients. Le sol bas de la Néerlande est rendu plus bas encore tous les jours par les travaux qui s'exécutent dans les tourbières : si les vaillantes digues élevées contre les hautes marées venaient par malheur à céder, et si la mer s'emparait de ces cultures situées à plusieurs pieds au-dessous de son niveau, le désastre serait terrible, irréparable. Il faudrait du moins des années et de prodigieux efforts pour ramener à la lumière ces champs engloutis.
On a vu extraire et préparer la tourbe dans les tourbières hautes, puis dans les tourbières basses; il reste à la suivre sur le marché. Les eaux du Wahal^ du Leck et de la Heuse sont perpétue Ile ment sillonnées par de lon^ bateaux que les Hollandais appellent samereusen, et qui transportent le combustible national. D'autres bâtiments d'une plus grande taille, construits dans les provinces voisines des tourbières, naviguent sur les canaux de la Frise, de la Groningue et de l'Overyssei ; plusieurs d'entre eux traversent même le Zuyderzée ; ils sont connus sous le nom de turf-potten. Leur foAne est ancienne et historique. C'est avec de tels bateaux que les Hollandais ont battu dans le golfe la flotte des Espagnols. Les bateliers vivent avec leur famille, pendant toute l'année, dans ces maisons de boisj et transportent d'un lieu à l'autre
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