‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 64 sur 68 · II. i-.<i",G(Hinlc · texte numérisé non relu

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aSO LA NËERLANDE

la valeur de la proie et la joie du triomphe éveillèrent bientAl «n nous d'autres émotions.

Les baleiniers ont un raisonnement pour . rassurer leur conscience, ébranlée par les scènes pathétiques et intéressantes, qui accompagnent la destruction du géant de la nature. L'homme, disent-ils, a son intelligence et ses armes ; la baleine a saforce, ses moyens de fuite et l'océan ouvert devant elle : par conséquent, c'est un combat loyal. Je dois ajouter que cette pèche audacieuse, au milieu des glaces, n'est point exempte de dangers. La mémoire de chaque baleinier lui fournirait sur ce point une foule d'aventures. J'en choisirai seulement quelques-unes. Un de nos harponneurs avait été assez hardi pour aborder de trop près une monstrueuse baleine, qui le salua d'un coup de queue si violent, que le pauvre diable fut quelques minutes avant de retrouver la respiration. Les hommes d'une autre division, pour montrer aussi leur valeur, harcelèrent à leur tour l'animal, qui renversa leur chaloupe. Tous se sauvèrent dii^cilement à la nage et en cachant leur tète sous l'eau. Le froid était intense ; l'équipage les recueillit tout tremblants. Leurs cheveux étaient collés et ils avaient pour ainsi dire autour de la tète un casque de glace. Le plus grand danger, en pareil cas, c'est le sommeil, un sommeil Irère de la mort. Nous fûmes obligés de les garder et de les tenir éveillés malgré eux. Plus tard, nous leur permîmes de donnir une heure ; mais au bout de cette heure nous les tir&mes, non sans grand'peine, de

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ET LA VIE HOLLANDArSIi. S31 .

leur engourdissement. Saots ces précautions, les honi- , mes, qui ont été longtemps exposés au froid ne se réveilleraient plus.

La force de la baleine est dans sa queue, et c'est par là qu'elle se déféndj mais de tous les accidents causés par cet animal formidable, il n'en est pas de plus extraordinaire que celui arrivé jadis à un harponneur néerlandais. Une baleiné blessée avait disparu en plongeant. Jacques Vienkes (c'était le nom de cet ancien aventurier) se préparait à lui asséner un second coup, lorsque l'animal, en remontant à la surface, heurta de sa tête la chaloupe où était son ennemi et la fit voler en éclats. Vienkes sauta en l'air avec les débris du bateau et retomba sur le dos du monstre. Cet intrépide marin, qui n'avait point abandonné son harpon, enfonça l'arme dans le corps de la baleine sur laquelle il se tenait. Au moyen de ce harpon et de la corde qu'il conservait toujours dans sa main, il se cramponna fortement sur le dos glissant de sa formidable monture. Malgré sa situation critique, malgré une blessure qu'il avait,reçue àla jambe dans sa chute, il ne perdit point la tête et appelait les autres pêcheurs à son secours. Les chaloupes essayèrent à plusieurs reprises de s'approcher de la baleine ; mais leurs efforts furent inutiles. Le capitaine, Cornélius Gérard Uuw^aas, ne voyant pas d'autre moyen de sauver ce hardi camarade, lui cria de couper la curde qui l'embarrassait. Vienkes ne put suivre ce conseil : son couteau était dans la poche de son caleçon, et, à peine

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