‹ La Neurasthénie: épuisement nerveuxChapitre 29 sur 55 · V. NEURASTHÉNIE GENITALE · texte numérisé non relu

V. NEURASTHÉNIE GENITALE

Ajpropos de la neurasthénie féminine, il vient d'être question de la neurasthénie génitale chez la femme. Nous avons vu que les troubles utéro-ovariens sont le plus si m vent secondaires, mais que, dans quelques cas cependant, ils sont primitifs et le point de départ de la névrose. 11 1 n est de même chez l'homme. Or la neurasthénie génitalt- de l'homme a une physionomie propre et qui néces^site une description particulière. Je fais encore remarquer que je résen-e ce terme de neurasthénie génitale k celle dont la cause réside dans un trouble fonctionnel ou une lésion des organes génitaux.

Jusqu'à ces dernières années, on a peu étudit' celte forme de l'épuisement nerveux. En France, il n'y a jïas eu de nouvelle monographie depuis l'ouvrage de Lalleimnjt sur les pertes séminales*. Cet ouvrage est plein d'exagérations; toutes les maladies chroniques y sont eng**ndrùes par les excès génésiques et les pertes sémiuale,s, Ku

* Lallement, Des pertes séminales involontaires, Pans, iS;^G-1842, 3 vol. in-8.

Amérique, Beard ^ a fait récemment une étude spéciale de la neurasthénie génitale. En Allemagne, parmi beaucoup de publications, il faut citer surtout celles de M. Ultzmann* et de M. Krafft-Ebing'.

Cau868. — La masturbation, les excès génésiques et certaines affections chroniques dos voies génito-urinaires, telles sont les causes communes de la neurasthénie génitale.

La masturbation produit l'épuisement nerveux plus sûrement que les excès génésiques, et d'autant plus qu'elle commence à un âge moins avancé. Bien que la fonction sexuelle n'existe pas encore chez les jeunes enfants, et peut-être pour cette raison, l'excitation sans cesse répétée de la sphère génitale trouble plus vite et plus prpfondément la santé physique et la santé morale. Chez la plupart des jeunes garçons, cette habitude cesse à l'époque de l'adolescence et n'a pas de suites fâcheuses. Mais il peut arriver qu'elle dure beaucoup plus longtemps et même jusqu'à l'âge adulte. Bien des neurasthéniques font à ce sujet d'étranges confidences. Du reste, la persistance de la masturbation au delà de l'adolescence est déjà un signe d'affaiblissement du système nerveux ; on ne la rencontre guèi'e que chez les jeunes hommes qui présentent des indices d'hérédité névropathique.

Les excès de coït des jeunes gens et ceux des jeunes mariés ont aussi des conséquences fâcheuses. On incrimine surtout les excitations anormales qui précèdent et accom pagnent le coït.

i Beard, Die sexuelle Neurasthénie, traduction anemande, Vieune. 1885. — 2« édition, Vienne et Leipzig, 1890.

« Ultzraann, Névroses des organes g énito-ur inaire de l'homme, traduction française de M. H. Picard, Paris, 1883.

3 Kraflft-Ebing, Wiener medic. Presse, 1887, n*»» 5 et 6.

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La masturbation et les excès génésiques agissent de la même manière et développent un éréthisme pathologique des nerfs et des centres nerveux qui président à l'érection et à réjaculation. De plus, la répétition immodérée delà congestion physiologique qui accompagne l'érection provoque un état hyperhéraique habituel des régions profondes de Turètre, du veruraontanum et de la prostate elle-même.

