SCÈNE XIV L'ÉCROULEMENT DE L'OLYMPE
CLAMEURS DES DIEUX
(Confuses, et d'abord indistinctes, elles se
rapprochent rapidement.)
O ruine ! Ebranlement sacré ! lô ! lô ! Némésis ! Némésis ! le ciel se rue de son faîte... Ha! ha! ha! ha! nous périssons... Tu triomphes, misérable titan... Mais, si la lumière et la joie ne sont plus pour les dieux désormais, ton pied n'a pas franchi le seuil de nos palais qui s'écroulent.
L'ÉCROULEMENT DE L'OLYMPE i6;
LE CHŒUR DES ARGONAUTES
Entends-tu le fracas grandissant, les clameurs, les plaintes, la rumeur de leur chute épouvantable ! Vois, autour du char qui flamboie, Toiseau, l'aigle portefoudre, tournoie, tournoie, de son vol lassé et pousse des cris horribles.
PROMÉTHÉE
les yeux levés vers le quadrige.
Zeus, Zeus, tyran des hommes, où es-tu donc ? Dans Tentremêlement confus des sabots, des crins volant au vent, des rais de pluie furieuse, mes yeux ne te distinguent pas... N'importe, le destin t'a saisi. En vain, tes coursiers renversés luttent encore, et, pour résister mieux, se cabrent des pieds, en hennissant, entre leurs ailes terribles. Chaque instant, comme un poids de plomb, te précipite à Tabîme... Mais quoi ! n'es-tu pas là ?... Zeus, ô Zeus!
Il se dresse, impétueusement.
Frémissant, comptant du doigt tes fils, rejetant ma face vers le ciel, j'étends la main, pour mieux y voir, au-dessus de mes paupières.
CLAMEURS DES DIEUX
As-tu cru asservir TOuranien ? Il échappe à ton audace impie. Transfiguré, beau, rayonnant, oublieux de son chétif Olympe, Zeus règne à jamais, désormais, sur les mondes merveilleux de l'éther, d'où il commande au destin... O joie! joie! désastre éclatant! Puisque le Père a triomphé, que m'importe ma ruine ! Regarde, petit dieu de l'épée. Sans regrets, sans peur, je me dépouille de tout ce qui faisait, autrefois, et ma forcj et mon orgueil.
LE CHŒUR DES ARGONAUTES
O Stupeur ! Poussant des cris aigus, s'animant l'un
l'autre, en leur délire, ils lancent au gouffre ténébreux, le carquois, l'épée, la coupe d'or, la grande lyre, l'arc puissant... Vois, vois, tels que des météores, les joyaux d*or et de feu tombent, en emplissant le ciel, les forêts, les vieux monts caverneux, de longs frissons de lumière.
PROMÉTHÉE
(se rasseyant sur le rocher.)
Tu m'échappes encore... malheur! malheur! O démon, où sont donc tes retraites?... Mais pourquoi me soucier de toi ? Que peut Zeus olympien, sans la foudre ? Fugitif, errant dans les rafales, ou tapi sous le brouillard du soir, certes, ii ne pourra m'empêcher, n'étant rien, désormais, qu'une voix et le vain souffle d'un songe, de relever pour les hommes, ici-bas, le palais détruit au ciel... lô ! lô ! moi aussi, je crierai et ma joie et ma victoire. Le Hadès vous attend, dieux déchus. Disparaissez! vite! à l'Erèbe ! Frappant avec ma forte main, le giron maternel de Gaia, je vous ouvre, jusqu'aux enfers, une descente facile.
