NEURASTHÉNIE AVEC TROUBLES SPÉCIAUX DU SENS AUDITIF
assez modeste et peu inquiétante. Pour bien délimiter l'allure de chacune d'elles il me faudrait entrer dans des considérations théoriques qui seraient ici beaucoup trop encombrantes. J'espère éviter cette peine au lecteur en publiant des faits significatifs et en ayant soin de mettre en marge de leur transcription des commentaires adaptés aux particularités de ce problème pathogénique.
Je reproduis ici une observation qui a été publiée dans les archives hydrologiques du Dr Rodet en 1898. En la parcourant, le lecteur pourra reconnaître les relations qui existent entre la psychasthénie et la neurasthénie cérébrale.
Histoire et profils de névropathes. — Influence de la voix sur le système nerveux. — Ceci est une histoire ancienne que je puis raconter aujourd'hui sans être accusé de commettre une indiscrétion. Je l'aurais volontiers laissée dans mes souvenirs, si je n'avais pas cru en la publiant intéresser mes confrères et leur présenter un très curieux exemple d'une névrosée entourée de névropathes exerçant sur elle une influence incontestable.
Lorsque je vis pour la première fois cette malade je remarquai aussitôt son allure franche, intelligente et distinguée. Elle me dépeignit, avec une grande précision, les désordres nerveux qu'elle éprouvait, dévoila les secrets de sa sensibilité avec le calme d'une âme saine et la loyauté d'une conscience tranquille. Elle me déclara, en donnant à son aveu l'accent d'une réelle tristesse, que depuis quelques mois la voix de son mari qui l'avait toujours charmée produisait en elle une impression très désagréable et des perturbations étranges que sa discrétion de bon aloi ne lui permit de dévoiler qu'avec une grande réserve.
J'avais bien déjà constaté, à plusieurs reprises, que le chant et la parole ont le don de produire chez l'homme et surtout chez la femme des troubles momentanés presque toujours enveloppés de sensations agréables. Mais je n'avais jamais vu de malales apporter un témoignage aussi complet du désordre que, dans certaines circonstances, la voix humaine est capable de déterminer.
J'ai observé, depuis cette époque, un assez grand nombre de faits analogues démontrant d'une façon indéniable l'action de la voix sur le système nerveux. En compulsant mes notes et en faisant appel à ma mémoire, j'ai compris qu'il valait mieux les laisser dans l'ombre et me contenter de celui que je vais raconter.
11 a le grand avantage d'être d'une simplicité parfaite, de ne présenter aucune de ces complications capables de dérouter l'analyste le plus