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CHŒUR DE DANSE UNIVERSEL

(Faunes, napées, satyres, ménades.)

UN RIRE ÉCLATANT FAIT TREMBLER l'ÉTHER

C'est le dieu Pan invisible.

HERAKLES courant cà et là.

Cèdres, sapins, rochers, je déracine, en riant à pleine gorge, tout ce qui se trouve devant moi... A l'œuvre, compagnons, je suis prêt ; un torrent de vigueur nouvelle emplit mes os.

PROMÉTHÉE

Le palais radieux va surgir. Du haut en bas de la montagne, retentit le joyeux chant magique des vieux démons constructeurs. Voyez, grimpant de roc en roc,

brandissant la pelle et le hoyau, ils creusent la terre en cadence, et arrachent de ses flancs déchirés des côtes de diamant et d'or brut.

lô! lô ! la clameur redouble. Chaque coup des puissantes houes fait courir, de tous côtés, par la plaine, des torrents de lave éblouissante.

PROMÉTHÉE

Qu'est ceci? Agissez mieux, telchines. Avant que de brasser le métal, modelez dans la terre grasse les moules énormes où descendra l'airain... O joie ! ô joie ! les fondations s'approfondissent. Le bruit des forges et des soufflets est pareil à l'antre des typhons. Partout, au long des tranchées, dans les fanges infectes, hideuses, où fermente encore l'impur chaos, les milliers d'ouvriers de Gaia entassent, avec un fracas immense, les quartiers de marbre et de granit^ les môles de rocs superposés, les énormes pyrites de fer, qui formeront à la cité des assises inébranlables... Mais quoi ! O terre ! ô lumière ! Quel nouveau prestige est celui-ci ? Par toutes les fissures du roc, Hèphaistos obscur siffle et bouillonne. Arrêtez ! arrêtez ! vous disje. N'entendez-vous pas, ô dieux kabires ? Cessez de battre vos enclumes. Déjà, l'éther empesté n'est plus qu'une tempête de fumée où Aidés vomit, en mugissant, de vastes nuées tumultueuses, imprégnées de soufre et d'un feu noir. Trébuchant, marchant à tâtons, ou vous frappant avec vos marteaux, voulezvous servir de risée au maître insolent des cieux ?

HÈRAKLÈS

(du haut d'un rocher.)

Ne crains rien, ô titan éternel. La noire nuée se

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dissipe. Vois ! Déjà, les soleils éclatants que ta main a semés dans Tabîme, reparaissent, à travers le brouillard, en tournoyant tels que des coupes d'or. Mais qu'est ceci ? le rocher tremble. Paix ! paix ! n'entends-tu pas ces grands cris?... Hélas! la souffrance et le deuil n'ont pas encore disparu du monde.

PROMÉTHÉE

Que veux-tu dire, Amphitryonade? Ta parole amère et violente me mord au cœur, moi, le triomphant.

HÈRAKLÈS

Les voici tous: je reconnais mes amis sauvages de l'Œta, Pholos, Téléboas, Imbreus, Nessos, Eurytion, Dryalos, les vieux chefs des agiles centaures... Mais quelle stupeur me saisit ? l'Ouranos se mêle avec les vagues. Mon épaule vacille, écrasée sous le bloc énorme qui la charge ; un lourd sommeil pèse à mes cils, comme du plomb.

II s'assied aux pieds de Prométhée.

PROMÉTHÉE

(debout, regardant au loin)

C'est le puissant Chiron, le roi des bêtes. La crinière éparse au vent, vaste, velu, tout limoneux des fleuves et des marais qu'il traverse, il approche, il grandit aux yeux comme un nuage qui vole, tandis que roule, avec fracas, derrière lui, une horde innombrable d'oiseaux, de quadrupèdes et d'hippanthropes... Salut^ frère de Zeus, ô Kronide, salut, monstre primordial, homme et brute encore, tout à la fois... Qui t'émeut ? Quel danger te presse ? Pourquoi tes fils bondissants^ se détournant en plein galop, lancent-ils leurs flèches dans les airs ?

LE CHŒUR DES ARGONAUTES

Le tumulte emplit la montagne. Les bêlements, les

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mugissements, les meuglements caverneux, font un bruit tel que les grandes eaux. Vois^ vois, les fleuves débordent, les vallées et les monts disparaissent sous l'armée effroyable des bêtes.

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