CLAMEURS DES DIEUX
Arrête ! Ce n'est pas dans la nuit, sur les bords du Styx et du Ténare, que les destins ont établi notre séjour éternel. Ouvre les yeux, ne vois-tu pas ? L'aigle, qui tombe avec nous, t'apporte, dans sa serre embrasée, notre torche funéraire, le feu blanc et bouillonnant d'éclairs du dernier foudre Olympien. Construisant un bûcher sur ce roc, avec les poutres et les débris de notre char fracassé, tu y déposeras, fils du jour, les dieux puissants que nous fûmes. Ht, aussitôt, lâché sur nous, le démon fraternel, Hèphaistos, en montant dans l'éther divin, nous réunira au Père.
LE CHŒUR DES ARGONAUTES
O splendeur des tyrans immortels ! Mon œil, hélas ! tant ils sont proches, les distini^ue dans la nue. Les vois-tu, pressés, entremêlés, cramponnés aux jantes et au timon, les jambes pendantes sur le gouffre ?
CLAMEURS DES DIEUX
Ha, ha ! douleurs sans nom ! ô misère ! Le puissant char, pareil au feu, me consume et brise tous mes membres, dans ses bonds désordonnés... Je suis vaincu, fils d'Iapétos. Mais, du moins, mes yeux ne verront point triompher sur cette terre impie, le désordre et la rébellion que ton audace y déchaîne.
LE CHŒUR DES ARGONAUTES
Ah! hélas! leur chute s'accélère, Dans les coupssur-coups de l'éclair, sous le fouet de la grêle pesante, les chevaux, ruant, se débattant, emplissent le ciel lumineux d'un immenâe naufrage de char, plein d'épa* ves et de débris.
(Le quadrige s'abat aux pieds de Prométhée. Tumalte. Commotion terrible.)
(lis arrivent de tous côtés, de'bouchant des vallées, des ravins,
des gorges de la montagne )
Ha! ha! Zeus est-il détrôné? Le ciel s'efTondret-il
sur la terre?... Vois ! Pressant ma fuite éperdue, gravissant les pentes et les ravines, j'emporte, les entourant du bras sur mon épaule robuste, vases, amphores, broches, trépieds, tout ce que j'ai pu sauver, hâtivement, dans les demeures qui croulent...
Rassurez-vous, fils de la femme, Zeus n'a plus d'embûche contre vous. Les dieux sont morts, les dieux sont morts... N'entendez-vous pas la grande voix, celle de la Terre, sans doute, qui l'annonce, à travers les airs?... Le char de la foudre est brisé; la Justice, avec son pied tardif, est venue, elle est venue enfin...
LV FOULE DES HOMMES (Murmures.)
Se peut-il que les dieux soient morts ? O vertige ! ô pensée insondable ! Que faut-il dire ?.., je ne sais. Une stupeur sans bornes me saisit.
PROMÉTHÉE
Approchez! Ici! Plus près, vous dis-je. Mêlez-vous, sans crainte, aux dieux du feu. Certes, il est juste que vos yeux contemplent, en s'en réjouissant, les tyrans qui ne sont plus. Et vous, noirs démons des fournaises, hâtez-vous, entassez jusqu'aux nues les troncs des cèdres et des sapins, sur ce vaste promontoire de roche qui domine au-dessus des flots. En efïet, il convient que Gaia soit témoin, avec tous ses fils, des funérailles des dieux.
(Les kabires, silencieusement, commencent de dresser le bûcher.)
Les dieux sont morts, les dieux sont morts... O Aidés, mes yeux en sont témoins et, cependant, je n'y
LE JiUClIEll DIVIN 173
puis croire. Eux, qui trônaient sur Tunivers, plus lointains que le ciel éclatant, plus fixes que l'étoile immobile qui brille au pôle glacé, quelle épée, quel trait les a tués ?... Ah! ah! ah! action formidable ! Entends tu ? Ton a tué les dieux ! Certes, depuis l'anti ]uc jour où le rayon de la lum.ère, jaillissant du ténébreux chaos, construisit le dôme d'or des astres, il ne s'est jamais accompli d'action plus grande, plus terrible.
