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lièrement^mparablesaux symptômes deriiystérie spontanée. Les intoxications de ce genre sont mises au rang des agents provocateurs de rhjstérie. Or il semble que, dans quelques cas de ces hystéries* toxiques, des symptômes neurasthéniques se mêlent aux symptômes hystériques. Ainsi M. G. Guinon * a rapporté un cas d*hystéro-neuras thénie saturnine.
Travail musculaire. — J'incline à penser que le travail musculaire exagéré peut être la cause de l'épuisement nerveux. J'ai récemment observé un cas de neurasthénie chez un forgeron, ouvrier d'un atelier de métallurgie, et qui, depuis dix ans, est employé à des travaux pénibles, exigeant une dépense considérable de force musculaire. Il .ne présente aucun symptôme d'une affection organique quelconque des centres nerveux, mais il est épuisé après une marche de quelques minutes, il est pris de tremble ment à l'occasion d'une émotion, il a souvent de Tinsomnie et se plaint d'une douleur sourde et continue au front et à la nuque. S'il est bien prouvé que le fonctionnement excessif des facultés intellectuelles et affectives produit l'épuisement nerveux durable, il est assez vraisemblable que l'activité longtemps exagérée des centres moteurs du cerveau et de la moelle épinière peut conduire à un semblable résultat.
Affections nerveuses organiques. — M. Cliarcot - vient d'appeler l'attention sur le rôle d'agents provocateurs que jouent à l'égard de l'hystérie certaines affections organiques des centres nerveux, telles que la compression de la
* Guinon, 18S9, Les Agents provocateurs de Vhystériei thèse de Paris, p. ÎIZ.
* Charcot, Leçons du mardi, 1838-89. — G. Guinon. thèse, loc. cit.
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moelle épinière, le tabès, la sclérose en plaques. Or, ce que M. Charcot a dit de Thy stérie peut vraisenrolablement s'appliquer à la neurasthénie. J'ai vu des états neurasthéniques bien caractérisés a^ociés au (abès spasmodique, à Tataxie locomotrice, à la paralysie générale spinale antérieure de Duchenne. La pathogéoie de ces états neurasthéniques secondaires est sans doute complexe. Une lésion organique de la moelle épinière, et particulièrement la sclérose des cordons postérieurs, peut bien retentir sur les centres encéphaliques et médullaires et y provoquer ce trouble intime delà nutrition dont procède la neurasthénie. Il faut tenir compte également des préoccupations morales et de la tristesse profonde qu'entretient dans un esprit cultivé la pensée d'une affection organique imminente ou déjà réalisée, surtout quand il s'agit de l'ataxie, maladie commune et dont les gens du monde les moins éclairés sur les choses de la médecine n'ignorent pas Tincurabilité. Quoi qu*il en soit, les faits de ce genre ne sont peut-être pas exceptionnels, et il est probable qu'un certain nombre de symptômes anormaux, tels que les états d'anxiété, la tachycardie, l'atonie gastro-intestinale grave, qui parfois accompagnent les symptômes réguliers des affections nerveuses organiques, sont imputables à l'immixtion accidentelle d'un état neurasthénique.
Troubles digestifs. Dyspepsies. — C'est une opinion très généralement acceptée que certaines dyspepsies, sans lésion véritable de l'estomac, sont parfois l'origine de symptômes nerveux, tels que céphalée, prostration, palpitations, accès de vertiges. Il y a longtemps que Beau s'est efforcé de rattacher aux troubles dyspeptiques tout un ensemble de phénomènes morbides et de constituer ainsi une sorte de maladie générale à point de départ gastrique.
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Dans ses leçons si connues sur la dilatation de l'estomac, M. Bouchard * propose une conception des états dyspeptiques avec dilatation de l'estomac , très comparable à la théorie de Beau, mais appuyée sur une base plus scientifique. Les troubles de la nutrition générale, ceux du système nerveux et des autres organes seraient dus en majeure partie, soit à l'élaboration imparfaite des aliments, soit à la résorption des produits de fermentations anormales développées dans Testomac malade. Assurément, cette interprétation convient à un certain nombre d*états dyspeptiques; mais je ne crois pas qu'on puisse l'appliquer sans réserve, comme on a beaucoup de tendance à le faire aujourd'hui, au syndrome de la dyspepsie nerveuse, à l'atonie gastro-intestinale neurasthénique.
