ASSOCIATION DE PLUSIEURS NÉVROSES AVEC LE GOITRE EXOPHTALMIQUE
an rhumatisme cérébral qui se termina par une explosion délirante désastreuse.
Cette jeune femme portait les empreintes d'un nervosisme effréné. Sa vie pathologique débuta par des manifestations hystériques préparées par une hérédité nerveuse inéluctable qu'une cure savamment conduite parvint à modifier. Je dois ajouter que le résultat de ce traitement fut complété par un heureux mariage contracté selon le goût des deux conjoints. La jeune névropathe resta pendant un certain temps à l'abri de tout désordre nerveux ; mais on constata plus tard sans pouvoir en apprécier la cause, l'apparition d'un rhumatisme péri-articulaire qui dura près d'un mois et qui, en atteignant sa période terminale, fut remplacé par des accidents choréïques que des douches sédatives firent disparaître assez promptement.
Après une assez longue période d'accalmie, la malade fut troublée par une violente émotion qui provoqua des accès convulsifs suivis d'un court coma durant lequel elle prononçait des paroles trahissant une divagation intellectuelle assez étrange. Les médecins appelés en consultation la déclarèrent épileptique, mais l'un des assistants ne voulut pas rattacher ces crises au mal comitial. Je crois qu'il avait raison puisqu'elles n'ont jamais reparu.
Les années qui suivirent l'apaisement de tous ces désordres pathologiques s'écoulèrent assez paisiblement. Elle eut deux grossesses assez rapprochées qu'elle supporta vaillamment, et sa santé n'aurait peut-être pas été troublée sans l'intervention d'un triste événement qui lui causa un grand chagrin. Elle perdit un des ses enfants. Cette mort la plongea dans un profond acccablement. Rejetant toutes les consolations qu'on s'efforçait de lui donner, elle ne pouvait plus maîtriser l'agitation qui la troublait et proférait contre la destinée des plaintes incohérentes qui, à certaines heures, prenaient les accents d'une épouvantable colère.
Quand le temps eut commencé son œuvre réparatrice, les souffrances morales parurent atténuées, les paroles blasphématrices devinrent plus rares et l'agitation nerveuse fut moins prononcée.
Son médecin reconnut que le système nerveux reprenait peu à peu son équilibre. Mais quel ne fut pas son étonnement en revenant la voir après quelques jours d'absence, de constater des palpitations cardiaques assez violentes, de la tachycardie, une diarrhée presque incoercible, de l'exophtalmie et un gonflement progressif de la glande thyroïde.
La triade de la maladie de Ba'sedow apparut dans son aspect