PROMÉTHÉE
Silence, à quoi bon gémir ! Mon cœur aussi, comme le tien, dans l'instant suprême de leur chute, s'est senti enclin au pardon. Mais, condamnés par Némésis, ou plutôt, par l'austère Dikè, qui garde le trésor ouranien de la justice éternelle, les fils de Zeus ont expié, quoique beaucoup moins coupables sans doute, les crimes et la tyrannie de leur père usurpateur.
Pause.
LE CHŒUR DES ARGONAUTES
O attente, espoir démesuré ! Je ne sais ce qui bondit en moi, comme le son de la trompette... Les rochers crient, la noire nuit brille de torches sans nombre. Vais-je devenir plus qu'un homme ? M"asseoirai-je au banquet Olympien ?
PROMÉTHÉE avec un geste impérieux.
Rangez-vous, place ! place ! silence ! Respectez la majesté de ceux que Ton porte au bûcher de Gaia.
(Les kabires défilent.)
O Ares... Pallas... Aphrodite! Comme le jour rit sous la nue, votre splendeur, votre éclat rayonnant, frémissent encore à travers vos membres. Et toi, fière épouse de Zeus... Les astres n'ont pas cessé de luire
dans le voile de sombre azur, semé d'étoiles, qui enveloppe ton sein.
Nouvelle pause LA FOULE DES HOMMES
Ah! mes yeux ruissellent de pleurs... Sur les épaules des kabires, ils passent, les morts victorieux, la face tournée vers l'Ouranos, tranquilles, au milieu du halo de leur beauté indicible... E]st-ce toi, Phoibos, archer divin ? Vois, ainsi que d'une hyacinthe coule une rosée de miel, sa lèvre entrouverte sourit ; le myrte frissonne dans les boucles de sa chevelure d'or
PROMÉTHÉE
Je vous salue, dieux détrônés. Que de fois, tandis qu'en ce lieu même, je pendais au rocher du Destin, j'ai répété dans mon esprit ce que j'eusse voulu vous dire en face, si Adrastée m'eût délivré. Et, maintenant, je balbutie ; la pitié se glisse dans mon âme.
(De nouveaux kabires passent.)
Malheur! je te revois, ô Bakkhos... et toi, chasseresse Artémis, pure haleine parfumée !... O Léto... Hermès... Ah ! ah ! hélas ! un flot de larmes noie mes yeux. En efl'et, qui pourrait encore haïr, après la victoire ? L'océan se recouche et se tait, les grandes vagues dorment ensemble, sous l'œil d'or du ciel silencieux, quand le noir typhon qui les gonflait n'exhale plus sa fureur. D'ailleurs, ce n'est pas vous, Olympiens, que le cœur du titan haïssait, mais le mal pullulant à l'ombre de votre sceptre de fer. J'en jure par les siècles splendides qui se lèvent pour Gaia, par le lion et par l'agneau, enfin réconciliés, par l'avenir, que je fonde, à jamais, sur le cœur purifié de l'homme, comme sur un roc de diamant, ni mes propres maux, ni mon
LE BUCMER DIVIN 175
injure, n'ont fait pencher la balance inflexible où ma main pesait les dieux. Mais, c'est pour que la terre vive, qu'impitoyable par pitié, Prométhée les a laissé périr, comparable au prêtre ceint de fleurs, qui, sans haine et sans colère, égorge la victime à l'autel. J'ai frappé le coup, le mon Je est libre... Toi, maintenant, aigle de Zeus, frère céleste de Thorrible vautour qui était mon compagnon terrestre, fais remonter les morts divins dans le vaste sein de Téther, sur les ailes du feu infatiorable.
(L'aigle vole autour du bûcher. Tonnerre.)
LA FOULE DES HOMiMES
Arrête ! Encore un moment... Au travers de la flamme qui gronde, les vois-tu, les vois-tu, couchés sur le faîte du bûcher ?... O formes revêtues d'amour ! Beaux membres pâles, ardents, saignants, tout consumés de blessures ! Les larmes coulent de mes yeux. O déesses! O grandes fleurs du monde!... Mortes, mortes?... Non, endormies... A chaque palpitation du feu, leur sein, plus lumineux, plus splendide que le sein de marbre des statues, semble encore se soulever.
