‹ La neurasthénieChapitre 112 sur 163 · TROUBLES PRÉMONITOIRES DU DIABÈTE · texte numérisé non relu

TROUBLES PRÉMONITOIRES DU DIABÈTE

Quelques diabétiques conservent un teint frais, un embonpoint enviable jusqu'à l'extrême vieillesse; ils mangent beaucoup et supportent vaillamment toutes les épreuves engendrées par leur affection. D'autres sont obligés pour vivre de recourir à leur propre substance, perdent beaucoup de phospbore ou d'urée et maigrissent parfois d'une façon désastreuse.

Chez tous ces malades le diabète peut se manifester franchement; mais souvent il s'installe d'une manière insidieuse et ne révèle son » existence ou plutôt ne la fait soupçonner qu'en produisant dans l'organisme des phénomènes qu'il faut étudier avec soin si l'on veut être en mesure de dépister convenablement leur origine.

Dans ce groupe de perturbations mal dessinées il faut signaler la fatigue musculaire survenant sans motif appréciable, l'horreur de la marche, l'engourdissement des jambes et des bras, des crampes insolites, des convulsions inexplicables, des tremblements désordonnés, la parésie et parfois la pseudo-paralysie des extrémités, une insensibilité flagrante disséminée sur certaines sections de la surface cutanée, des abaissements imprévus ou une augmentation relative de la température du corps, des sueurs irrégulières, la sécheresse de la bouche, des démangeaisons et des troubles trophiques de la peau, du prurit vulvaire, un affaiblissement plus ou moins marqué du sens génital, des névralgies variées, localisées dans les nerfs dentaires et surtout dans les nerfs sciatiques parfois attaqués en même temps, une grande irascibilité, de l'asthénie cérébro-médullaire, des phobies passagères, de la tristesse, de la mélancolie, de l'insomnie et une série de désordres fugitifs qu'on retrouve dans la plupart des névroses.

Ce tableau symptomatique permet de soupçonner l'existence du diabète ; mais il autorise aussi à croire au développement de la maladie deBeard. Ces deux affections peuvent exister simultanément, et, dès lors il devient très difficile de savoir quelle est celle qui a commencé la scène morbide. ïl faut, pour établir -leur véritable chronologie, préciser leur mode de succession et découvrir les liens qui les unissent se livrera de sérieuses et patientes recherches.

Les phénomènes dont je viens de parler, joints à d'autres manifestations pathologiques observées fréquemment chez les neuroarthritiques, font partie du cortège prémonitoire qui annonce l'arrivée du diabète ou autorisent à redouter sa présence. Ils ne sont pas tous, bien entendu, agglomérés sur le même patient qui, malheureusement, — et mon observation personnelle m'autorise à le dire, — en possède souvent un assez grand nombre. Us forment alors un ensemble

Page 1