Ce même éréthisme pathologique peut être engendré, du moins chez les hommes nerveux, par une urétrite infectieuse ancienne, une gonorrhée qui s'est réfugiée et qui persiste indéfiniment dans la région protastique de l'urètre. Il n'y a plus d'écoulement blennorragique depuis longtemps ; mais, à chaque miction, les premières gouttes d'urine chassent quelques filaments grisâtres, qui sont le produit d'un catarrhe chronique profond de la muqueuse urétrale. A l'aide de l'endoscope, M. Ultzmann a vu les lésions de cette muqueuse; elle est congestionnée, tuméfiée et présente même quelques érosions. — Beard signale encore le phimosis et les varices extérieures ou profondes parmi les affections des organes génitaux capables d'engendrer la neurasthénie génitale. Or l'influence de toutes ces affections chroniques, et même de Turétrite, est loin d'être aussi efficace que celle de la masturbation et des excès génésiques, et, quand ces affections sont suivies du développement delà névrose, c'est qu'à leur influence s'ajoute celle d'une forte prédisposition héréditaire.

Symptômes. — M. Krafft-Ebing a divisé en trois périodes l'évolution de la neurasthénie génitale. Cette division peut être conservée ; elle montre assez bien l'enchainement des symptômes et facilite la description clinique. n faut remarquer cependant que les troubles fonctionnels

ne se succèdent pas toujours suivant Tordre qu'indique M. Kraffl-Ebing. Ainsi la spermatorrhée, qu'il place dans la troisième période, peut être un symptôme plus précoce. Je l'ai observée chez des jeunes gens qui ne présentaient point encore les troubles cérébraux et spinaux propres à la deuxième et à la troisième période.

Première période. — Ce qui caractérise la première période, c'est une excitabilité exagérée de l'appareil nerveux qui règle l'érection et l'éjaculation. — Les pollutions nocturnes sont le premier symptôme. Assurément des hommes bien portants, nullement neurasthéniques, ont des pollutions de ce genre. Il y a quelques difficultés à marquer la limite entre l'état normal et l'état pathologique. On peut admettre que les pollutions nocturnes sont déjà Tindice d'une neurasthénie génitale commençante, quand elles sont fréquentes, se répètent à de courts intervalles, et surtout quand elles sont suivies d'abattement, de dépression cérébrale. — Un autre phénomène morbide se montre aussi dans cette première période, c'est la rapidité de l'éjaculation. Le centre réflexe de l'éjaculation est devenu plus excitable, comme celui de l'érection.

Ces deux symptômes, la pollution nocturne et l'éjaculation hâtive, retentissent déjà sur l'état mental du patient. Il est attristé, déprimé, préoccupé de ces troubles fonctionnels de ses organes génitaux. Il se croit atteint d'une maladie grave et devient une proie facile pour les charlatans qui exploitent sa crédulité et ses préoccupations hypocondriaques. A son tour, cet état mental retentit sur la sphère génitale. De là une influence d'inhibition sur le centre d'érection et le développement d*une impuissance psychique, imaginaire. L'appétit sexuel peut être augmenté, et il l'est souvent, mais, en présence d'une femme

qu'il désire, le patient est incapable, et surtout se croit incapable, d'une érection suffisante. Au contraire, le coït s'accomplit s'il s'agit d'une autre femme, ou bien encore l'érection est forte et durable si le patient est seul, mais elle cesse au moment où il se trouve au contact de la femme désirée. Cette impuissance psychique n'est pas rare, pendant les semaines qui précèdent le mariage, chez les jeunes gens nerveux et qui ont abusé des plaisirs sexuels ou de la masturbation.

Les troubles de la fonction génitale s'accompagnent souvent, même dans cette première période, d'hyperesthésie et de névralgie urétrales. Pendant la miction, le patient éprouve dans l'urètre des sensations pénibles de picotement, de brûlure. Quelquefois l'éjaculation est suivie d'une douleur lancinante dans le périnée ou dans la verge. Déjà l'excitation de la sphère génitale peut retentir sur les branches du plexus sacré ; il y a de l'hyperesthésie et des douleurs névralgiques du périnée, des fesses, des testicules, des cordons, de la verge et du gland. Un malade de Beard ressentait une chaleur insupportable au pubis, et cette région était le siège d'une hypersécrétion sudorale. Le prostate est irritable ; le patient ne peut y supporter la pression du doigt introduit dans le rectum. Le cathé- ' térisme est douloureux et provoque le spasme réflexe du sphincter urétral. Lorsque le bec de la sonde arrive à la région membraneuse de l'urètre, la douleur est parfois tellement vive, qu'elle arrache des cris et provoque la défaillance. — Cette excitation pathologique peut atteindre les nerfs de la vessie. De là des envies fréquentes d'uriner, surtout après le coït, des rétentions passagères, l'émission involontaire de quelques gouttes d'urine.