PROMÉTHÉE
Rêve! Illusion! les dieux sont morts. Soumets-toi aux lois du ciel qui tourne. En vain, les cygnes d'Apollon se lamentent, au-dessus du bûcher. Accouplés sous le beau joug d'argent, ils n'emmèneront plus Phoibos au pays des tourbillons de neige. Et vous, colombes de Zeus, nourries par le vivant Soleil de son urne de feu d'or, votre essaim n'apportera plus, des
extrémités du monde, Tambroisie suave aux Olympiens.
(Pause. La flamme grandissante enveloppe le bûcher.) LA FOULE DES HOMMES
Ah ! ah ! c'en est donc fait, les dieux vont s'engloutir dans TErèbe... Vite! apprête l'amphore, hélas! verse à Ilots, le vin et le miel, en libations funéraires... Jamais, jamais, jusqu'à ce jour, je n'avais connu la beauté. Je la vois, et, au même instant, je la perds, le destin me l'arrache. O détresse, oii tout mon cœur se fond ! Deuil amer qui me pénètre !... Hèphaistos ! Hèphaistos ! ô douleur !... Paix ! la flamme du bûcher, éblouissante, impétueuse, pleine de traits de foudre aigus qui y serpentent, se gonfle, tout autour de leurs corps, comme un péplos magnifique... O splendeur d'Athénè ! ô l^akkhos ! et toi, Cypris-Aphroditè ! Ta beauté trop forte, en m'étreignant, coule et se mêle dans mon sang, et je défaille.
Nouveau tumulte.
LE CHŒUR DES ARGONAUTES
Entends-tu ? tout TOuranos frémit, la terre rend un son immense. Par la violence du feu, les racines des monts, des flots marins et du noir Tartare, tremblent, tandis qu'autour de Prométhée, la foule des barbares s'agite, avec de hautes clameurs.
Ah! hélas ! les dieux ont disparu. Le gouffre lumineux du bûcher nous les cache, en ses vagues profondes... O visages ! ô nimbes radieux ! Etres beaux, charmants, bienfaisants comme l'amour ou la vie! Maintenant, qui donc implorerai-je ? Vers quels cieux lointains, vers quel sauveur, me faut-il tendre les
LE BUCllKK DIVIN 177
bras ?... Ah ! ah ! mes paupières ruissellent ; clans mon deuil, j'arrache mes cheveux, je déchire mes pâles joues avec mes ongles sanglants. Frappe!... sans te lasser !... frappe encore. O Cypris, je te donne ces plaies, ces meurtrissures de mon sein... O dieux ! ô dieux! hélas sur vous! Si puissants, là-haut ! Et, maintenant, les seuls honneurs qui vous restent sont ces gémissements plaintifs, ces cris, ces aspersions funéraires.
PROMÉTIIÉE
Que ta douleur s'apaise enfin ; tempère ton deuil par la sagesse. En effet, ô fils de Pandore, si le règne des dieux n'est plus, si leur trône, chéri de toi, s'écroule, tu succèdes à leur pouvoir.
Nous, des dieux ! Hélas ! ah ! ah ! hélas ! Comment deviendrions-nous des dieux ? Dérision ! orgueil vain et stupide!... Va, titan, si Zeus ne le soutient, l'homme est le rêve d'une ombre. Tu as beau vouloir nous le grandir. Faible, timide, misérable^ je connais mon âme dans mon sein.
PROMÉTHÉE
Est-ce bien toi qui parles ainsi ? Que de fois, fils oublieux, tes pères ont maudit, devant ce rocher même, leurs tourmenteurs Olympiens. Et, l'imprécation accomplie, ton triste cœur, ton lâche cœur, redemande à la nuit et au gouffre ceux qu'elle y vouait naguère.
