‹ La Nef désemparéeChapitre 2 sur 46 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

Parmi les roseaux des rives chanteuses

Le clair Avril scintille sur le fleuve,

Et la barque frêle éparpille les gemmes

D'eau lucide en fuite où les poursuit la proue.

Le clair Avril palpite, et sa candeur parsème L'heure matinale de lys et d'hélianthèmes Plus diaphanes que la fraîcheur de ses joues.

Et Toi, qui doucement dans ta barque te joues Des désirs qui t'implorent sur le rivage, Je te vois, rieuse comme Avril qui se dresse au fleuve, Disperser, légers pétales, tout le plumage Peut-être, cendre à peine dont les eaux s'émeuvent, Des oiseaux tendres qui chantent dans ta voix.

Ta voix ! tous les parfums se pâment

De frissonner radieux au rire de tes lèvres,

Aux palpitations de la joie

Qui éclate dans tes yeux sans fièvre,

Et de s'unir parmi la flamme

Soyeuse de ta chevelure puérile,

Tous les parfums chatoient dans l'air en gemmes,

Et c'est toi qui brilles, tu es toi-même

L'adolescent frêle et splendide, le clair Avril !

Les matins juvéniles sont révolus, Près des roseaux des rives chanteuses

Ta joie en mon Avril ne fleurit plus : J'écoute s'éloigner la barque sur le fleuve.

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