Dans une série de publications pleines de vues originales sur ce chapitre de la pathologie des voies digestives, M. Glénard^ a conclu d'une façon assez rigoureuse à l'origine gastro-intestinale des états neurasthéniques. Il décrit des modifications particulières de l'abdomen et des viscères abdominaux, dont l'ensemble constitue cecompk^xus anatomo-pathologique qu'il désigne du nom d'^«téroptose. Dans la neurasthénie confirmée, dit-il, l'exploration méthodique du mésogastre décèle quatre signes importants : 1° la flaccidité de l'abdomen, hypotase abdominale; 2** le prolapsus de la masse intestinale, entéroptôse, auquel s'ajoute accessoirement le prolapsus du rein, du foie, de la rate ; 3^ l'étroitesse du gros intestin, enté-
I Bouchartl, Leçons sur Us auto-intoxications^ Paris, 1887.
' {AénvccOi, Dyspepsie nerveuse; détermination d'une espèce, Paris, 18^5. — A propos d'un cas de neurasthénie gastrique^ Paris, 1887. — TfiAîltîment de l'entéroptose (Lyon médical, 1887). — Revue générale sur \u neurasthénie et l'entéroptose (Revue de médecine, janvier 1887.)
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roslénose, dont la conséquence est Tapparitiaii des battements épigastriques ; 4** le clapotement stomacal, ffostroplose et atonie gastrique. Le cycle de ces modifications viscérales débuterait par le prolapsus de l'angle droit du côlon, lequel pourrait être primitif ou secondaire, et, dans ce cas, consécutif à l'atonie gastrique. M. Glénard conclut que le syndrome neurasthénique relève d'un trouble de cette partie abdominale de l'appareil digestif qui siège dans le plan du mésogastre*.
Celte description de l'entéroptose n'est pas seulement tout à fait neuve et originale, elje est aussi très exacte. Toutes ces modifications de forme et de position des Tiscéres abdominaux, je les ai plusieurs fois constatées sur le cadavre, et particulièrement sur le cadavre de femmes dont le corset avait pendant de longues années comprimé et déformé la taille. L'entéroptose est un fait incontestable. C'est une découverte qui fait grand honneur au talent d'observation de M. Glénard. Elle éclaire d'un jour nouveau bien des points obscurs de la pathologie de l'abdomen et des voies digestives. J'ajoute qu'elle a conduit M. Glénard à une conclusion thérapeutique de grande valeur, la compression méthodique de la région sous- ombilicale, traitement très simple et qui soulage cependant un grand nombre de malades. C'est seulement sur une question d'interprétation, c'est-à-dire tout à fait secondaire, que je ne partage pas entièrement les opinions de M. Glénard. Ces troubles de la statique abdominale qui caractérisent Tentéroptosej sont-ils, comme le pense M. Glénard, le vrai substratum de la dyspepsie neurasthénique, et ces phéno * mènes dyspeptiques, Torigine de la neuraslhéiiie elle-
* Glénard, Reçue de médeôinc, 1887 j p. 70i
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même, c'est-à-dire de ces symptômes cérébraux, spinaux et viscéraux dont l'ensemble constitue le tableau clinique de l'épuisement nerveux? Je ne le crois pas. — Il y a dans le tube digestif des nerfs, des âbres musculaires et des glandes, dont les fonctions peuvent être et sont d'ailleurs sérieusement troublées chez les neurasthéniques, bien avant l'apparition des quatre signes de Tentéroptose. (les troubles fonctionnels précoces sont facilement mis en évidence par le cathétérisme de l'estomac. Cette exploration nous renseigne sur la rapidité avec laquelle les ingesta franchissent le pylore, par conséquent sur l'activité des muscles de l'estomac, et aussi sur les modifications du chimisme, c'est-à-dire sur les altérations de la sécrétion gastrique. Or, depuis que j'examine un grand nombre de malades à l'aide de cette nouvelle méthode d'investigation, je suis convaincu que le substratum de la dyspepsie neurasthénique réside précisément dans ces troubles des innervations motrice et glandulaire deTestomac. — Reste la seconde question, celle de la subordination des symptômes neurasthéniques aux troubles des voies digestives, ou, suivant l'expression de M. Glénard, de cette partie de l'appareil digestif qui siège dans le plan du mésogastre. (îelte question ne peut être résolue que par l'observation clinique. Or, comme le fait observer M. Charcot, un certain nombre de neurasthéniques avérés n'ont pas de troubles digestifs. J'en connais beaucoup qui ne présentent en aucune façon les signes de l'entéroptose, et d'autres chez lesquels la motilitéetle cliimisme de l'estomac sont restés indemnes. 11 n'est pas rare de voir la dyspepsie neurasthéniqye débuter brusquement, en même temps que les symptômes cardinaux de la neurasthénie, la céphalée, Tinsomnie, b dépression cérébrale et l'asthénie motrice.
