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THÉORIE DE CHAUVEAU SUR LE DIABÈTE

nutritives. Quelquefois les anomalies qu'il produit sont passagères et nous savons tous qu'une simple perturbation psychique peut provoquer très rapidement l'émission d'une urine sucrée chez des personnes qui ont une bonne santé et exagérer momentanément la proportion du sucre dans le liquide rénal des glycosuriques de vieille date.

Les neurasthéniques ont parfois dans le cours de leur névrose un diabète de hasard qui permet d'entrevoir les relations incontestables de celte maladie de la nutrition avec le syndrome de Beard. Il n'est pas rare, en effet, de voir des malades chez lesquels les symptômes de ces deux états morbides paraissent avoir les uns sur les autres une action causale nettement accentuée.

Ce diabète neurasthénique qui peut n'être qu'une neurasthénie diabétique est assez fréquent. Il est le résultat d'un vice constitutionnel, presque toujours d'origine arthritique, d'une tare héréditaire spéciale ou d'une imprévoyance personnelle et surtout d'une perturbation nerveuse dont la neurasthénie est la plus éclatante expression.

Je dois placer à côté de ce diabète essentiel, celui qui est le symptôme d'une lésion des centres nerveux ou celui qui dépend d'une altération organique du foie et du pancréas. Ce dernier figure dans les cadres de notre nosologie grâce aux travaux des professeurs Lancereaux, Lépine et Renaut (de Lyon), et surtout de l'inspecteur général Chauveau qui a dernièrement résumé ses nouvelles recherches dont les premières datent de cinquante ans. Il dit : « L'hyperglycémie diabétique, qu'elle provienne d'une maladie organique ou du pancréas, d'une lésion des centres cérébro-médullaires ou de tout autre perturbation, reconnaît toujours pour cause un excès de production glycosique et non un arrêt ou un ralentissement de la dépense du sucre dans les vaisseaux capillaires. »

Cette manière de voir n'altère pas la doctrine du professeur Bouchard pour qui le diabète sucré est une maladie générale de la nutrition caractérisée primitivement et essentiellement par une insuffisance des actes de l'assimilation, et en particulier, par un défaut de la consommation du sucre dans les éléments anatomiques. C'est en se basant sur la diminution de l'acide carbonique exhalé par les diabétiques, et, principalement sur les affinités morbides du diabète que l'éminent professeur de la Faculté de Paris a rangé cette affection dans la classe des maladies dues à un ralentissement de la nutrition. Bien que ce ralentissement ne concorde pas avec la phosphaturie et l'azoturie qui épuisent parfois les glycosuriques dont quelques-uns

ACTION Dl SYSTÈME NERVEUX SUR LE DÉVELOPPEMENT DU DIA1SÈTE. 299

accusent une très grande excitation fonctionnelle, il faut reconnaître que la diminution des mouvements respiratoires, la faible quantité d'acide carbonique expiré et l'abaissement de la température normale du corps sont des phénomènes qui semblent révéler une nutrition amoindrie.

Quelle que soit la théorie adoptée et quelle que soit la figuration du diabète, on doit admettre que le foie qui est l'organe glycogène et que le pancréas qui est le co-associé de la glande hépatique peuvent être excités ou amoindris dans leur activité spéciale et se trouvent par ce fait entravés dans leur mission d'emmagasiner le sucre destiné aux besoins de l'organisme. Cette perturbation qui, sans le concours d'autres causes, est capable d'inonder les urines de sucre, dérive souvent d'une lésion ou d'un trouble fonctionnel du système nerveux. Cette même perturbation, si funeste aux actes de la nutrition est causée par les altérations spéciales que les maladies infectieuses et les intoxications infligent aux éléments du liquide sanguin et à la constitution même de nos cellules organiques.

On peut donc dire que l'action morbide du diabète se concentre dans les organes où s'accomplit la transformation du sucre. Elle se répand ensuite dans tout l'organisme en prenant pour agent de propagande le système nerveux et le système sanguin.