N'étais-je pas trompé par toi ? L'homme connaissait-il ces dieux que ta ruse et tes mensonges le con-
traignaient de haïr ? Certes, je les ple;ire aujourd'hui. Malheureux ! pourquoi le cacherais-jc ? Les sanglots, les cris brisent ma voix. Comme les sources de Téthys, mon cœur flue d'une douleur amère.
PROMÉTHÉE
Ma ruse, mes msnsonges, dis-tu... La ruse et moi, fils de la femme, sommes aussi largement séparés que la terre Test du ciel. Mais, pardonnant à ta douleur, j'oublie tous tes injustes reproches.
Tais-toi, tais-toi, ne parle plus ! Laisse-moi mon désespoir farouche... Ha ! ha ! l'on a tué les dieux. Crime sans nom, qu'on ne peut dire, et qui surpasse les prodiges impies et abominables... Ah ! j'envie le bonheur des morts, je les aime, c'est leur demeure que je veux habiter désormais... Aidés, Aidés, ne les prends pas ! M'entends-tu, ô flamme dévorante ! Les arrachant au dieu du Styx, je veux les revoir encore.
Ils se ruent vers le bûcher, pour réteindre. PROMÉTHÉE
Que fais-tu ! quel transport te saisit ? Arrête ! arrête! reviens à toi... O stupeur ! Je le vois, maintenant, ton cœur a déjà oublié ce qu'étaient ces dieux que tu regrettes. Dans la foudre, dans la terreur, roulait leur féroce esprit. Sur vous, sur vos enfants, sur vos femmes, comme une nuée de tempête au-dessus des flots tumultueux, leur droite était suspendue. Mais qui pourrait s'en souvenir? Ce sont là, des choses si lointaines... Vois, ma plaie fume à mon flanc ; le sombre Thanatos plane encore, sur la terre désolée. Revêtu de sa robe d'aigle, et parcourant^ d'un vol aveugle.
les plaines, les montagnes, les mers, ce démon, ce roi des épouvantes, n'a pas cessé, tant que Zeus a régné, au cours des siècles innombrables, de lancer sur le troupeau des hommes, ses lourdes flèches de plomb. O détresse ! ô deuil ! mêlée du monde ! Nuit lugubre où Ares triomphait ! Point de répit ; toujours, sans cesse, l'urne horrible, à flots de sang fumant, roulait le meurtre et la guerre. Et, quand Thomme tombait, Aidôneus, aux aguets sur son trône de feu, avec la fourche inexorable, le plongeait dans ses cachots.
Tu mens, tu mens, dieu imposteur. Si un peu de mal rampait sur terre, la splendeur, la gloire y rayonnaient, l'Olympe y versait sa joie... Ah ! le laurier, les palmes, le péan... Apollon, avec son bouclier d'or, grand miroir de la lumière ! Nu, dans la clarté merveilleuse de sa tranquille beauté, il éparpillait sur le monde, de ses longs cheveux d'or bouillonnants, les reflets du sang et de la flamme... Nous rendras-tu la myrrhe en feu, les bœufs blancs, lourds de guirlandes, les chœurs joyeux, tournant en rond, comme la roue du potier ? Quel sera ton culte, ô dieu funèbre? Dis, nous donneras-tu des choses plus belles que celles-là? Hélas! tout a péri, rien ne reste de l'Olympe, évanoui des cieux. Vois, les cygnes ont disparu ; les colombes de l'ambroisie, en volant tout autour du bûcher, y tombent, une par une.
LE CHŒUR DES ARGONAUTES
Silence! la flamme s'affaisse, l'océan s'obscurcit, tout à coup. Au travers des jets du feu ardent, la fumée roule en torses immenses, qui s'étendent sur l'Ouranos^ comme la nue montant de la mer.
i8o LA NEF