‹ La neurasthénieChapitre 161 sur 163 · QUATORZIEME SOMMAIRE · texte numérisé non relu

QUATORZIEME SOMMAIRE

358 Relations de la neurasthénie avec les névroses et avec divers états nerveux qu'on peut désigner sous le nom de pseudo-névroses. — Ces pseudo-névroses offrent,

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comme les névroses proprement dites, des perturbations qui intéressent la mentalité du malade et sa sensibilité ; mais on distingue dans leur symptômalologie des troubles moteurs très variables dont les manifestations caractéristiques indiquent un grand déraillement de la force neuro motrice. -*-

La neurasthénie a de fréquentes relations avec la plupart des névroses et notamment avec le nervosisme proprement dit d'où elle est sortie, avec l'hystérie, avec la maladie de Basedow ou de Graves et avec quelques manifestations bénignes del'épilepsie. — Kilt en a aussi, quoique plus rarement avec les pseudonévroses — C'est ainsi qu'on la voit parfois associée avec certaines cborées, avec les tics, les spasmes ou les contractures, les crampes professionnelles, leparamyoclonus, la tétanie, la maladie de Thomsen ou de Lit lie. la plupart des tremblements, la paralysie agitante de Parkinson, et, un certain nombre de troubles moteurs intéressant la coordination, l'équilibre et l'étendue des mouvements volontaires.

Relations de la neurasthénie avec le nervosisme ou lé ta tnerveux^proprement dit.

La neurasthénie et le nervosisme ont des relations fréquentes qn'il est facile d'analyser. — Ces deux névroses sont engendrées par de nombreuses causes dont l'analogie ne peut être mise en doute. — Il est donc naturel que leui's symptômes respectifs, obéissant à une influence étiologique univoque, aient des traits d'union qui les rapprochent souvent les uns des autres. — 11 y a encore quelques raisons explicatives qu'il est permis d'évoquer pour justifier ces affinités.— Ces deux ttats névropathiques sont restés pendant longtemps confondus ensemble et désignés par le même nom. — Quelques neurologistes ont essayé de les disjoindre et ont fait un tirage à part de ce qu'ils ont appelé la faiblesse irritable, la névrosée du tronc cœliaque, la névropathie cérébro-cardiaque, l'exhaustion nerveuse ou parésie cérébro-médullaire, elc — Celui qui a opéré dans le nervosisme la fouille la plus fructueuse, c'est le professeur Beard, de New- York. — Il en a extrait cette intéressante névrose dont il a merveilleusement esquissé les traits principaux, et à laquelle il a donné le nom très euphonique de neurasthénie. — Elle a eu la bonne fortune d'être favorablement accueillie par Charcot qui l'a vulgarisée en France en lui consacrant un acte de naturalisation bien conçu. — Après son extraction du nervosisme, la neurasthénie s'est révélée avec une escorte de symptômes qui sont bien les siens. — Seulement, quelques-uns d'entre eux n'ont pu cacher leur air de famille. — Aussi, montrent-ils une grande affinité pour les symptômes du nervosisme avec lesquels ils sont restés si longtemps unis. — Il n'est donc pas extraordinaire que ces deux névroses, subissant l'influence de causes à peu près identiques dans leurs effets et présentant des traits qui l'appellent une origine commune, aient entre elles des relations bien accusées. -- Pour confirmer leur réalité je puis ajouter aux considérations dans lesquelles je viens d'entrer le témoignage de nombreux laits cliniques donl je n'ai besoin de citer que les plus probants.

Type CXXXIH. — Neurasthénie et nervosisme. — Dans ce type figurent des malades chez lesquels on voit la maladie de Beard succéder à des troubles nerveux mal définis ressemblant à ceux «lu nervosisme. — Quelquefois ces deux aévrosjes se développent à peu près simultanément. — Llles se manifestent de préférence chez les personnes qui portent les traces d'une toxi-infection et surtout chez les ne uro- arthritiques; elles sont souvent remplacées perdes douleurs qui siègent tantôt dans les viscères el tantôl dans les membres. — Quelques

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médecins désignent cette succession de phénomènes nerveux par le nom de névrose arthritique. — Cette névrose prend quelquefois l'allure d'une véritable entité morbide; elle dure assez longtemps et finit par provoquer un grand délabrement de l'organisme qui ouvre la porte à la neurasthénie. — Dans certaines circonstances, le nervosisme parait être sous la dépendance d'une affection viscérale qui, par une curieuse coïncidence, peut en même temps donner naissance à une neurasthénie. — Quand ces deux névroses sont associées chez le même malade, le médecin se trouve en présence d'un ensemble pathologique qui est parfois difficile à analyser. — On constate assez souvent l'apparition de ces alliances névropathiques à la suite de la grippe de la fièvre typhoïde, d'un empoisonnement paludéen, d'une affection cardio-vasculaire. d'une entérite chronique, d'un engorgement spléno-hépatique, d'uue cystite, d'une congestion utéro-ovarienne, ou bien encore, comme je l'ai déjà dit, quand le malade se trouve sous l'influence d'un trouble de nutrition, d'une toxi-infection ou d'une diathèse. — Ces divers états morbides dans lesquels les symptômes de la neurasthénie et du nervosisme sont associés dans leurs manifestations extérieures sont tous tributaires de l'hydrothérapie. — Par ses effets sédatifs ou excitants, analgésiques ou révulsifs, dérivatifs ou dépuratifs, résolutifs ou reconstituants, ce traitement peut rendre les plus grands services aux malades qui sont éprouvés par toutes les perturbations pathologiques que je viens d'indiquer.

