‹ La Neurasthénie: épuisement nerveuxChapitre 40 sur 55 · HYSTÉRIE ET H YSTERO-NEUR ASTHENIE TRAI3MATIQUES · texte numérisé non relu

HYSTÉRIE ET H YSTERO-NEUR ASTHENIE TRAI3MATIQUES

moire, la confusion des idées, le changement profond du caractère, troubles cérébraux le plus souvent accompagnés de la perte des forces, delamaigrissement, d'un vieil lissement rapide de l'individu. D'après le même auteur, le développement tardif des troubles fonctionnels du cerveau, après une sorte de période d'incubation, longue de plusieurs semaines, constituerait encore une autre condition défavorable.

Du reste, tous les observateurs sont unanimes sur la gravité de l'hystéro-neurasthénie traumatique. Deux de mes six malades sont hystéro-neurasthéniques depuis dix el quinze ans, et leur situation ne s'est nullement améliorée. Sur les trente-trois cas de M. Oppenheim, qui presque tous appartiennent bien à cette forme de Thystéro-neura- >tjiériie traumatique, il y a six améliorations seulement, et pas de guèrison complète. La statistique de M. Obersteiner * up^l pas moins défavorable : 27 cas, 4 guérisons, 3 améliorations, 20 morts. Mais il est certain que la distinction n'a pas été faite entre les cas avec lésions organiques des eentrea nerveux et ceux où la névrose traumatique existait seule, sans complication d'aucune lésion. M. Hodges^ aurait eu des résultats meilleurs : 12 guérisons sur 21 malades atteints d'accidents nerveux consécutifs à des traumalismes. 11 est probable que les vingt et un cas n'appar- UeuneDt pas tous à l'hystéro-neurasthénie et qu'il s'y trouve beaucoup de cas légers dans lesquels les symptômes cérébraux n'existaient pas ou étaient peu prononcés. — En général, la vie n'est pas compromise et la durée n'en est pas diminuée du fait de la névrose elle -même. Cependant

* Otierstemer, Wiener med. Jahrb ., 1879.

* Cité par M. Vichmann, /oc. cit.

HYSTERIE ET HYSTÉRO-N'EURASTHÉNIE TRAUMATIQUES 327

quelques malades ont des idées de suicide auxquelles ils finissent par succomber. Dans quelques cas, les troubles cérébraux s'aggravent et aboutissent à de véritablf^s psychoses ou à la démence. Enfin il peut arriver que, sur nu terrain préparé par la névrose, se développe une Têritable maladie organique des centres nerveux, la Ëclêro^e en plaques par exemple. Mais ce qui fait la gravité de rhjstéro-neurasthénie traumatique, c'est la ténacité des symptômes nerveux, qu'il est difficile d'améliorer, plus difflcile encore de guérir. Même dans les cas favorables et qui peuvent passer pour des cas de guérison, il r^ste encore de la faiblesse et de l'excitabilité nerveuses.

On a remarqué que des améliorations se produisent souvent chez les patients qui, en instance devant un tribunal, ont gagné leur procès et reçu une indemîJi[^^ 11 ne faut pas toujours voir dans une amélioration de ce iioure la preuve de la simulation ni même de Texafiri'^ratîon. L'inquiétude constante, la crainte d'un insuccès et do la misère qui peut en être la conséquence, voilà deux conditions qui, pendant la durée du procès, exercent um^ influence fâcheuse sur l'état mental du malade et font obstacle à son amélioration.

Hystérie locale et générale. — L'hystérie traumatique locale, l'hystérie traumatique locale et généraliî ont Tune et l'autre moins de gravité. L'absence de syïnptùjnes neurasthéniques permet un pronostic moins dèfovorable. Les guérisons sont plus fréquentes et plus facilement obtenues. Cependant les troubles nerveux observée dans ces deux catégories ont bien une certaine ténacité, et les exemples ne sont pas rares de paralysies hystéro-lraunia* tiques qui ont duré pendant plusieurs années.

Lorsque les stigmates hystériques font rléfaut, en

328 HYSTÉRIE tT H YSTÈP.O-NEUR ASTHENIE TRAUMATIQUES

d'autres termes s'il s'agit d'un cas d'hystérie locale, peutêtre est-il permis d'espérer une guérison plus prompte que si le cas appartient à la deuxième catégorie, à Thystérie traumatique locale et générale. La guérison a été très rapide chez les trois malades dont j'ai cité les observations à propos de Thystérie locale.

La longue durée des paralysies et des contractures hystéro-traumatiques est un élément de gravité. Le traitement est plus efficace, ou bien la guérison spontanée a plus de chances de se produire, si ces accidents nerveux isont de date récente. Une contracture ancienne peut s'accompagner d'une rétraction fibreuse des tendons qui, si la rigidité musculaire vient à disparaître, nécessite une iuÉervention chirurgicale pour obtenir le redressement complet du membre.

La guérison, si elle se produit, est généralement rapide. Kilo a lieu, soit spontanément, soit sous l'influence d'une vive émotion morale, comme la frayeur ou la colère, soit encore sous l'influence du traitement. La disparition com- \ûî*ie des troubles de la molilité et de la sensibilité, des stigmates hystériques et de la diathèse de contracture, tel t st le meilleur signe auquel on puisse reconnaître que la guérison est vraiment obtenue. Des rechutes ont été oitsrTvées; elles surviennent parfois sans cause appréciable, le plus souvent à l'occasion d'une émotion morale ou d'uM nouveau traumatisme.

Page 1