‹ La neurasthénieChapitre 115 sur 163 · NEURASTHÉNIE, — CHLORO-BRIÙHTI<ME · texte numérisé non relu

NEURASTHÉNIE, — CHLORO-BRIÙHTI<ME

appauvrissement des principaux organes, je crois qu'on peut considérer cette maladie comme une affection d'origine nerveuse. »

Les nombreux cas de chlorose que j'ai pu observer viennent à l'appui de cette affirmation magistrale. Il me paraît inutile d'en faire ici l'énumération qui, je le crois, n'agrandirait pas la portée de l'aphorisme du célèbre professeur de l'Hùtel-Dieu de Paris.

Type CXX. — Neurasthénie. — Chloro-brightisme.

Je veux citer dans ce type l'exemple d'une malade atteinte de cet état morbide que le professeur Dieulafoy a le premier signalé à l'attention des médecins et auquel il a donné le nom de chlorobrightisme. Cette jeune femme présentait les signes de la chlorose ; elle avait en même temps des accidents neurasthéniques manifestement associés à des symptômes que le professeur Dieulafoy attribue avec raison au chloro-brightisme. Elle était éprouvée à chaque instant par des accès de dyspnée, souvent compliqués d'une défaillance cardiaque qui frisait parfois 1 évanouissement. Elle avait pendant la nuit de fréquentes envies d'uriner, ne pouvait jamais se réchauffer les genoux et les pieds et présentait de temps en temps les phénomènes du doigt mort. On voyait sur ses paupières et sur ses malléoles des gonflements œdémateux très nettement appréciables. Les urines très scrupuleusement analysées au lieu de révéler une diminution dans le coefficient des phosphates et de l'urée telle qu'on la constate presque toujours chez les chlorotiques atteintes de la maladie de Beard, dévoilèrent l'existence d'une petite dose d'albumine.

Cette jeune malade présentait évidemment la symptomatologie du chloro-brightisme. Mais en même temps elle avait des accidents neurasthéniques qui avaient précédé, accompagné et suivi l'évolution de cette maladie. Cette association de phénomènes autorise-t-elle à supposer que la neurasthénie est sous la dépendance du chloro-brightisme et réciproquement que le chloro-brightisme peut subir celle de la neurasthénie? Les faits ne sont pas assez probants pour formuler sur ce point une opinion catégorique ; mais ils me paraissent assez démonstratifs pour constater qu'il y a entre ces deux états morbides des accointances et même des affinités qui peuvent éclairer la thérapeutique de ces deux affections.

Pour venir à l'appui de celte thèse je n'ai qu'à compléter l'observation de la malade qui figure dans ce type et à mentionner notamment le traitement qui lui fut ordonné.

On lui conseilla, en effet, le régime lacté dont l'usage longtemps

DE L'HYDROTHÉRAPIE CHEZ LES NEURASTHENIQUES ATTEINTS DE CHLORO-BRIGHT1SME. 307

prolongé modifia profondément ses fonctions nutritives et on lui prescrivit en même temps l'hydrothérapie qui, sous la forme d'une douche générale agréablement chaude et assez courte, l'aida à retrouver son activité vitale et à développer l'énergie de son système nerveux. Cette douche qui est celle, du reste, qu'on utilise avec succès chez les malades atteints d'albuminurie produit par sa température bien choisie une action apaisante sur les nerfs et par sa brièveté une douce stimulation de l'organisme tout entier.

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