Relations de la neurasthénie et de l'hystérie.

Les symptômes de l'hystérie peuvent se greffer sur les états morbides les plus divers. — Il n'est donc pas extraordinaire de les voir se développer chez des malades atteints de neurasthénie. — Ces deux névroses ont des liens de parenté incontestables. — Elles peuvent se manifester simultanément chez la même personne ou se substituer Tune à l'autre en conservant dans les deux cas des relations significatives. — Charcot a cherché à mettre en relief celte alliance et a consacré quelques unes de ses leçons à cet ensemble pathologique qu'il a appelé l'hystéro neurasthénie d'origine traumatique et dont il a tracé la véritable symptomatologie. — Erichsen apoursuivi le même but dans son livre intitulé: The concussion ofthe spinal cordon. — La lecture de ces travaux permet aux médecins de bien saisir les caractères distinctifs des manifestations neurasthéniques et hystériques que les circonstances accumulent sur la même personne.— Les relations de la neurasthénie et de l'hystérie ne se montrent pas seulement quand les symptômes de ces deux névroses sont associés chez le même malade. — On peut même les entrevoir lorsque la neurasthénie et l'hystérie se développent séparément chez des personnes différentes, à la condition bien entendu que ces personnes appartiennent à la même famille. — Il n'est pas rare de voir deux sœurs dont l'une présente exclusivement les symptômes de l'hystérie et l'autre ceux de la neurasthénie. — Quelques faits vont me permettre de donner un point d'appui à ces considérations.

Type GXXXIV. — Ce type représente le cas d'une jeune fille appartenant à une famille de névropathes et dont l'éducation fut mal dirigée. — Dans sa première jeunesse elle eut des incontinences d'urine remplacées plus tard par des congestions ovariennes qui coïncidèrent avec l'apparition de symptômes hysté riques très accusés. — A. ces accidents succédèrent des phobies assez étranges ; on vit aussi la malade atteinte subitement d'astasie-abasie, attribuée par son

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médecin à l'hystérie et par d'autres confrères à une hypocondrie naissante. — La jeune névropathe devint de [tins en plus impressionnable et s'affaiblit de jour en jour. — Son médecin lui taisait de fréquentes visites ; il ne tarda pas à constater le développement d'un véritable accès de neurasthénie qu'il attribua au tempérament de la malade et au grand ébranlement nerveux produit par l'hystérie qui, de temps en temps, manifestait sa présence par les signes d'une excitation non équivoque. — On lui conseilla de suivre un traitement hvdrothérapique qui produisit des effets très salutaires et parvint à rétablir sa santé.

Type CXXXV. — Dans ce type tigurela silhouette d'une névropathe pouvant servir de pendant à celle qui se trouve dans le type précédent. — C est celle d'une jeune femme affligée depuis sa naissance d'une nervosité excessive. — A la suite d'un accouchement difficile elle eut une métrite qui nécessita des soins très prolongés. — Pendant sa convalescence, elle éprouva un grand chagrin qui détermina un violent ébranlement de son système nerveux. — Cette secousse inattendue troubla la jeune femme et provoqua chez elle un accès de neurasthénie qui resta longtemps rebelle à tout traitement. — Une période d'accalmie survint ; mais elle fut brusquement interrompue par l'apparition imprévue des principaux symptômes de l'hystérie. — Dans ce cas spécial l'hystérie a succédé à la neurasthénie. — Ces deux névroses, développées sur un terrain favorable leur éclosion, ont conservé l'une sur l'autre une réciprocité causale et présentie des affinités appréciables jusqu'au moment où la malade a été débarrassée de toutes ses souffrances.

Type CXXXVI. — Ce type contient les silhouettes respectives de deux sœurs jumelles dont l'une offre les principaux traits de l'hystérie et l'autre ceux de la neurasthénie. — Elles sont nées de parents neuro-arthritiques et ont reçu une éducation fantaisiste qui a exercé sur toutes les deux une influence désastreuse.

— L'une d'elles a une physionomie avenante à demi-voilée par une légère tristesse. — Elle aime la solitude et sa nature contemplative la condamne à à une apathie intellectuelle et physique qui lui fait redouter le moindre effort.

