VJ. PRONOSTIC
Lorsque le diagnostic est bien établi, une autre question H'ste à résoudre, qui, au point de vue médico-légal, n'est pas moins importante que celle du diagnostic. Quel est k pruuostic des troubles nerveux observés? Quelle en est la rliirée probable? Quels dommages ont-ils causés au patient? Jusqu'à quel degré est-il incapable de reprendre ses occupations professionnelles et pour combien de temps?
Q^rtes, il est beaucoup plus difficile de répondre à toutes ces interrogations quand il s'agit d'hystéro-neurasthénie
* n^nifulieim, Arrhiv fur Psychiatrie^ B«l. XV.
* Ki^milohr, Berlin, hlîn. Wochcns., 1880, no 52.
UYSTÊRIB ET IIYSTÉRO-NEURASTHÊNIE TRaUMATIQUES 325
traumatique, que quand il s'agit d'une lésion traumatique vulgaire, une plaie, une luxation, une fracture. En général, il faut être plus réservée, examiner le blessé à plusieurs reprises et n'émettre un avis définitif que plusieurs semaines et même plusieurs mois après l'accident incriminé. En eflfet, pendant les premiers jours, il n\ xiste souvent que des douleurs, des troubles vagues de la sensibilité, quelques modifications de l'intelligence et du caractère encore peu accusées, et ce n'est qu'au bout de plusieurs semaines ou de plusieurs mois, qu'apparaissent les troubles plus graves de la sensibilité et de la motilité, les anesthésies, les paralysies, les attaques convulsives de l'hystérie.
Tous les troubles nerveux hystéro-neurasthéniques d'origine traumatique n'ont pas la même gravité, et la division que j'en ai donnée au point de vue clinique, conserve une certaine valeur au point de vue pronostique. On peut dire que la gravité va croissant de la première à la quatrième catégorie, de l'hystérie locale à Thystéro-neurasthénie.
Neurasthénie. — Hystèro-nenr asthénie. — L'adjonction des symptômes neurasthéniques aux symptômes hystériques est, en règle générale, un signe pronostique fâcheux, et d'autant plus que les phénomènes cérébraux sont plus nombreux et plus prononcés. Ces cas-là troublent profondément la vie du patient, brisent son avenir, font de lui un invalide le plus souvent, et sont tenaces, rebelles au traitement. M. Vibert, qui a suivi longtemps quelques-unes des nombreuses victimes de l'accident de chemin de fer de Charenton, en 1881, M. Vibert estime que le pronostic peut être d'emblée déclaré mauvais, s'il existe des troubles cérébraux mviltiples et très accusés : la tristesse, l'angoisse, l'émotivité, la perte de la mé-