En général le pronostic de cette première période n'est

pas grave, et la marche progressive de la névrose génitale peut être enrayée, du moins si le patient est bien traité et se soumet à une hygiène convenable.

Detixième période. — Dans la seconde période, les pollutions durent encore, mais l'érection est moins fréquente, moins forte et moins durable; l'excitation pathologique porte surtout sur le centre de l'éjaculation. Des causes légères, la vue d'une femme, une pensée erotique, un rêve, l'attouchement des organes, le décubitus dorsal prolongé, la réplétion de la vessie, 1 equitation, les secousses d'une voiture, etc., suffisent à provoquer l'émission du sperme. Le coït est devenu difficile, en raison de cette extrême précocité de l'éjaculation. Elle a lieu au moment même de l'intromission du pénis, ou bien avant toute tentative d'intromission, dès les premiers préparatifs du coït. Dans quelques cas, le sperme n'est pas projeté avec force, il s'écoule en bavant hors de l'urètre. La sensation voluptueuse est amoindrie, fait défaut, ou est remplacée par une sensation douloureuse. Cependant l'appétit sexuel existe encore, à moins que la dépression cérébrale ne soit déjà très prononcée. La spermatorrhée n'est pas rare à cette seconde période; elle se produit au moment de la miction et de la défécation ; la compression des vésicules séminales suffit déjà à en expulser d'une façon toute mécanique la sécrétion spermatique.

L'hyperesthésie et la névralgie de l'urètre persistent, ainsi que les irradiations dans les branches du plexus sacré. Quelquefois l'hyperesthésie fait déjà place à un certain d^ré d'anesthésie. Les troubles vésicaux peuvent être plus prononcés ; il s'y joint parfois des troubles de la sécrétion urinaire. Beard a constaté dans l'urine de ces malades un excès de phosphates, d'urates et d'oxalates.

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M. Ultzmann a signalé la polyurie, la glycosurie légère et transitoire, l'excès des carbonates.

Le shock nerveux que produisent les éjaculations sans cesse répétées retentit sur la moelle épinière. De là des phénomènes d'irritation spinale. Les malades ont de la rachialgie, des douleurs dans les reins et à la nuque, la plaque sacrée, des points hyperésthésiques sur la colonne vertébrale, des irradiations douloureuses dans le tronc et les espaces intercostaux, des sensations de faiblesse et d'engourdissement, ou même des douleurs névralgiques dans les membres inférieurs. Les préoccupations hypocondriaques sont plus constantes et plus intenses. Il est rare que le patient ne se croie point atteint d'une affection grave de la moelle épinière et particulièrement d'ataxie locomo trijce. — C'est déjà le tableau de la neurasthénie spinale, auquel s'ajoutent fort souvent, dès cette seconde période, des symptômes de cérébrasthénie, tels que l'abattement, la dépression des facultés intellectuelles, Témotivité, la céphalée.

D'après M. Kraffl-Ebing, le pronostic de cette seconde période est encore favorable, du moins si le traitement est bien conduit, et il n'est pas impossible d'obtenir la disparition des symptômes spinaux et la restauration des fonctions sexuelles, pourtant si profondément troublées.

