G CONSIDÉRATIONS SIR LE GOITRE EXOPHTALMIQUE
toujours un grand ébranlement dans le domaine de l'esprit et dans celui de la sensibilité physique.
Je me propose de développer cette question de pathogénie dans celui des prochains fascicules qui sera consacré à la maladie de Basedow. A cette place, je dois surtout rechercher les relations de cette affection avec la neurasthénie, et me contenter, par conséquent, d'une étude plus restreinte. Pour la rendre plus instructive et plus claire, je vais faire un emprunt au professeur Dieulafoy et lui demander de m'aider à résoudre ce difficile problème de pathologie.
« Voilà, dit-il dans une de ses leçons, où en est le débat. Il y a là .une question de fait et une question théorique. Le fait clinique, c'est que bon nombre de gens atteints de maladie de Basedow, les femmes surtout, peuvent avoir une série de troubles psychiques et de désordres mentaux, comme ils ont des troubles de mobilité (tremblements, paralvsie, mouvements choréiformes) et des troubles de toute nature (crises diarrhéiques, sudorales, albuminurie, glycosurie, congestions viscérales), le tout sous la dépendance du système nerveux. Faut-il isoler tel ou tel de ces groupes et réclamer pour lui une origine autonome ou héréditaire et en tout cas indépendante de la maladie de Basedow"? Je ne pense pas qu'il faille aller aussi loin dans ce démembrement. La question de terrain, la prédisposition acquise ou héréditaire jouent, non seulement en neuro-pathologie, mais dans la pathologie toute entière, un rôle trop considérable, pour que je cherche à en diminuer l'importance. Je crois que l'hérédité, sous toutes ses formes, est le fil conducteur qui nous permet de ne pas nous égarer et de mettre bien des choses à la place qui leur convient; iJ ne me semble pas utile de morceler cette entité morbide et d'en disjoindre les morceaux. Certains troubles névropathiques et mentaux apparaissent quelquefois chez des personnes dont les antécédents personnels et héréditaires ne motivent pas leur éclosion. Néanmoins, on les voit commencer avec la maladie de Basedow, s'exaspérer au moment des paroxysmes, puis décroître et disparaître avec les autres symptômes ou môme avant eux. II y a vraiment, en pareille circonstance, une telle affinité, une telle concordance dans l'évolution des différents phénomènes basedowiens et ceux qui évoluent autour d'eux qu'il est bien difficile de n'y voir que des états morbides accouplés et qu'il est plus rationnel d'admettre l'évolution et ledéveloppemantd'une série de troubles nerveux d'ordre différent, revêtant la forme de névroses ou de psychoses, mais reconnaissant, en somme, une origine commune. »
Parmi les manifestations névropathiques ou psychiques qui accom-