Je demande pardon à mes lecteurs de les avoir entraînés dans ce domaine spécial où les théories du diabète régnent en souveraines maîtresses. J'avais besoin d'y pénétrer pour bien étudier les affinités de la glycosurie et de la neurasthénie et pour demander à ces doctrines germinatrices les indications capables de guider la thérapeutique de ces deux affections.

C'est là que j'ai pu récolter tous les renseignements dont j'avais besoin pour formuler le traitement hydrothérapique qui convient à chacune d'elles. Je dois une description à cette cure spéciale dans un un fascicule qui est, en définitive, consacré à l'action de l'hydrothérapie sur les diverses formes de la neurasthénie.

Les considérations qui précèdent m'ont permis d'indiquer le rôle important que joue le système nerveux dans la production du sucre et dans son défaut d'assimilation par les tissus. Bien que je ne le rende pas responsable de tous les désastres occasionnés par cette aberration organique, je puis affirmer qu'il exerce sur la marche du diabète une influence considérable, surtout quand son pouvoir contrôleur est ébranlé par la neurasthénie. J'ai montré, d'autre part, que la maladie de Beard était quelquefois sous la dépendance de la glycosurie et pou-

vait être aggravée par elle. Dans ces cas qui sont toujours difficiles à analyser, l'hydrothérapie peut rendre les plus grands services. Mais pour que sa valeur curative conserve sa puissance, il faut que le choix des procédés mis en œuvre corresponde à la nature des manifestations morbides développées chez les malades. Je vais essayer d'être plus explicite.

Lorsque les diabétiques ont une grande excitabilité nerveuse et que la transformation du sucre se montre chez eux trop rapide ou trop exagérée, il faut recourir à la douche sédative. On l'administre de préférence, ainsi que je l'ai déjà dit plusieurs fois, avec un conduit mobile terminé par une grande pomme d'arrosoir très régulièrement trouée. Dans ce cas spécial la douche avec la pomme d'arrosoir est préférable à la douche en jet proprement dite qui s'épanouit avec moins de régularité et qui a parfois l'inconvénient de provoquer un grand refoulement du sang vers les régions intérieures. On donne à l'eau une température qui varie, selon la susceptibilité des malades, entre le trente-troisième et le trente- septième degré de la thermométrie centigrade ; dans ces limites elle ne provoque aucune sensation troublante de chaud ou de froid. Il importe que cette douche n'ait pas une grande force de projection et soit très également et très doucement répandue sur toute la surface du corps. Sa durée est basée sur la nature des effets thérapeuthiques qu'on veut produire, courte si le patient est très affaibli, et assez longue (trois minutes environ) s'il possède une résistance suffisante. On peut toujours la prolonger davantage et même la localiser sur les côtés de la colonne vertébrale quand le malade atteint de neurasthénie diabétique est importuné par des actions réflexes morbides trop nombreuses, trop vives ou trop désordonnées.

Bien que le patient éprouve quelquefois, après l'application de ce procédé hydrothérapique, un léger refroidissement, il ne me semble pas nécessaire de ramener la chaleur à la peau par des frictions énergiques. Ce ralentissement dans l'arrivée de la réaction est souvent salutaire; et on ne doit s'en préoccuper que chez les diabétiques qui sont disposés à se refroidir trop facilement. Dans ce cas spécial, il est utile de faire précéder la douche sédative par une douche cbaude générale qui est préférable pour eux aux autres agents du calorique et surtout aux procédés de sudation.

Telle est la douche sédative vraiment classique qu'on peut employer en toute sécurité contre l'excitabilité nerveuse qui accompagne souvent la neurasthénie diabétique. Quelquefois il est nécessaire

l'hydrothérapie dans la Neurasthénie diabétique. 301

de la modifier dans ses applications, de la rafraîchir ou de la réchauffer, de la prolonger ou de la racourcir, de la rendre plus vigoureuse ou plus caressante pour l'adapter à la susceptibilité ou aux bizarreries du patient. Ces changements sont faciles quand on a à sa disposition un appareil hydro-mélangeur bien organisé. Grâce à cet instrument on peut toujours, séance tenante, trouver la température et la force de projection de la douche qui répond le mieux aux exigences de ces malades récalcitrants.