Troisième période. — La spermatorrhée est le symptôme capital de la troisième période. L'émission du sperme n'est plus précédée de l'érection, elle survient d'une façon toute passive. Elle est provoquée par des actes mécaniques, la miction, la défécation, les secousses de la voiture et de réquitation. A l'excitabilité initiale a succédé la paralysie des centres spinaux de l'érection et de l'éjaculation, ainsi que l'atonie, le relâchement des muscles qui concourent à ces deux fonctions.

BouvKRET, La Neurasthénie. 15

La forme commune de la spermatorrhée est facile à reconnaître ; c'est un liquide épais, visqueux, d'un blanc laiteux, qui s*écoule hors de Turètre. Mais il est une forme latente et qui échappe à l'observation d'un malade même très attentif. La quantité de sperme est peu considérable, et il est mêlé, soit à l'urine, soit aux sécrétions de l'urètre et de la prostate. De là, comme le fait observer Beard, la nécessité d'examiner souvent les sédiments urinaires et les sécrétions urétrales. On peut y découvrir des spermatozoïdes et des cristaux spernia tiques. Or, cette forme latente de la spermatorrhée est commune et s'observe déjà dès les premières périodes de la neurasthénie génitale. Du reste, la sécrétion elle-même du sperme peut être troublée et ralentie; beaucoup de malades ont, à cette période, des accès d'aspermie passagère. La prostatorrhée accompagne souvent la spermatorrhée ; le liquide visqueux et grisâtre qui provient de la prostate est facile à distinguer du sperme véritable. Cependant la prostatorrhée est souvent confondue par les malades, quelquefois par des médecins inattentifs, avec la vraie spermatorrhée.

A cette période, l'impuissance est à peu près la règle. Il s'agit d'une impuissance vraie, le plus souvent définitive, et non pas, comme dans la première période, seulement d'une impuissance relative et d'origine psychique. L'érection n'existe plus, ou bien, si elle existe encore, elle est sans force, de courte durée et ne permet plus le coït. L'intromission du pénis est à peine possible ou ne l'est plus du tout, et la demi-rigidité de la verge s'éteint dès les premières tentatives. L'impuissance complète appartient surtout à la neurasthénie génitale due à la masturbation fréquente et longtemps prolongée» Avec l'impuissance coïncide en général la diminution ou même l'extinction de l'appétit sexuel.

Les organes génitaux ont un aspect assez caractéristique. Le scrotum est allongé, inerte ; les testicules sont mous, pendants, souvent diminués de volume; la verge est flasque, ridée, et la couronne du gland présente parfois une légère teinte violacée. L'excitation du début a fait place à une atonie générale des organes génitaux.

Les douleurs urétrales peuvent encore persister. Les irradiations dans les nerfs du plexus sacré sont cependant moins étendues et moins vives. 11 n'est pas très rare de constater une anesthésie complète du scrotum, de la verge et d'une partie du périnée , c'est-à-dire de toute cette région du tégument qui recouvre les organes génitaux. J'ai observé cette anesthésie chez un jeune homme de trente ans qui , depuis l'adolescence, s'était livré à des excès sexuels extraordinaires; une déchéance organique profonde l'avait conduit à la tuberculose. Le réflexe crémastérien est aboli ; l'excitation de la peau des cuisses et du scrotum ne provoque plus la contraction réflexe du dartos.

A ces symptômes locaux s'ajoutent ceux de la neurasthénie cérébro-spinale, surtout chez les malades qui ont une certaine prédisposition héréditaire. A cette troisième période, la neurasthénie génitale, comme le fait remarquer M. Krafil-Ebing, imprime un cachet spécial à la physionomie du patient. C'est une atonie générale mêlée de quelques symptômes d'excitation. Nous retrouvons là la plupart des symptômes de la cérébrasthénie, la céphalée, l'émotivité, l'anxiété, les vertiges, l'hypocondrie, la fatigue rapide des facultés intellectuelles et surtout l'exercice difficile de la mémoire. Les symptômes spinaux persistent encore; ils fournissent un aliment constant aux préoccupations hypocondriaques. Les troubles viscéraux ne font pas défaut,

H II* »:Lt jiarfls trê* fr>L-Lcê*. L'alrii-e castro-itlestifta> est a*-^z oiTLn-re- Eiêsie dar.5 sa forme sêvêre : de la, daLA oerta::i^ ca>, ra£.êici^ et ramaipissement. La Leur^iLeLie ge:.-tal*- s'aco-isjagtie surtoat de troohles cardiaques et TaK^-I:»teu^$ : excitation du oceur, accès de (palfitatkfûs, crises d'a^-^-or pecioris Taso-moCnoe.

