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sauvage que ne remplacent pointles plus belles cultures. Souvenez-TOUB d'ailleurs que nous sommes en Hollande, et qu'ici on ne laissa rien perdre des moindres présents de la terre. Les habitants de la Drenthe coupent les bruyères pour faire des balais. Dans ces landes, sur les propriétés indivises, paissent des troupeaux de dis-huit cents à deux mille moutons, confiés à la garde d'un seul berger. La bruyère verte est tondue par les bétes à laine, la bruyère fleurie est butinée par les abeilles. Ces abeilles sont amenées de la province de Groningue. Quand lafloraison des colzas est terminée, elles viennent cueillir le miel sur les bruyères en fleur ou sur les champs de sarrasin. Cette habitude de déplacer les ruches selon les époques de l'année et selon l'épanouissement de chaque tlore <}hampètre est commune it toute la Hollande. J'ù rencontré sur le Zuyderzée des abeilles voyageuses qui traversaient la mer dans des bateaux et qui allaient ainsi visiter les dîversescampagnes de la Hollande à mesure que celles-ci se paraient de leurs bouquets de fête. Les landes de la Drenthe, inexorablement plates, s'étendent à perte de vue ; après la bruyère, la bruyère reconiroence. Dans ces champs nus et abandonnés, on ne reo' contre presque pasd'arbres. Des steppes de chênes nains, qui ne dépassent guèrela taille de nos plus humbles broussailles, font cependant croire à l'existence d'anciennes forêts. Ce qui s'oppose maintenant à la croissance du bois sur ces terres, autrefois ombragées par de hautes fiitaies, c'est le mouton. L'animal innocent n'épargne rien. Les
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moutons, avec leur petite boucbe empoisonnée, comme disent les paysans, détruisent les germes et la tige nûssante des ariires que le vent a semés. Dans ceà plaines attristées par l'absence de l'homme, où les perdris, les lièvres, les coqs de bruyère, rappellent seuls le voyageur au sentiment de la vJe, s'élèvent de dislance en distance d'anciens tertres dont l'origine est attribuée par les uns aux Celtes, par d'autres aux Germains.
Ces monticules pelés ou recouverts d'une fauve végétation passent pour avoir été des tombeaux. La culture en a déjà débvit plusieurs. On a trouvé dans l'intérieur de ces fumu/i des vases grossiersen terre etdesossements calcinés, des haches de ^lex, des coins, des marteaux, des scies, des lêtes de flèches, des anneaux qu'on croit avoir servi de monnaie, dès pierres ii broyer le grain, des amulettes. J'ai pu examiner ces différents objets dans les musées de la Frise, de l'Overyssel" (1) et de la Drenthe. Ces instruments de charpenterie en cailloux, embryons de nos outils actuels, ces armes, ces ustenùles de ménage, seuls vestiges de llndustrie d'un peuple qui ne nous a point laissé d'autre histoire, se rencontrent dans les contrées les pluséloignées et les plus diverses, jusque dans le Japon. Je ne rechercherai point ici quelle était cette race plus ou moins perdue. Cette histoire du travail chez un peuple oublié s'associe mélancoliquement dans
(I) On conserve an mnsée de Zwol nne hache en diorile. Or celte subslanoe minérale ne se retrouve nutle pan dans les Païs-bas ; 11 raul donc que celte hache, ail été apportée de loin, sans doute de la Konvége.