Parfois on se trouve en présence de diabétiques qui, tout en ayant l'aspect d'une santé très florissante, offrent les caractères de la neurasthénie dépressive. Pour combattre cette faiblesse fonctionnelle qui concorde toujours avec un véritable ralentissement de tous les actes de la nutrition, on devra se hâter de substituer à la douche sédative la douche froide qui, dans ce cas spécial, doit obéir à des règles d'application très précises. On aura recours à la douche mobile en arrosoir ou en jet bien préférables à la pluie verticale souvent trop excitante pour le malade et parfois indocile à la volonté du médecin. On projettera l'eau très rapidement sur tout le corps, en ne mouillant la tète qu'avec une certaine réserve et en terminant l'opération par une vigoureuse aspersion lancée sur les membres et sur les régions inférieures. Cette douche froide doit être très courte, doucement et également répartie sur la surface cutanée afin de ne pas refouler trop brusquement le sang vers les organes profonds. On peut dans beaucoup de cas, surtout au début du traitement, se contenter d'une douche de cinq à six secondes, qu'il est du reste aisé de prolonger d'avantage si le malade réagit facilement contre l'attaque du froid. C'est bien la douche qui convient aux neurasthéniques affaiblis par le diabète.

Cette application doit être complétée par des frictions et par un exercice musculaire. Il faut que les frictions soit douces pour ne pas trop irriter la peau et que l'exercice soit toujours modéré afin d'éviter à l'organisme une accumulation de déchets souvent difficiles à éliminer. Ces manœuvres sagement exécutées n'affaiblissent jamais les malades ; elles les fortifient.

Si la clinique n'avait à présenter à notre observation que les neuro-diabétiques dont je viens d'indiquer la silhouette, la besogne du médecin traitant, quoique délicate à certaines heures, serait relativement facile. Malheureusement les neurasthéniques de cette catégorie n'ont pas toujours une expression symptomatique très nettement dessinée; ils sont tour à tour très excités ou foncièrement

302 action de l'hydrothérapie sur les accidents de la neurasthénie diabétique.

abattus et les désordres morbides dont ils sont atteints paraissent être rattachés non seulement au diabète, mais aussi à la goutte, au rhumathisme abarticulaire, à la gravelle, à la lithiase biliaire, à la migraine, à l'obésité, à quelques affections de la peau ou des nerfs. Ces malades si diversement touchés offrent un tableau pathologique où se dessinent les phénomènes morbides les plus variés et les plus discordants. Cette sorte d'association clandestine si bien dévoilée par le professeur Bouchard est souvent observée dans les établissements hydrothérapiques. Elle peut être dispersée par ce que j'appelle la douche à température variable, mixte ou combinée. C'est, en effet, ce procédé qui convient le mieux à cette cohorte d'œgrotants chez lesquels les désordres neurasthéniques sont toujours associés à des aberrations, aussi bizarres que changeantes, de tous les actes de la nutrition; c'est une douche qu'on administre avec l'appareil hydro-mélangeur et dont la température et la force de percussion doivent pouvoir varier instantanément au gré de l'opérateur. Fidèle à ces données thérapeutiques, je commence toujours le traitement par une douche agréablement chaude que je modifie, séance tenante, afin de trouver même dans cette première séance l'application hydrothérapique qui s'adapte le mieux à la susceptibilité des malades ou à leur exig-ence et surtout à l'allure des symptômes prédominants.

Aux malades qui ont besoin d'être à la fois calmés et tonifiés j'administre une douche tempérée plus ou moins longue immédiatement suivie d'une douche rafraîchie ou même froide qui doit être toujours de très courte durée.

A quelques neuro-diabétiques je donne parfois dès le début de la cure une douche froide. Certains d'entr'eux la supportent merveilleusement, d'autres ne possèdent pas la même tolérance. Pour éviter à ces derniers un ébranlement nerveux qui peut devenir nuisible et même augmenter la quantité de sucre dans les urines, je leur donne une douche chaude assez courte. Plus tard je rafraîchis progressivement cette douche qui, ainsi modifiée, acquiert le privilèg-e d'apaiser les accidents neurasthéniques, d'entraver la marche du diabète et de régulariser les actes de la nutrition.