Le proto*t:c de la troisiéine période est beaucoup plus 5«:ri*^ux. La vie n'est j-as meLacée, mais le traitODoent est lorig et les résultats en s/'^nt plus incertai&s. Il est difficile de Caire disparaître la spennaU*rrhêe et plus difficile encore de rendre aux fonctions génitales l'énergie qu'elles ont penlae. Plus souvent que dans aucune autre forme de la neurasthêoie, l'état mental s'agjrave et se transforme en une réritable psychose. Beaucoup de ces neurasthéniques ont des idées de suicide, même dès les premières périodes, et quelques-uns finissent par j succomber.

Trftitemeilt. — Le traitement local a une grande im~ porfance, et, dans sa monographie de la neurasthénie génitale, Heard y a longuement insisté. Ce traitement varie suivant les périodes de la névrose. Il comprend, en somme, trois indications : traiter le catarrhe prostatique, diminuer Texcitabilité réflexe des centres de l'érection et de l'éjaculation, combattre les symptômes d'atonie, l'impuissance et la spermatorrhée.

Catarrhe prostatique. — Le catarrhe prostatique existe dans la plupart des cas, qu'il soit le reste d'une gonorrhée ina)mplètement guérie, ou bien qu'il se développe sous rinfluence des excès sexuels et de la masturbation. Le diagnostic en est facile. 11 n'y pas d'écoulement urétral à proprement parler, mais, dans les premières parties de l'urine éliminée à chaque miction, on voit flotter de petits filaments muqueux.

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M. Ultzmann a fort bien exposé ce traitement du catarrhe prostatique. Pour modifier l'état de la pïostate elle-même, il conseille des bains généraux, des Laiiis de siège, et surtout des lavements d'eau ou d'infut^ion d<> camomille tiède deux ou trois fois par jour. Mais il faut principalement agir sur la portion prostatique de la muqueuse urétrale, et, à l'aide d'instruments spéciaux, y porter directement des astringents ou des caustiques. Li^s injecteurs de M. Ultzmann et de M. Félix Guyon sont les plus connus de ces instruments ; ils permettent de falr<j pénétrer une solution médicamenteuse exactement dans la portion prostatique de l'urètre. L'injection est piiitiquee tous les jours, tous les deux jours ou à de plus lon^s ui tervalles. M. Ultzmann préfère et emploie successivi^iieut des solutions d'acide phénique, de sulfate de zinc, destdfale de zinc et d'alun, de lanin ; M. Guyon recommande ctdles de nitrate d'argent. Au lieu de solutions, on peutcncori^ .se servir de petits suppositoires en forme de grain d'iir^e, au tanin ou au nitrate d'argent, qu'on introduit dans la i>ortion prostatique de l'urètre à l'aide du porte-remèdii de Dittel. Du reste, on trouvera les détails de cette therapeu tique locale du catarrhe prostatique, dans les ouvimi^os de M. Ultzmann et de M. Félix Guyon*.

Symptômes d'excitation. — Pour remplir la seconde indication etcombattre les symptômes, tels que les polluLions nocturnes, qui procèdent d'une excitabilité anormale de;^ centres de l'érection et de l'éjaculation, la première chose à faire est de tracer au patient les règles d'une ingièue convenable.

