DÉCOUVERTE DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE PAR LE DOCTEUR DELAYE
Il admettait volontiers que cette impitoyable affection était fort souvent précédée par de nombreux désordres nerveux qu'il croyait être la conséquence d'une hérédité névropathique malheureuse, d'une blâmable intempérance ou d'un extravagant surmenage. Il ajoutait aussi que ces infortunés, avant de présenter les symptômes caractéristiques de cette affection , avaient maintes fois prouvé une grande défaillance de mémoire et un manque absolu de sens moral. À cette époque trop lointaine on ne connaissait pas encore le rôle qu'on attribue aujourd'hui à la syphilis dans la genèse de cette maladie.
Le professeur Délaye qui avait suivi avec attention les conférences de Gall dont il admirait les travaux, voulut savoir si, en déployant avec soin les circonvolutions cérébrales, il ne trouverait pas dans un de leurs replis la source du mal qu'il venait de découvrir. Les autopsies qu'il pratiqua chez les aliénés qui avaient succombé à cette maladie lui apprirent que le cerveau et leurs1 enveloppes étaient injectés de sang. Cette constatation faite concurremment avec ses compagnons d'étude et particulièrement avec Cruveillher ne lui parut pas suffisante et il lui répugnait de les considérer comme les véritables causes de la maladie qu'il avait si patiemment étudiée.
Plus tard ses condisciples à peu près tous élèves de Pinel, Bayle, Georget, Esquirol, Trélat, Calmeil, Parcbappe et plus tard Baillarger publièrent des travaux sur cette affection qui fut dés lors anatomiquement nosographiée et à laquelle on donna le nom de méningoencéphalite, chronique, interstitielle et diffuse.
Après avoir lu les admirables leçons que Baillarger publia, en 1852 je crois, sur la paralysie générale, on ne peut nier les liens qui unissent cette affection aveclaméningo-encéphalite diffuse. EtLasôgue lui-même, guidé par son impeccable ecclectisme, écrivit un mémoire sur la paralysie générale dans lequel il chercha à établir que les troubles de l'âme sont souvent associés à des désordres somatiques et que, dans bien des cas, le seul moyen d'action est encore la médecine corporelle. Plus tard, ayant étudié les remarquables ouvrages de Heinroth, il n'hésita pas à déclarer, dans un langage où brillent tour à tour la fécondité de son esprit, l'ampleur de son intelligence et l'originalité de ses idées, que le médecin chargé de réparer la déchéance imprimée à l'homme par la folie ne doit pas se contenter d'être un simple anatomiste ; il faut qu'il résume en lui le rôle du prêtre, du philosophe et de l'éducateur. Kl il ajoutait avec une élo-