‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 59 sur 68 · II. i-.<i",G(Hinlc · texte numérisé non relu

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• S8a LA >BEnLANDE

promptement à l'espérance du succès, qu'au lieu de poursuivre sa découverte, elle opéra son retour, annonçant que l'existence d'une communication entre les mers du pAle et les mers de l'Inde était probable. L'autre partie de l'expédition, sous les ordres de Willem Barendz, un des meilleurs pilotes de la Hollande, croisa dans la mer Blanche et aperçut la cûte occidentale de la Nouvelle-Zemble. On aime à retrouver dans la bouche de ces rudes matelots et sur ces vagues désolébs un souvenir de la mère-patrie. « Nous jet&mes l'ancre dans une baie à laquelle nous donnâmes le nom de Lamsbay ; c'est ainsi que nous appelons en Hollande une espèce de pingouins qtii se rencontrent là en grande quantité (1). n Cependant la saison était déjà avancée pour ces climats sévères ; les glaçons flottants s'amoncelaient : les hommtâ de l'équipage commençaient à murmurer et refusèn^t d'aller plus k>tn. Willem Barendz revint.

L'année suivante, 1595, le prince Maurice et les états ' généraux, partageant de plus en plus la foi des naviga*

(1) L'hiKtorien de ce voyage est un homme de meriGerritdeVeer.

U dtt Daïvement ce que lui et ses compagnons ont vn, ce qu'ils uni fait. Les Joumaai de navigateurs, les récits d'expÉd|§ons lointaines constltnent nne des brandies les plus curieuses et les plus ignorées de la llllérature néerlandaise. Deux hommes de mérite, M. Bennett, officier de marine, et M. TBD Wyck, auteur d'un Dictlonnaira géographique, ayaient entrepris de réimprimer Intégralement les relations de» anciens voyages. La mort prématurée de U. Bennct a interrompu cette utile publication. On doit aussi à H. van Wyck et i H. le proreaseur Holl, d'UtrechI, de saranies études sur les découvertes géographiques des HoUnndaU et sur plusieurs des ;>rCTnièrej expéditùms nationales.

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teurs dans l'existence d'un passage qui devait relier par le nord l'Europe à la Chine, armèrent une flottille de sept vaisseaux. L'expédition quitta le Texet le 2 juillet; le 17 août, elle doublait la c6te de la Nouvelle-Zemble, Elle passa ensuite le détroit de Waigatz. Les marins débarquèrent sur la cdte nord; mais ils n'y trouvèrent ni bommes ni maisons. Au sud, ils eurent quelques rapports avec les Samoïèdes. Cependant le temps était froid, mélancolique et neigeux. 11 n'y avût plus moyen d'avancer dans ces mers encombrées par les glaces. H fiallut encore reprendre le chemin de la Hollande sans lui rapporter ce cri de joie et de victoire : a Nous avons trouvé ! D

La confiance qu'on avait placée dans les calculs des navigateurs fut gravement ébranlée par ces expéditions malheureuses. Les états généraux ne voulurent point renouveler une tentative qui avait entraîné beaucoup de dépenses. Ils offrirent néanmoins une primé d'encouragement à la compagnie qui ouvrirait à ses frais un passage vers la Chine par le nord-est. La régence d'Amsterdam noiisa alors deux vaisseaux , et promit aux équipages, outre la somme fixée par les états, qui était de 35,000 florins, une récompense, considérable en cas de succès. Les marchands de cette cité comprenaient toute l'imporlaoce d'une telle découverte au point de vue du commerce néerlandais, dont ils formaient la tête, Jacob van Heemskerk (1) commandait l'expédition ;

(I) Jacob van Heemskejk p st un dcspluagranâsmarinadela Holii. i-.<i",Go'onlc

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Willem Barendz était maître-pilote sur un navire, et Van de Ryp patron sur l'autre. LetlO mai 1S96, on vit s'éloigner d'Amsterdam, non sans quelque intérêt, ces hommes qui, après deux entreprises înfitictueuses, s'obstinaient à chercher une route dans les glaces infranchissables. Aux doutes de leurs concitoyens, à l'inutilité de leurs premiers etforts, à la résistance des éléments, ils opposaient, eus, leur courage et leurs espérances sloïques. Ils partirent : le S juin, ils rencontrèrent les premtèresglaces, qui se présentèrent en flocons détachés et laineux, semblables, dit leur journal, k un troupeau de moutons ou à une bande de cygnes. Dans une petite lie, ils trouvèrent une grande quantité d'œufs appartenant à une ote rouge « qui, en fuyant, fait entendre ce cri ; Rot, rot, rot. o Ces oiseaux rappelèrent aux marins botlandais les oies de la même couleur qu'ils avaient vues dans leur pays. Tous les ans, on les prenwt en abondance autour de 111e de Wieringen ; mais on ignorait alors où elles couvaient leiïrs œufs. Ce mystère avait donné naissance en histoire naturelle k une foule de fables. • Et cela n'est point étonnant, puisque aucun homme

lande. Après son eiptoraliun dee mcTB arctiques. Il passa tinx Indes, et tut un des premiers à jeter les bases de la pulsiuiM baUve dans l'eitréme Orient. Il mourut faéroiquement h la tête de la Qoitc hollandaise dans la fameuse bataille navale de Gibraltar, qui fut li- TTée en 1601, l'année même do la naissance de Ruyter. La tIb de Heemskerk est réaumêe dans les deux vers queHoori, le Tacite hollandais, inscrivit sur sa tombe il Amsterdam, et dont vnicl la traduction 1 < Heemskerk, qui osa se frayer un passage i travers le fer et les glaces, laissa l'honneur au pays, le corps ici, la lie devuit Gibraltar. <•

BT LA VIE HOLLANDAISB. IgB

connu n'avait encore pénétré jusqu'à cette terre, située sous [e 80* degré, qiy ne figure sur aucune carte, et où ces oiseaux-là font éclore leurs petits, b Chemin faisant, nos hardis navigateurs découvrirent le Spitzberg. Ils &• rent ensuite d'inutiles efforts pour se diriger et se maintenir à l'est ; le vent, soufflant de ce cAté-là avec violence, les repoussait, et apportait avec lui d'immenses bktcs de glace. A chaque moment, le navire manquait d'£tre englouti par les rochers mouvants, qui se heurtaient les uns contre les autres avec un fracas épouvantable. Le gouvernail déjà avait été mis en pièces,. et la chaloupe écrasée sous cette immense débâcle. Toute espérance était désormais perdue, non-seulement de pousser plus avant, mais même de regagner le détroit de Waigati par la côte est de la Nouvelle-Zemble. On essaya alors de s'en retourner, en suivant la voie par laquelle on était venu ; mais les glaçons, qu'on avait déjà comptés auparavant jusqu'au nombre de quatre cents, se réunirent bientôt en une mer solide, et enfermèrent le vaisseau de tous côtés. C'est alors que ces malheureux marins résolurent de quitter le navire, et se réagnèrent à passer l'hiver là, a dans un grand froid, une grande misère et un profond chagrin, d

L'équipage était alors de dix-sept hommes, parmi lesquels un de ceux dont on pouvait le moins se passer^ le charpentier, mourut. Heureusement pour eus, ils découvrirent une assez grande quantité de bois flotté qui venait d'un continent inconnu. Sans ce secours, leur

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