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EFFETS DES AUTO-INTOXICATIONS SUR LE SYSTEME NERVEUX

perturbation introduite dans les mutations nutritives des centres nerveux. Quoiqu'il en soit, cette neurasthénie ne ressemble pas à la précédente et se rapproche de la neurasthénie essentielle surtout si le malade qui en est atteint a préalablement subi les violences d'une commotion physique ou morale.

Quand les produits de l'auto-intoxication ou de la toxi-infection, pour me servir de l'expression actuellement adoptée, sont abondamment répandus dans les principaux appareils de l'organisme les accidents nerveux sont graves.

Ces matériaux incontestablement infectés sont dus à une vicieuse élaboration des aliments introduits dans notre corps, à des productions toxiques d'origine microbienne et à des sécrétions défectueuses de quelques appareils glandulaires. Après avoir subi plusieurs transformations difficiles à préciser et après avoir provoqué certains dégâts plus aisément reconnaissables, ils arrivent, comme je l'ai déjà dit, par les voies lymphatiques et sanguines jusque dans l'encéphale, apportant aux cellules des éléments dont l'impureté contribue à paralyser leur tâche régénératrice. Dès ce moment les échanges de matières et les combinaisons chimiques perdent leur régularité, les vaisseaux subissent une altération progressive, l'irritabilité fonctionnelle des tissus et l'irritabilité nutritive des cellules formatrices se trouvent absolument perverties. C'est alors que ces produits toxiinfectieux, en prenant possession de leur résidence cérébrale, provoquent des désordres qui deviennent très graves si la. constitution du malade est vulnérable et si le système nerveux n'a pas la force de lutter contre leur invasion. Dans ces conditions on ne tarde pas avoir surgir des maladies encéphaliques très redoutables dont le prologue est quelquefois constitué par de vulgaires accès de neurasthénie. Mais, hélas ! ces manifestations névropathiques sont très fugitives et se trouvent bientôt remplacées par des accents pathologiques plus menaçants. Dans ces cas particuliers la neurasthénie n'a qu'un rôle prémonitoire sans importance. Cependant, après avoir figuré dans le prélude de l'affection cérébrale, elle reparaît quelquefois épisodiquement quand les désastres encéphaliques ont pu être amendés ; mais ses traits distinctifs sont tellement-effacés qu'ils deviennent méconnaissables. On est bien forcé de reléguer la névrose à l'arrière plan de cet état morbide et de lui donner le nom de neurasthénie symptomatique.

Du neuro-arthritisme. — Son influence sui* le développement de la neurasthénie. — Les travaux du professeur Bouchard sur les

auto-intoxications sont, je le répète, en tout points extrêmement remarquables. Ceux qu'il a consacrés au mode de développement des maladies de la-nutrition et en particulier duneuro-arthritisme ont une très grande amplitude et possèdent un rayonnement plus étendu. Il faut lire et relire sans se lasser ce magnifique livre dans lequel il expose le rôle que jouent les accélérations, les ralentissements ou les perversions du mouvement nutritif dans le prélude et la floraison du neuro-arthritisme. On y trouve une ingénieuse étude sur les diathèses en général considérées par lui comme des prédispositions organiques formant la première étape des maladies de la nutrition.

Soutenu par des investigations poursuivies avec autant de persévérance que de perspicacité, il a eu l'idée presque géniale de réunir plusieurs maladies absolument disparates et de former avec elles un bloc patbologique imposant auquel il a donné le nom de neuroarthritisme. Dans ce groupe morbide qui a presque toujours pour point de départ une nutrition incorrecte ou ralentie figurent la goutte, l'uricémie des Américains, quelques variétés du rhumatisme, la migraine, l'asthme, la gravelle, la lithiase biliaire, le diabète, avec ou sans albuminurie, l'obésité, certaines maladies de la peau, du tube uastro-intestinal ou de ses annexes et des affections du svstème nerveux.

Ces divers états pathologiques sont tributaires des auto-intoxications et des toxi-infections engendrées par la virulence de certains microbes ou par l'impureté de quelques-unes de nos sécrétions organiques. Sous l'influence de ce double empoisonnement le corps devient le dépositaire de substances dont le séjour prolongé peut être nuisible. Lorsque ces substances sont incorrectement transformées ou élaborées d'une façon languissante, elles retardent les échanges de matières et vicient les oxydations de certains acides qui, n'ayant pas une élimination suffisante, occasionnent par ce retard souvent imprévu les divers états morbides que je viens d'énumérer. Si par exemple l'élimination de l'acide uriquc ou des matières azotées se trouve entravée, la goutte et la gravelle peuvent faire leur apparition. Si c'est la cholestérine qui se trouve retardée à sa sortie, il faut craindre la lithiase biliaire. La tardive expulsion du sucre amène le diabète, celle de la graisse prépare l'obésité, etc.

Les principes immédiats autres que les précédents peuvent, eux aussi, être transformés avec trop de lenteur et donner lieu à de nombreuses perturbations. C'est ainsi notamment que les névroses sont souvent la conséquence d'un ralentissement de la nutrition qui expose le système nerveux à perdre le phosphore dont il a besoin.

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