Il doit d'abord éviter toutes les causes d'excitâtîsjn, re-

* Félix Guyon, Levons cliniques sur les maladies des voies vrhiaitYf, 2* édition, Paris, 1885.

nonceràses habitudesde masturbation, aux plaisirs sexuels, aux fréquentations et aux objets propres à faire naître des pensées erotiques. La continence est toujours préférable, et le coït ne doit être permis qu'à de longs intervalles et seulement dans les cas où Tappétit sexuel est extrêmement prononcé. Le malade s'abstiendra soigneusement de toutes ces excitations préliminaires, souvent plus fâcheuses que le coït lui-même. Il faut proscrire Téquitation, les excès de table, surtout au repas du soir, les mets épicés, l'alcool, le thé et le café, l'usage de sièges et de matelas trop doux, les couvertures épaisses, le séjour prolongé au lit. La distension de la vessie et du rectum favorise les stases vei neuses dans le petit bassin et suffit parfois à provoquer les pollutions ; le malade videra donc sa vessie dès le réveil et il évitera soigneusement la constipation. Au lit, le décubitus latéral est préférable au .décubitus dorsal.

Le traitement de l'état mental du patient est d'une grande importance, car cet état mental exerce une influence considérable sur les troubles des organes génitaux. Les masturbateurs sont abattus, dominés par un sentiment de honte très pénible ; il faut leur donner confiance en eux-mêmes, leur assurer qu'ils ont encore assez d'énergie pour renoncer à leurs habitudes fâcheuses, et leur répéter souvent que ces habitudes n'auront pas les conséquences fatales qu'ils redoutent. Quant aux jeunes gens qui ont abusé des plaisirs sexuels, ils se croient le plus souvent menacés de la perte irrémédiable de leur virilité, ou bien encore d'une maladie incurable de la moelle épinière. A ceux-là il faut faire entendre une partie de la vérité ; il s'agit seulement de phénomènes d'excitation dont un traitement convenable va d'ailleurs leur montrer la curabilité.

Les malades posent souvent la question du mariage.

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d'autant plus que l'idée elles préliminaires du mariage peuvent être la cause occasionnelle qui hâte l'apparitioû des symptômes de la première période. La règle à suivre est assez simple : répéter au patient qu'il ne doit pas du tout renoncer au mariage, mais ne le lui permettre que lorsqu'il sera suffisamment guéri. Il est dangereux de pennettre trop tôt le mariage; les excitations qui en sont la cousêquence aggravent la névrose, aggravent par cohS(}quent l'état mental du malade et peuvent ainsi le conduire au suicide. D'autre part, il y a des inconvénients à diffcnvr trup longtemps le moment désiré ; on s'expose à faîj'e naître la pensée d'incurabilité.

Nous avons vu que les phénomènes d'excitation qui caractérisent les premières périodes s'accompagnent parfois d'une impuissance relative, psychique. Cette impuissance est la source de vives préoccupations hypocondriaques, 11 importe donc de traiter ce symptôme, dès le début . Lh encore un traitement purement moral est d'une givuide efficacité. Il faut rassurer le patient, le consoler, lui montrer que la cause de son impuissance réside dans l'agi taf ion avec laquelle il aborde le coït, et surtout, coramo Iv conseille M- Ultzmann, lui prouver qu'il est capaLk^ de très fortes érections. M. Ultzmann met en usage la galvanisation avec des courants faibles, le pôle positif sur la région lombaire et le pôle négatif sur les organes génitaux, et aussi la faradisation locale, suivant la méthode de Duchenne, l'un des pôles étant placé dans le rectuni, Tautre étant appliqué sur le bulbe de l'urètre. Ces procédés provoquent souvent l'érection et c'est la un bon moyen de rendre au patient la confiance en ses propres forct\s»

