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ET LA VIE HOiLANOAIBE. ISS
elle résiste moins aux méthodes nonvelles. L'amour du travail, une disposition à tout entreprendre, une persistance que rien n'effraie ni ne décourage, ces qualités devaient conduire les habitants sur le terrain de l'industrie.
Le transport de la tourbe donna nfûssance à vne navigation importante, et celle-ci à la construction des nanres. On employa d'abord pour ce service de petits bâtiments qui grandirent à mesure que la circulation s'étendùt. Les colonies de la province de Grpningue ont maintenant des chantiers où se construisent des navires estimés. Ces bâtiments mouillent dans les grands ports et les principales villes maritimes de l'Europe, notamment à Pétersbourg. Ils s'aventurent même dans les mers du Levant et commencent à visiter l'Amérique. On est vraiment surpris de voir toute cette prospérité navale s'élever au milieu d'une ancienne bruyère. Ce n'est point, tant s'en faut, la position géographique qui a contribué à développer au milieu des terres ce goût des constructions maritimes: la nature n'a rien (ait pour cela ; mais l'esprit d'entreprise qui anime la population entière a suppléé à l'absence de la mer. Si même on ne construit pas de plus gros b&Uments sur ces chantiers, situés dans Tintérieur du pays, ce n'est ni Hnduslrie ni l'argent qui manquent, c'est qu'il n'existe pas de canal suffisant pour recevoir les navires de grand modèle. Les vaisseaux ordinaires rencontrent déjà toute sorte de difficultés avant d'arriver à la mer.
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1S« LA NÉBKLANDE
La ville de Groningue obligeait jusqu'ici dans Tintépêt de ses chantierSj les bfltiments ■construits dans les colonies à passer sans mâts sous ses ponts bas et immo- ■ biles; les navires étaient gréés dons la ville même, ce qui constituait pour la population urbaine une source de travail et de prospérité. Aujourd'hui cependant la résistance municipale est vaincue; on commence à con* stniire des ponts tournants, et bientôt les vaisseaux traverseront la ville avec leurs mâts.
L'ardeur des colonies réduit tous les obstacles. Lorsque, il y a quelques années, il fut question d'introduire en Hollande des lois plus libérales sur la' navigation, la plupart des chantiers natibnaux s'émurent et s'effrayèrent; les colonies s'écrièrent : a Ouvrez les mers, nous lutterons ! D Et en effet elles ont su soutenir la concurrence avec succès. Un grand développement moral s'appuie sur cette prospérité matérielle, dont la première cause, ne l'oublions pas, a été l'extraction dç la tourbe. (In rencontre dans ces colonies une institution pburl'enseignement moyen et dix écoles pour l'enseignement primaire.
De la province de Groningue à la province de Drenthe, en quelques heures tout change. Vous rencontrez bientAt des champs éternels de bruyères. Aumoment où je les ai visités, ces champs de bruyères étaient en fleur. Un rouge foncé courait à la surface d'un sol noirâtre. Cette végétation stérile ne réjouit pas les regards de l'économiste, mais elle apour les yeux de l'artiste un charme