Quelques neurasthéniques éprouvés par le diabète sont sujets à des sensations de refroidissement qui disparaissent facilement sous l'influence de douches chaudes g-énérales. D'autres sont, au contraire, incommodés par une sensation de chaleur qui se répand dans presque toute l'étendue de la peau et qui est souvent suivie d'une transpiration assez abondante. On parvient à les apaiser en les arrosant avec

une douche plus ou moins rafraîchie qu'ils i eçoivent avec grand plaisir.

Dans le cas où ces neuro-diabétiques se trouvent importunés par des douleurs localisées dans les faisceaux musculaires ou dans les plexus nerveux, c'est à la douche chaude et à la douche écossaise à changement brusque ou progressif qu'il faut avoir recours.

Si ces malades ont des démangeaisons cutanées, des prurits, des dermites, ou des poussées de lichen, d'urticaire ou d'eczéma, s'ils présentent en un mot des signes de dermato-névrose. il faut sans hésiter employer la douche sédative en observant, bien entendu, les préceptes techniques qui règlent son application.

Telles sont les principales douches qu'on peut appliquer aux malades chez lesquels on constate l'association des principaux symptômes du diabète et de la neurasthénie. On peut aisément les combiner aux médications et au régime qu'exigent ces deux maladies et contribuer par cette alliance à constituer un traitement toujours salutaire.

Influence des dystrophies sur la neurasthénie. Manifestations neurasthéniques associées ù la chlorose et au chloro-brightisme. — Personne n'ignore que les dystrophies, en altérant les éléments bistologiques de nos tissus et de nos humeurs ou en compromettant leur énergie fonctionnelle, impriment au système nerveux des dispositions fâcheuses qui facilitent l'explosion de la- neurasthénie. Cette intluence est surtout appréciable dans la chlorose et même dans cet état morbide spécial que le professeur Dieulafoy a fort bien décrit sous le nom de chloro-brightisme.

La chlorose est une maladie de la puberté que l'on considère comme l'apanage exclusif du sexe féminin. La peau des personnes atteintes de cette affection a l'aspect de la cire vierge rellétant presque toujours une teinte verdàtre assez prononcée. Cependant, il existe quelques jeunes filles qui présentent les signes de ce qu'on appelle la chlorose rouge ; elles ont des joues empourprées, mais leurs lèvres restent complètement décolorées. Presque toutes les chlorotiques ont des palpitations, des souflles cardiaques très accusés et de la dyspnée. Elles ont aussi de l'inappétence, de l'atonie stomacale, de la dyspepsie, de la constipation ; et il n'est pas rare qu'à ces troubles digestifs viennent se joindre une congestion ou une insuffisance du foie, de la rate et des reins.

Ces malades présentent assez fréquemment îles perturbations génitales très variées qui peuvent se traduire, selon les circonstances, par de l'aménorrhée, de la dysménorrhée et de la ménorrhagie.

Dans la chlorose la composition du liquide sanguin est manifestement altérée, mais les recherches hématologiques sont incertaines dans leurs résultats; elles ne permettent d'affirmer que l'absence ou plutôt la diminution de l'hémoglobine.

En revanche on peut déclarer, sans crainte d'être contredit, que les chlorotiques sont à peu près toutes des névropathes. Les unes appartiennent au clan des hystériques; les autres à celui des neurasthéniques. Je ne dois ici m'occuper que de ces dernières. Je pourrais en inventorier un très grand nombre, mais j'ai préféré limiter mon choix et choisir notamment parmi mes observations celle qui m'a semblé la plus intéressante et la plus digne d'être publiée.

Type CXIX. — Neurasthénie et chlorose.

