‹ La Nef désemparéeChapitre 19 sur 46 · HOMMAGE · texte numérisé non relu

HOMMAGE

En l'église, où ne s'allume Qu'une étoile taciturne, La myrrhe fume de l'urne Et, sous l'angoissante brume,

Surgit du sol qu'elle évite:

Tel, secret et pur, s'élève Vers le Ciel perdu le rêve D'un sacrilège lévite.

Joie et désir démon songe Épris d'air lointain et d'astres, Mon orgueil fuit maints désastres Pour des nuits où se prolonge

Le rayon d'extase vers Le bel azur de vos vers !

VALVINS

L'eau plus lente s'écoule autour des touffes frêles Et, naïve, elle vire et s'étire, ô jeux vains, Jusqu'aux portes d'un rêve où se rient les sylvains A suivre aux tiges naître, frais baiser, leurs ailes.

L'arôme astral d'or mûr ruisselle en cent tourelles Au fleuve, et filtre aux fleurs ivres de tous les vins : C'est, où vivre parmi les hêtres clairs, Valvins, Et l'argent de leurs troncs s'allonge en reflets grêles.

lOi LA NEF DÉSEMPARÉE

La rive s'humilie en prairie et s'étend Jusqu'à l'azur, et brûle au soleil palpitant, Millier extasié d'herbe où vibre une étoile ;

Mais la proue a mordu vers l'arche un fluvial Remous, et s'éparpille en frisson lilial Tout l'air léger et net, qu'illumine la Voile.

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