‹ La nervosité de l'enfantChapitre 19 sur 26 · Modifications qualitatives du sang · texte numérisé non relu

Modifications qualitatives du sang

Différentes substances contenues normalement dans l'organisme, l'albumine, le sucre, la bile peuvent s'accumuler dans le sang et y produire des

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modifications excessivement importantes. Ici le nervosisme qui en est le symptôme extérieur a une valeur (lingnosli(jue spéciale, car il peut mettre le médecin sur la bonne voie et lui permettre de diagnostiquer la maladie, alors qu'elle ne se manifeste par aucun autre symptôme. C'est donc à ces modifications qualitatives du sang que le médecin doit penser en tout [)remier lieu.

Albuminurie. — Parmicescauses, je vous citerai en tout premier lieu l'albuminurie. Ne retiendriezvous de cette conférence d'aujourd'liui que ce seul fait, je croirais avoir fait œuvre très utile, et avoir rendu un service signalé à beaucoup d'enfants. L'albuminurie est en effet fréquente chez l'enfant, et presque toujours méconnue. Comme elle s'accompagne d'anémie souvent très forte, c'est à elle qu'on attribue les symptômes de nervosité, les maux de cœur, les céphalées, la dyspepsie, et sans examiner plus loin on néglige l'examen urinaire si important, si indispensable en médecine infantile. Or l'albuminurie infantile rapidement reconnue est dans la majorité des cas guérissable. Méconnue et non traitée, elle a intoxiqué le cerveau pendant longtemps, aussi elle est inguérissable et presque fatalement mortelle.

Ce qui peut mettre sur la voie est le caractère de cette nervosité.

L'albuminurique infantile n'est pas un hyperesthésié, c'est un hypoesthésié; ce n'est pas un colérique, c'est un flegmatique, un grognon, un bou-

gon, un mécontent de tout et de tous. C'est une mine renfrognée, pâle et bouffie, une expression désagréable que ni caresses, ni menaces, ne rendent plus avenante. Ses yeux fuyants et inquiets sont qualifiés volontiers de faux. C'est un caractère apathique, s'isolant des autres enfants, détestant les jeux, les promenades, les sports et la gymnastique.

C'est un fatigué, un plaintif, un être désagréable, qui, à cause de cela, est bien vite détesté de tous, de ses amis, de ses frères et sœurs, et même de ses parents. Ceux-ci, en effet, ne recevant rien en retour de leur tendresse, en arrivent à l'indifférence, à la haine même. Aussi les punitions, les corrections, les coups pleuveiit-ils sur le pauvre malade qui a la plus lamentable existence que l'on puisse rêver.

Je suis étonné de voir dans mes notes combien de fois mon diagnostic a pu arrêter ces corrections continuelles. Que cet avertissement soit retenu, et lorsque vous serez tentés de frapper un enfant méchant, bourru et grognon, et si vous voulez ne pas avoir de remords, examinez son urine d'abord, frappez ensuite !

Diabète. — Le diabète infantile donne lieu à des symptômes analogues, mais ses signes pathognomoniques : la polyurie, la polyphagie et l'autophagie permettent plus facilement, si on y pense, de faire le diagnostic.

Ictère. — La jaunisse s'accompagne de nervo-

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sisme intense, mais la coloration de la peau et des conjonctives, la couleur brune de l'urine et terreuse des fèces suffit pour assurer un rapide diagnostic.

Goiitle. — Je ne mentionne l'uricémie que pour être complet, elle est, en effet, rare chez l'enfant, de nervosité, mais donne lieu à des symptômes analogues à ceux du diabète.

Rachitisme. — Quoique nous soyons partisan de la théorie de l'auto-intoxication comme cause de l'étiologie du rachitisme, nous le plaçons ici. Qu'il s'agisse d'une toxine ou d'une substance minérale circulant dans le sang, il est certain que le rachitique est un nerveux et que peu de maladies se manifestent par des symptômes nerveux aussi prédominants.

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