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III. Symptôme général du nervosisme

Le symptôme prédominant, celui que nous retrouvons toujours, consiste dans une augmentation plus ou moins considérable, souvent excessive, de l'excitabilité des nerfs, c'est ce que nous désignerons par le terme d'hyperesthésie, hyperesthésie alternant avec une diminution plus ou moins complète de cette même excitabilité, ce sera pour nous Vhypoesthésie. Or ces hyperesthésies et ces hypoesthésies, ces symptômes exagérés ou atténués, vont et viennent, apparaissent et disparaissent, reviennent et s'en vont, avec une telle rapidité, et pour des causes si futiles, qu'elles ne sont même pas perçues par l'enfant normal. Aussi ces

transformations à vue sont-elles toujours un sujet d'étonnement et même d'incrédulité pour tout observateur non prévenu.

Lorsque, par exemple, nous voyons un enfant pour une cause minime, presque insignifiante, pour avoir eu un peu trop de soleil, pour avoir fait un peu trop de lecture, pour avoir un peu trop mangé, en proie à un mal de tête tellement intense, tellement violent qu'il ne peut ouvrir les yeux, qu'il ne peut faire un seul mouvement, qu'il ne peut prendre aucune nourriture, ni avaler aucune boisson, si bien qu'il reste sur son lit comme sans connaissance , et que , quelques heures après , lorsque nous revenons, nous retrouvons ce même enfant, dansant, chantant, courant, riant comme si de rien n'était, l'homme normal ne peut s'empêcher de regarder cette scène avec étonnement et avec incrédulité, et si elle se répète chaque jour, et même plusieurs fois par jour, il finit bientôt par traiter ces symptômes d'imaginaires et l'enfant de farceur !

Très à tort ! La médecine en général et le médecin d'enfants en particulier, ont trop longtemps donné dans cette erreur. Car ces symptômes existent, car ces douleurs sont réelles, car ces apparitions et ces disparitions de symptômes graves sont naturelles, mais elles sont maladives et demandent un traitement spécial.

Si les parents, ou même le médecin, haussent les épaules et sourient, alors l'enfant blessé, exaspéré,

voulant à toute force prouver la véracité de son dire et démontrer l'existence de sa maladie, exagérera ces symplômes, et pour peu que cette aberration mentale se développe, l'hystérie va s'installer chez l'enfant, qui de simple nerveux devient ainsi un névrosé.

Le symptôme cardinal du nervosisme est donc l'hyperesthésie et plus rarement l'hypoesthésie. Mais ce sj^mptôme prendra une apparence, un aspect fort différent suivant la sphère du système nerveux dans laquelle il se manifestera : sphère psychique, intellectuelle, vaso-motrice, sensorielle, sensitive ou motrice. Si bien que cet unique symptôme contient en germe toute une légion de symptômes qui, au premier abord, sont si différents les uns des autres qu'ils ne semblent avoir aucun lien de parenté. Mais pour peu qu'on les analyse on verra que toujours ils ressortissent ou bien de l'hyperesthésie ou bien de l'hypoesthésie.

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