‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 49 sur 68 · II. i-.<i",G(Hinlc · texte numérisé non relu

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ET LA VIB HOLLANDAISE. 2ïT

sî elles ne voient rien venir du cdté de la mer^ elles rentrent chez elles mornes et désolées. H arrive quelquefois que le bâtiment se perde et que les hommes réussissent à se sauver sur un autre vaisseau, mais c'est très-rare. On n'arrête point sans tristesse sa pensée sur cette fin obscure, ténébreuse, enveIopt>ée dans le mystère de l'Océan, sur ces malheureux dont la famille elle-même ne sait rien, ûnon qu'ils ne sont pas revenus. Quand on jette ensuite ges regards autour de soi sur les hommes de Vlaardingen, que ie même sortattend peut-être, et qui,insouciantâ de leurvie, chargent gaiement leur vaisseau pour le prochain voyage, on éprouve une sorte d'admiration douloureuse qui serre le CTBur.

La pèche du cabillaud est une des plus anciennes et des plus célèbres dans l'histoire économique de la Hollande. Comme celle du hareng,elle a beaucoup perdu de son ancienne prospérité: ce n'est pourtant pas qu'elle donne des résultats moins favorables. Depuis dix années, les bateaux-pêcheurs attestent, par un produit croissant, que le poisson n'a pas diminué dans ces mers et que la main de l'homme ne s'est point affaiblie [1 ). Ce qui manque à la pêche du cabillaud comme d'ailleurs à celle do hareng,cesontlesdébouchés. LesPays-Basontàleurportée un excellent marché, ils ont la Belgique, qui fait maigre

(1} En 1 853, Irente-rinq bMimeols ont fait cent douze vojages et rapporté 8,078 tonnes. En iSS! trenlc-huU rfoj^wî avalent récolté de la mériHe pèche, en ceai quarante-quatre voyagCH, 1 1 ,939 tonnes, Boit 16,3! 4 pièces.

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une partie de l'année, en bonne catholique qu'elle est; malheureusementce marché se trouve fermé par un tarif de droit d'entrée considérable. Il en est de même pour la France: en France, la morue coûte 60 fr. la tonne, en Hollande 30 à 35 fr. ; mais un mui' de douane s'opposeàcequelaconcurrence puisse s'établir entre les deux produit!!. L'avenir des pêcheries bollandiùses est lié à la libre entrée du hareng et du cabillaud chez les nations voisines ; cette libre entrée est énergiquement réciamée dans ce moment même, par la plupart des économistes belges, au nom des intérêts de la classe ouvrière.

La vie des pêcheurs dehareng, qui deviennent en hiver des pêcheurs de morue, est tout entière à la merci des flots ; ces hommes ne passent à terre que deux ou trois semaines dans l'année. Quand ils reviennent toucher le port de Vlaardingen après un voyage, c'est pour repartir bientôt. Identifiées avec la mer, avec son calme et ses fureurs, ses bons et ses mauvais jours, ils vivent des présents qu'elle leur fait, ou mieux qu'ils lui arrachent. En retour de cette existence dure, pleine de fatigues et de I^>eurs, livrée ^ toutes les violences des éléments, ces hommes, qui ont fait la grandeur politique et commerciale de la Hollande, reçoivent un mince salaire : un pê cheur gagne de 350 à 300 florins par an(600fr.).

On se demande ce que deviennent les femmes à Vlaardingen pendant que dure la pêche, c'est-à-dire presque toute l'année. Elles prennent soin du ménage ; le resté du temps, elles travaillent à faire du fllet chez elles ou

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