C'est celui d'une jeune fille qui, après avoir été démesurément surprise par une violente émotion, ressentit tout à coup des douleurs céphaliques et lombaires insupportables et fut presque terrassée par une lassitude invincible. Cette secousse inattendue obnubila ses facultés intellectuelles et rendit sa mémoire complètement rebelle. Son esprit fut promptement importuné par des idées mélancoliques et hypocondriaques ; son caractère, ordinairement doux et facile, devint assez rapidement irascible. L'appareil digestif perdit son activité fonctionnelle, son cœur fut troublé par des palpitations épouvantables et son pouls eut des battements accélérés semblables à ceux qui accompagnent la tachycardie.

Elle perdit le sommeil, vit ses forces diminuer progressivement et tomba finalement dans une prostration digne de pitié.

Le médecin envoya sa malade à la campagne et la soumit à un traitement à la fois sédatif et reconstituant qui produisit un sérieux rétablissement. Quelque temps après sa rentrée à Paris, elle reprit ses habitudes mondaines et put même en toute sécurité contracter un mariage selon son cœur.

Elle eut plusieurs enfants dont la venue ne provoqua aucun accident et son existence fut très heureuse. Mais hélas ! son bonheur fut bientôt interrompu ; son fils aîné tomba très gravement malade. Elle le soigna avec le plus grand dévouement ; malheureusement, sa sollicitude maternelle, soumise à de cruelles épreuves, épuisa ses forces et provoqua l'explosion d'un état chlorotique très caractérisé après lequel survinrent les accidents neurasthéniques qui l'avaient autrefois si fortement éprouvée.

ACTION DE L'HYDROTHÉRAPIE SUR LA CHLOROSE ASSOCIÉE A LA NEURASTHÉNIE. 305

C'est à ce moment que je vis eette malade pour la première fois et que j'appris son histoire pathologique. Elle suivit pendant plus de trois mois et avec une régularité exemplaire le traitement hydrotherapique qui lui fut ordonné. Les douches sédatives employées tout d'abord furent bientôt remplacées par des douches progressivement refroidies et plus tard par des douches franchement reconstituantes. Cette série d'applications eut un très heureux résultat.

Cette observation renferme des enseignements cliniques très intéressants. Elle confirme la valeur curative de l'hydrothérapie dans la chlorose et dans la neurasthénie, et, démontre surtout qu'il existe entre ces deux états morbides des relations incontestables qu'il faut bien connaître si l'on veut donner à la thérapeutique une direction rationnelle.

Que voit-on, en effet, en examinant avec soin l'évolution des nombreux phénomènes pathologiques développés chez la malade dont il est ici question ? On constate d'abord l'apparition d'une véritable neurasthénie provoquée par une émotion s'abattant brutalement sur un organisme compromis par de fâcheuses influences héréditaires. Cette névrose, accompagnée de ses traits fondamentaux, suit tout d'abord un cours régulier; mais elle ne tarde pas à perdre son indépendance qui, à un moment donné est manifestement troublée par l'invasion progressive des véritables symptômes de la chlorose. Dans ce cas spécial, il est indéniable que la chlorose a succédé à la neurasthénie et s'est alliée avec elle. La névrose a-t-elle ici joué le rôle de cause et peut-on l'accuser d'avoir déterminé l'explosion de la maladie dystrophique? On peut certainement l'admettre ; et, bien qu'il me semble difficile de fournir les preuves matérielles de cette genèse spéciale, il est légitimement permis de croire que la neurasthénie n'a pas été étrangère à l'avènement de la chlorose.

D'autre part, on voit la même malade atteinte, après plusieurs années d'accalmie, d'une chlorose évoluant isolément et remplacée plus tard par un véritable accès de neurasthénie. Faut-il voir dans cette succession chronologique une simple coïncidence ou bien supposer qu'il existe entre ces deux maladies une affinité obéissant à une cause ucivoque capable de se manifester par îles symptômes presque analogues"? Cette dernière hypothèse est probable. C'est, je crois, celle que visait Trousseau, lorsque, dans une de ses mémorables leçons faites à une époque où la neurasthénie n'avait pas encore pris sa place dans le cadre nosologique, il nous disait: « Bien que la chlorose ait pour caractère essentiel une altération du sang1 et un

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