CONCEPTION DU DIABÈTE. — THÉORIE DE BOUCHARD
pathologique qui exige sans retard un examen sévère du liquide sanguin, des urines et de toutes nos humeurs. Cette analyse a une importance capitale. C'est elle qui révèle au médecin que son malade a de l'uricémie, de la phosphaturie, de Foxalurie, de l'azoturie, de l'albuminurie ou tout simplement le diabète.
Cette découverte a une importance irrécusable. Mais pour que le médecin soit complètement édifié sur la nature du mal dont son client est atteint, il faut qu'il recherche avec une persévérance inlassable les causes qui l'ont provoqué. Il semble, au premier abord, qu'on puisse attribuer le trouble de sécrétion qui constitue le diabète à une opération incorrecte accomplie dans les organes où s'élaborent les matériaux qui servent aux échanges nutritifs ; et l'on accuse souvent le foie et le pancréas, ces deux glandes conjuguées, de produire cette aberration des actes d'assimilation et de désassimilation.
Cette conception du diabète a pour point d'appui les données scientifiques magistralement exposées dans les théories que l'évolution de cette maladie de la nutrition a inspirées à Cl. Bernard, à Rolle et à de Procet, à Bouchardat, à Mialhe, à Lecorché, à Jaccoud, à Bouchard, à Chauveau et aux nombreux médecins de l'époque actuelle qui ont voulu résoudre ce problème pathologique.
De ces multiples théories il semble résulter que la glycosurie est constituée par une altération générale de l'organisme placée sous la dépendance d'une prédisposition héréditaire ou acquise, correspondant à une viciation du sang probablement produite par un ferment et à une perturbation nerveuse pouvant, selon les circonstances, accélérer, ralentir ou simplement pervertir les fonctions de la nutrition.
Les immenses travaux du professeur Bouchard ont démontré que le diabète appartient à la grande famille des maladies arthritiques qui renferme les goutteux, les rhumatisants, les calculeux, les eczémateux, les obèses, les migraineux,' les asthmatiques, etc. Ce n'est pas à une coïncidence fortuite qu'il faut attribuer chez les arthritiques l'agglomération de ces divers états morbides qui ont les uns sur les autres une influence réciproque parce qu'ils trouvent tous leur origine dans un trouble de la nutrition. Si l'aberration des échanges porte exclusivement sur l'élaboration de la matière sucrée, elle donne naissance au diabète.
On voit le rôle que j'attribue à l'influence humorale dans la production de la glycosurie ; mais je me hâte d'ajouter que le système nerveux exerce sur le développement de cette maladie une action génératrice très puissante en jetant un grand désarroi dans les mutations