‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 55 sur 68 · II. i-.<i",G(Hinlc · texte numérisé non relu

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ET LA VIE aULLAKDAISE. iH

augmenté: àla tin dudemier siècle, iln'yavwtquelSbft' timents destinés à la pèche des plies, on en compte aujourd'hui 90 (i). Le foyer domestique, la maison intérieure, appartient à la femme ; le flibot, la maison extérieure, appartient à l'homme. Il meta soigner cette demeure flottante la même coquetterie, le même zëleque la ménagère apporte à nettoyer sa cabane. Le dimanche et les jours de fête, les bâtiments de pèche rangés dans le port semblent plutôt une flotte d'agrément, disposée pour le plaisir des yeux, qu'une flotte de travail et d'utilité.

Il existe encore dans l'tle quelques autres industries, mais toujours vivant de la mer. On nous a montré une fabrique de voiles ; nous avons également visité deux ateliers de charpenterie, qiii servent à construire les. maisons de bois, celles qui restent à terre, comme celles qui vont sur l'eau. Dans un de ces ateliers, deux enfants d'une douzaine d'années s'amusaient à façonner' un petit modèle de bâtiment. Ici les jeunes garçons jouent avec dœ flibots, comme ailleurs les petites tilles avecdes poupées.

Les insulaires de Harken ont adopté un costume uniforme. Les hommes portent une veste ou camisole de drap, une cravate à glands nouée négligemment, mais non sans grâce, des boutons d'or à la chemise, une culotte flottante à lai^;es plis, des bas de laine noire et des sabots. Cet habillement, d'un style oriental, d'une

(1) Pu mile de ces accroiuements.Je port esf dcvanu trop petit, et l'on est occupé i construire on secand basein, qui recevra on nombre égal de vaisseaux.

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SCO LA NEEKLANDE

forme libre et pittoresque,' ressemble, au turban près, à celui des anciens raamelucks. Les femmes ont sur la poitrine une espèce de cuirasse en laine banolée par devant de desûns et de fleurs, noire ou rouge par derrière ; des manches longues et étroites, également en laine Au en percale rayée, une jupe bleu-foncé et un tablier blanc. Lear bonnet se rapproche pour ta fonne de la mitre des anciens évêques ; des deux cAtés de la tête coule une touffe de cheveux blonds, non frisés, qui rappellent par l'éclat de la couleur l'épithète donnée aux anciens Bataves, auricomi baiavi (1). Ce costume est commun è tous et à toutes : il consacre par un trait visible l'égalité des conditions sociales. On ne connaît point à Harken de distinction de rang ni d'état. La mode est un mot qui ne correspond à rien : la coutume règle les changements, très-légers du reste, que doit subir la toilette. Le costume ordinaire est remplacé les jours de t%te, )le foire, de noces, de fiançailles, par un autre vêtement plus orné. Chacune de ces solennités a un vêtement spécial. A Harken, on rencontre d'ailleurs très-peu de jolies filles, tandis que beaucoup d'adolescents ont une figure intéressante. Ce contraste se remarque dans toutes les races qui ont conservé plus ou. moins intact l'état de nature : c'est surfout la civilisation qui a créé la beauté de la femme.

(1) Les femmea romaines se montraient, âil-on, fort jalouses de cette chevelure, qu'elles se procuraient dans le commerce, on dont elles imitaient la coulem par des moyens artiflciels-

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Le caractère est particulier comme le costume. Les hommes et les femmes se marient entre vingt-quatre et vingtrhuit ans. On se préoccupe d'accorder les inclina- - tions e^ les âges, non les fortunes. Ce que dit Tacite en parlant des mœurs des anciens Bataves est ici de l'histoire vivante ; on ne connaît point d'adultères, nuUa adwlteria. e La femme n'épouse point son mari, m^s le mariage.» Les séparations sont très-rares; de mémoire d'homme, on n'en cite qu'une seule. La naissance d'un enfant naturel est un événement qui ne se produit pas une seule fois en vingt années. 11 arrive, comme chez les pécheurs de la cAte, qu'une tille donne avant le mariage des signes de grossesse ; mais du moment qu'elle est, comme on dit en Hollande, dans un état béni, le mariage s'ensiut toujours. Quiconque agirait autrement, nous racontait un vieillard de Itle, n'oserait plus regarder la mer. En effet, la mer est la conscience visible du pécheur ; il tient à se montrer devant elle honnAte et pur. La vie de la famille est exemplaire. Le mari étant absent une grande partie de l'année, soit qu'il voyage dans la mer du Nord pour la pêche du hareng, soit qu'il s'occupe dans le Zuyderzée à la pêche des anchois, c'est à la femme que revient l'éducation des enfants. Cette charge, qui constitue le premier de ses devoirs domestiques, est remplie avec une scrupuleuse vigilance. On aura une idée de l'étendue de ses fonctions et de la gravité de son fardeau moral, quand on saura que sous c^s cabanes couvertes de chaume il y a souvent de neuf à douze enfants. Les

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