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à la suite de ces émotions morales, fortes et durables, qui sont la cause commune de l'épuisement nerveux. Le même début soudain des troubles digestifs est encore observé après les traumatismes qui provoquent le développement de l'hystéro -neurasthénie. Bien plus, les phénomènes dyspeptiques, du moins dans le premier degré de Tatonie gastro- intestinale neurasthénique, suivent parfois d'une façon remarquable les variations des symptômes cérébraux. Comment expliquer les faits de ce genre, et ils ne sont pas rares, avec l'hypothèse de la subordination des sj'mptômes neurasthéniques aux troubles digestifs? La dyspepsie est secondaire; elle est l'effet, non la cause, delà névrose. Telle est la conclusion de M. Charcot * : « Chez les neurasthéniques, dit-il, même quand il y a dilatation gastrique habituelle, cela est subordonné aux phénomènes nerveux cardinaux. )>
Il est certain que de vrais neurasthéniques présentent les signes de Tentéroptose. Ils sont très amaigris, et cet amaigrissement est dû à l'intensité et à la longue durée des troubles digestifs dont ils souffrent. Chez ces malades, Tentéroptose est, comme la dilatation dont parlait tout à l'heure M. Charcot, non pas la cause de la névrose, mais bien le résultat, précoce ou tardif, de l'atonie gastro -intestinale, laquelle procède elle-même de l'épuisement nerveux, au même titre que tous les autres symptômes de cet état morbide. Telle est la place qu'il convient de faire à Fentéroptose dans la pathologie de la neurasthénie.
Mais l'entéroptose existe ailleurs. C'est même une affection commune. On la rencontre souvent chez les femmes dont la paroi abdominale est relâchée par la grossesse,
« Charcot, Leçons du mardis iSS^-SS, p. 518.
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dont la taille est depuis longtemps déformée par la constriction excessive du corset. Les grandes dilatatations de Testomac, quelle qu'en soit l'origine, conduisent aussi à Tentéroptose. 11 est certain que beaucoup des sensations pénibles qu'éprouvent tous ces malades dans le ventre, dans les reins, dans le dos, sont imputables aux modifications de la statique abdominale. La preuve en est donnée par les résultats du traitement. Seulement, tous ces malaises, toutes ces douleurs abdominales, lombaires et dorsales, ne sont pas la neurasthénie, à moins qu'il ne soit plus permis de souffrir dans le ventre sans être qualifié de neurasthénique.
Cette tendance à placer le point de départ de la neurasthénie dans l'estomac malade rappelle tout à fait Terreur des pathologistes qui, pendant longtemps, faisaient naître l'hj^stérie de l'utérus ou des ovaires. Nous savons bien aujourd'hui que l'hystérie est une névrose cérébrale et que les troubles fonctionnels de l'utérus et des ovaires ne sont que des symptômes de la névrose hystérique. Il en est de même de la neurasthénie. La dyspepsie doit être envisagée, quand elle accompagne les symptômes neurasthéniques, non comme une cause, mais bien comme le résultat d'un trouble primitif survenu dans les fonctions du système nerveux. J'incline même à penser qu'il faut restreindre beaucoup le groupe des phénomènes réflexes à point de départ gastrique. Ainsi, la plupart des dyspep- • #^.^wi tiques atteints de vertiges et de palpitations sont des neurasthéniques, chez lesquels ces troubles fonctionnels du cœur et du cerveau sont causés, bien plus par l'épuisement nerveux lui-même, que par la souffrance des voies diges— tives.
Cette question de pathogénie n*est pas sans importance