‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 54 sur 68 · II. i-.<i",G(Hinlc · texte numérisé non relu

II. i-.<i",G(Hinlc

ET LA VIE HOLLANDAISE. • ï68

Lorsque nous visitâmes l'île de Muiken, les femmes étaient occupées à faire leursfoins. Les hommes nese mé- * lent point de cette besogne : ils se contentent de diriger leurs flibots sur la mer€t de manier leurs filets. La récolte étùt conduite par des barques sur de petits canaux qui se relient à un canal central appelé grand canal de rUe. De temps en temps, on francTiissait des ponts ou ce qu'on appelle ainà, c'est-à-dire des planches qu'on tourne et sur lesquelles les habitants marchent pour traverser des ruisseaux immobiles. Les foins, réunis près du port, étaientchargésdansuneespèced'embarcatiooqu'oD Domtne petit bateau de Harken, Marker-btnnenschuiljes, etdont le modèle n'existe point ailleurs.

' Le sol de l'Ile est une ai^le très-féconde ; il produit, outre le foin, des joncs qui croissent en grande quantité et qu'on exporte. Ces diverses récoltes donnent par an 10,000florins. Les pâturages proprement dits servent à la nourriture des bestiaux.lt existe à Marken dnqpaysans; tes Hollandais donnent le nom de paysan (boer) moins à l'homme qui façonne la terre qu'à celui qui élève des troupeaux. On compte dans l'Ile 23 vaches et environ 300 . moutons; nous n'y avons pas vu de chevaux. La plupart des eaux de puits étant saum&tres, les habitants n'ont pour abreuver les bêtes à cornes que l'eau pluviale, celle qu'ils boivent eux-mêmes. On a calculé que sur ces mêmes terres on pourrait nourrir 3,000 moulons, ce qui produirait pour les pauvres insulaires un bénéfice considérable ; mais la crainte dos inondations a empé-

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ché jusqu'ici le développement de cette industrie (1). Les habitants de l'ile de Har&en en sont encore au premier ftge en fait de science économique. Qiezeux. la divi^on da travail n'existe pas. Tous font la même chose ou peu s'en faut; ils vivent de la pèche (2). Quant au commerce, il esta peu près nul: pommes de terre, légumes, objets manufacturés, tourbe, tout est apporté chaque semaine deHounlkendam, deHoorn oud'Amsterdam. Il n'y a dansltle que deux boulangers, de sorte qu'on reç<Ht également par eau une grande quantité de paîn.Hommes, adolescents, vieillards sont presque continuellement sur la mer. Autrefois ils prenaient une part conùdérable àla . grande péchCj mais ils y ont à peu près renoncé. En revanche le nombre des pécheurs de plies s'est beaucoup

(1) Les iDOndatlons sont moins friquentes depuli cinquante ma que dan* le dernier siècle, où la digue était maloa hante. On m demande alors pourquoi on ne l'élèveraJt pas davantage encore, afin de préserver entièrement l'tle; mais les tiommes de l'art prétendent qae le sol ne supparteralt pas an fardeau plus considérable.

(!) Il y a pourtant quelques exceptions ; la mer est bien toujoura le grand chantier de travail, mais quelques marins s'engatieni pendant l'été pour le transport dea m'arobandises ; d'autres s'occupent du traînage des baUmeiite qui doivent passer par-dessoa le Pampus, Le Pampus eei nn hanc de sable qui s'est formé dans le Zuydertée, ' devant le port d'Amsterdam, et qui menaçait cette ville d'une deatlnée semblable à celle d'EnkhnIaen. Par bonheur, rien n'est Impoaslble aux Hollandais, quand 11 s'agit de lutter contre les obstacles de la nature. Une machine appelée chameau soulève les navires sur son dos et leur fait traverser ce désert de eable. Un tel mode de transport si pénible eet d'ailleurs presque abaudonné aulourd'hnl. Les vaiBseaui marchands entrent pour la plupart dans le port d'Amsterdam par le canal de la Nord- Hollande.

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