NEURASTHÉNIE. — TABÈS D'ORIGINE SYPHILITIQUE
bien significatif dans lequel on voit la neurasthénie servir de prodrome à ce tabès, laisser survivre ses symptômes à côté de ceux qui ont fait une apparition passagère et probablement prémonitoire dans les voies génitales et dans le domaine du nerf pneumo-gastrique, et, s'évanouir ensuite pour laisser la place libre à -l'évolution des symptômes caractérisques du tabès.
Je regrette de n'avoir pas pu savoir si letabétique dont je viens de conter l'histoire était un syphilitique. Cette ignorance me condamne à réserver mon opinion sur la nature de cette maladie. Quoique privé de tous les éléments qui pourraient éclairer sa véritable pathogénie, je suis obligé de dire que dans ce cas particulier le tabès a eu besoin de deux préludes pour préparer son apparition et je ne puis m'empècher de reconnaître qu'il a été heureusement combattu par une médication dont le mercure avait été intentionnellement proscrit.
TtpeCXXII. — Neurasthénie et Tabès. — Syphilis.
Il s'agit ici d'un malade qui, dans sa jeunesse, a éprouvé des perturbations morales et physiques que son médecin attribua aux nombreuses défaillances de sa constitution débile, aux funestes influences d'un onanisme précoce, aux déraillements de son imagination maladive et aux sursauts instinctifs d'une sensibilité déréglée. Il essaya de modifier les allures de son tempérament mal équilibré en conseillant un régime réconfortant, une cure hydrothérapique et des exercices corporels méthodiquement réglés. Il engagea son malade à rompre ses habitudes de solitaire et à rechercher de douces et agréables distractions. Ce patient obéit à toutes ces prescriptions; mais un jour, probablement pour dompter sa timidité native, il s'égara dans une maison mal famée et il eut la malchance d'y contracter la vérole. Un traitement anti-syphilitique aussitôt institué produisit un très heureux résultat. Néanmoins ce malade, inopinément surpris par une violente émotion, ressentit un grand ébranlement nerveux qui détermina l'explosion d'une neurasthénie essentielle. Cette névrose se localisa assez promptement dans les voies génito-urinaires et détermina des accidents inquiétants parmi lesquels le médecin put constater l'apparition de douleurs périnéales assez vives,, des plaques d'ancsthésie fixées irrégulièrement autour du bassin, de fréquentes pertes séminales involontaires et les manifestations non équivoques d'une réelle frigidité. Il remarqua en même temps que le malade avait perdu la netteté de sa vision et que l'action musculaire de ses membres intérieurs était sensiblement amoindrie.