‹ La nervosité de l'enfantChapitre 18 sur 26 · Modifications quantitatives du sang · texte numérisé non relu

Modifications quantitatives du sang

Les différents éléments constitutifs du sang peuvent subir des diminutions ou des augmentations. Dans les deux cas, il y a rupture d'équilibre et le système nerveux y est si sensible que, même pour cette modification minime, nous le voyons réagir par la nervosité.

Plasma. — Le plasma sanguin diminue considérablement après toute perte de liquide.

Il diminue après les hémorragies abondantes, les épistaxis, ou à la suite de pertes de sang résultant d'une plaie profonde ou d'une fracture compliquée. Il diminue après les vomissements incoercibles et les diarrhées profuses de la cholérine infantile, et l'excitabilité nerveuse qui en résulte peut déterminer jusqu'à des convulsions et laisser après elle une surexcitation nerveuse souvent très longue à disparaître.

Il diminue, mais d'une manière moins intense et moins durable, à la suite des transpirations abondantes causées par des cures de bains (eau thermale, vapeur, etc.). Il diminue enfin par la perspiration exagérée telle qu'elle se produit dans un climat sec et surtout à la haute montagne.

L'air des glaciers, si remarquable par sa grande sécheresse, peut causer de la nervosité, de l'insomnie, de l'agitation, des maux de tête, etc., mais en même temps une stimulation générale de tout l'organisme.

Sous l'influence de cette excitation, on voit l'enfant pâle devenir rose, l'appétit revenir, la faiblesse disparaître; il semble que l'enfant est revenu à la santé. Mais il suffit de redescendre pour voir toute cette amélioration disparaître en quelques jours, au grand désespoir des parents. L'air de montagne n'avait qu'excité l'enfant, il ne l'avait nullement fortifié.

C'est pour cette raison que la haute montagne réussit si mal aux enfants nerveux.

Quelques auteurs allemands attribuent mêmp la nervosité de la race anglo-saxonne de l'Amérique du Nord au climat si sec dont elle jouit.

Acide carbonique. — Les maladies du cœur qui accumulent de l'acide carbonique dans le sang : l'insuffisance mitrale et tricuspidienne, la maladie bleue, etc., causent aussi une excitation chronique du système nerveux. Il en est de même pour l'asthme chronique eicertaines bronchites capillaires.

Ces enfants sont très colères ; pour un rien ils crient, hurlent et se roulent à terre (Sandlort, Zil), crises qui peuvent aller jusqu'aux convulsions épileptiforines.

Oxyhémoglobine. — La diminution de l'oxyliémoglobine, qu'elle soit symptomatique de misère physiologique, d'une mauvaise nourriture, d'un air vicié, d'une vie trop sédentaire, du manque trop complet de mouvement ou qu'elle soit causée par l'anémie, la chlorose, la leucémie ou la pseudo-leucémie, l'anémie pernicieuse, cause un certain nombre de troubles nerveux qui tiennent de près au nervosisme.

L'enfant anémique est un nerveux apathique ou excitable, inquiet, impressionnable à l'excès ; il a facilement les larmes aux yeux et est disposé au noir. On note fréquemment chez lui des bizarreries de caractère, des inégalités d'humeur qui tiennent à la même cause. Si à ces symptômes psychiques on ajoute les céphalées, les gastralgies, l'instabilité motrice, nous aurons un tableau complet de la nervosité. Cela est si vrai que certains auteurs ont été jusqu'à attribuer les psychoses infantiles à l'anémie et à la chlorose.

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