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la Drenthe aux tourbières j dont l'histoire naturelle était jusqu'ici non moins obscure.
Au milieu de cesctiamps uniformes qui se succèdent, l'homme trouve partout en soi et autour de soi l'infiDi^ le mystère. Ce qu'il y ade plus ténébreux et de plus inexplicable encore sur ce sol énigmatique, ce sont les hunebed- . den. Il est difficile de voir sans émotion ces anciens monuments celtiques. Ces pierces ne sont point originaires de la Néerlande ; ce sont des blocs erratiques qui y ont été apportés par les glaces. Tout est prodigieux dans l'existence de ces débris cyclopéens et l'événement qui les déposa sur le sol de lacoatrée, et la main qui les souleva. On se demande comment, en, l'absence des leviers et des machines dont dispose aujourd'hui l'industrie, de tels blocs ont pu être réunis et placés les uns sur les autres. Les paysans de la Drenthe, témoins de ces monuments dont ils ignorent l'origine, croient que leur pays a étébabitéparune ancienne race de géantsqui ont apporté ces pierres sur leur dos.
La vérité est que (es anciens peuples du Nord mettùent surtout leur orgueil dans la force, et qu'ils ont voulu célébrer leur passage sur la terre par des monuments dont on pàt rapporter l'existence à des demi-dieux. Les auteurs latins qui ont parlé des hunebedden les ont appelés en effet des ouvrages d'Hercule. La destination de tels monucÂents n'est pas moins mystérieuse que leur origine. Une rigole creusée quelquefois dans la pierrt: a fait croire qu'elle avait reçu le sang des animaux, et
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que les hunebedden avaient servi aux GacriSces. L'opinion générale est que ce sont des tombeaux. La Bible nous apprend que les anciens peuples avaient coutume d'élever des amas de pierres pour perpétuer la mémoire de certains événements. lies hunebedden pouvaient être à la fois des monuments cpmmémoratifs et des sépultures. Il existe dans la province de Drenibe une cinquantaine de ces amas de blocs informes. Près d'Assen, j'ai vidté deux de ces monuments, connus sous le nom de pierres dnùdiques, et sombres débris d'un art de Titans. (In vieux chêne et deux sorbiers croissaient pamii les vastes blocs sur lesquels je m'assis, et un oiseau que j'effarouchai chaptait dans les branches. Le regard perdu dans la natm« et la pensée dans la nuit des Ages, on s'éloigne à regret de ces lieux qui font rêver.
Au milieu de ce désert de bruyères s'élèvent de véritables oasis où coulent de petites rivières, où s'étendent de vertes prairies, où croissent des arbi-es ; un village occupe toujours le centre de ces cultures. Les défrichements développés sont déjà sur une assez grande échelle. La manière de défricher les landes de laDrenthe mérite de fixer l'attention du voyageur. On sème du pin ; le pio dévore la bruyère et an bout d'une vingtaine d'années on abat les pins, dont on vend le bois. La terre enrichie par les détritus végétaux de cette forêt artiGcielle, est alors préparée à recevoir la charrue. Les champs de bruyères eux-mêmes ne demeurent pointtout à ftùt abandonnés par