Beaucoup de médicaments sont employés pour combattre l'excitabilité anormale des centres de l'érection et ikt Tt^ja-

culation. D*après M. UltzmaDn et M. Krafflt-Ebing, le camphre, le camphre monobromé, le lupulin, la belladone, Topium, la valériane n'auraient pas une grande efficacité. Cependant on conseille souvent des suppositoires de belladone et de camphre, introduits dans le rectum au moment du coucher. Beard recommande les grands bains, les bains de siège, les lavements tièdes d'eau pure ou d'une solution de bromures alcalins. L'usage interne des bromures est généralement reconnu plus efficace, à la condition d'en donner des doses assez fortes, 4 k 6 grammes par jour, pendant six ou huit jours consécutivement. — Beard pratique sou vent la révulsion, il applique des vésicatoires sur les parties supérieures et externes de la région fessière. — En Allemagne, on emploie beaucoup la galvanisation. Pour en obtenir des effets sédatifs, le pôle négatif est appliqué sur les vertèbres lombaires et le pôle positif sur le périnée. — Un peu plus tard, on peut avoir recours au cathétérisme avec les bougies de cire de Pitha, puis avec des sondes métalliques de plus en plus grosses, dont on facilite l'introduction, si l'hyperesthésie persiste, en faisant une injection préalable d'une solution de cocaïne dans l'urètre. — M. Ultzmann vante le psycrophore ou sonde réfrigérante de Winternitz. C'est une sonde métallique à dçuble courant, fermée à l'extrémité urétrale, bifurquée à l'autre extrémité. A chacune de ces bifurcations est adapté un tube de caoutchouc. On fait circuler dans la sonde, mise en place, de l'eau déplus en plus froide. Les premières irrigations sont en général mal supportées, mais les autres le sont beaucoup mieux et produisent souvent un excellent résultat.

Symptômes de dépression. — La troisième indication comporte le traitement local de la spermatorrhée et de

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rimpuissance vraie, due à l'atonie des centres, des nerfe et des muscles qui concourent à Térection et à réjaculatiou- L'hydrothérapie fournit les principaux agents de ce traU tement : les bains de mer, les bains de rivière, les bains de siège frais, la douche générale en pluie ou en jet brisé, la douche modérée sur le périnée. Beard conseille les lavements froids. La sonde réfrigérante de Winternitîc trouve ici encore une heureuse application.

La galvanisation locale, suivant le procédé de Bénédikt et de Schulz, donne de bons résultats. Les courants sont assez faibles pour être à peine sentis. Le pôle positif est placé sur les vertèbres lombaires, et, avec le pôle négatif mobile, on passe successivement sur le périnée, la ver^rt^, les cordons spermatiques. La séance, de trois k quatie minutes, est répétée tous les jours ou tous les deux jours. et le traitement dure un mois et demi à deux mois^. Le courant faradique est employé de deux façons : ou bien on électrise successivement tous les muscles accessilïles du périnée et surtout les bulbo -caverneux, ou bien of^ place un des pôles dans le rectum et l'autre est appli*|uè sur le périnée et la racine de la verge. Cette faradisalion locale est employée seule ou alterne avec la galvanisatioQ. Ctî traitement électrique, s'il est bien conduit et poursuivi avec persévérance, est assurément un bon moyen de rendre aux muscles de l'appareil génital la tonicité qu'ils ont perdue.

Quant aux médicaments, ceux qui conviennent par LU culièrement dans le traitement de l'impuissance et de la 'spermatorrhée sont : la quinine h petites doses répétées, la strychnine, l'arsenic, et surtout la poudre d'ergot de seigle ou l'extrait d'ergot à la dose de 40 à 50 centigrammes par jour.

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A ce traitement local, il faut joindre celui de la neurasihéiile cérébro-spinale. Les principaux agents de ce traitement sont le changement de milieu, le séjour à la carajia^ïnî ou à la montagne, Thydrothérapie, la faradisation î^'ènérale du tégument suivant la méthode de Beard et Rockwell, les voyages sans fatigue, le travail physique, le massage si le patient est trop affaibli pour se livrer à Ava i.^xercices actifs. Du reste, tous ces agents thérapeutiques seront étudiés à propos du traitement général de la neurasthénie.

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