— Une simple frayeur l'a rendue subitement neurasthénique. — Sa sœur a une toute autre allure. — Son caractère est exubérant et sa conversation n'a pas toujours une tenue irréprochable. — Elle aime se donner en spectacle et se livre à des gesticulations dont ses parents et ses amis sont toujours attristés. — Sous l'influence d'une contrariété qui a humilié son amour-propre, elle a été atteinte d'une hystérie mondaine parfaitement caractérisée. — L'apparition de la neurasthénie chez l'une de ces malades et celle de l'hystérie chez l'autre ne me paraissaient pas être le résultat d'une simple coïncidence — On peut les attribuer plutôt à l'influence d'un terrain organique que l'hérédité a rondu insalubre et qu'une éducation irrégulière à mal fertilisé. — L'intervention de simples causes variables dans leurs effets a suffi pour produire d'un côté la neurasthénie et de l'autre l'hystérie. — Ces deux névroses ont pris pour support des individualités séparées appartenant à la même famille. — Malgré cette différence dans leurs points d'élection, elles ont conservé pendant toute leur durée des relations qu'un peut attribuer à l'uniformité de leur terrain de culture. — J'ai eu la bonne fortune de soigner ces deux malades ; et je puis dire que le traitement hydrothérapique leur a été également favorable. — Pour la neurasthénique, on a eu recours à la douche sédative à laquelle on a progressivement substitué la douche reconstituante. — Pour traiter l'hystérique il a fallu em-

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ployer la douche écossaise, la douche froide, en l'obligeant de temps en temps à exécuter des plongeons dans une piscine remplie d'eau à basse température. Type ("XXXVII. — ■ Des relations de la neurasthénie avec l'hypnotisme, la léthargie, la catalepsie, le somnambulisme avec et quelques maladies traitées par l'hypnotisme, comme l'astasie-abasie d'origine hystérique.

Charcot a toujours considéré l'hypnotisme comme un trouble anormal du système nerveux ayant une certaine parenté avec l'hystérie. — Bernheim et ses collègues de Nancy pensent, au contraire, que nous sommes tous plus ou moins hypnotisables et que les neurasthéniques subissent, comme les hystériques, les influences de la suggestion. — Je n'ai pas à prendre position entre ces deux écoles rivales — Je dois ici me contenter de dire. que j'ai vu des accès de neurasthénie se déclarer chez des personnes souvent placées sous l'influence de l'hypnotisme et même chez celles qui ont présenté les signes de la léthargie, de la catalepsie et du somnambulisme. — J'ai aussi constaté l'apparition de cette névrose chez les personnes qui, pour se débarrasser de leurs malaises, ont eu recours aux pratiques de l'hypnotisme. — J'ai vu notamment des astaso-abasiques devenir neurasthéniques après avoir été guéris de leur névrose par l'hypnotisation. — Ce résultat n'est pas extraordinaire. — Nous savons tous que les hypnotisables sont, comme les neurasthéniques, sujets à des troubles nerveux qui vont de l'excitai ion la plus vive à la dépression la plus prononcée.

Relations de la neurasthénie avec l'épilepsie et principalement avec l'hystéroépilepsie.

Type CXXXVIII. — Je peux placer dans ce type des cas concernant un certain nombre d'épileptiques atteints de ce qu'on appelle le grand mal comitial — Mais c'est pour affirmer que la neurasthénie n'a rien de commun avec cette triste infirmité. — C'est à peinesi on voit apparaître quelques phénomènes de la maladie de Beard. — Ils n'ont absolument aucune importance. — Il en est de même des névropathes qui présentent les symptômes de cette hybridité pathologique qu'on a désigné sous le nom d'hvstéro-épilepsie, d'hystérie épileptiforme ou de grande hystérie. — La neurasthénie ne peut pas se développer dans ce milieu qui est trop agité pour elle. — Quelquefois on la voit se manifester quand les grands phénomènes convulsifs ont complètement disparu.

Type CXXXIX. — A côté du, grand mal comitial, il faut placer le petit mal dont les manifestations les plus communes sont l'absence, le vertige et certaines impulsions irrésistibles. — La neurasthénie s'associe rarement avec l'absence et le vertige; on constate plus souvent sa présence chez les malades gouvernés par des impulsions irrésistibles ou par certaines obsessions qui attestent un amoindrissement de la volonté et une certaine perversion des facultés intellectuelles et morales — C'est parmi eux qu'on trouve les exhibitionnistes de Lasègue, les klephtomanes, ces incohérents dévergondés qui aiment prononcer des paroles obscènes ou commettre des actes très repréhensiblcs et ceux qu'entraîne la manie de la déambulalion. — A côté d'eux on peut placer ceux qui sont atteints de l'épilepsie de nature réflexe si bien décrite par Brown-Sequard, et même de l'épilepsie Jacksonnienne. — Dans tous ces cas. excepté dans ceux qui concernent les malades atteints d'épilepsie de nature réflexe ou de klephtomanie, la neurasthénie ne joue qu'un rôle très secondaire.

Typk CXL. — Neurasthénie. — Klephtomanie. — Ce type est celui d'une grande dnme qui ne pouvait s'empêcher de dérober les objets qui excitaient sa

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convoitise. — Un jour elle fut surprise en flagrant délit de vol par l'agent principal d'un grand magasin de nouveautés au moment où elle plaçait sous sa robe un coupon de soie qu'elle venait de soustraire Tort habilement. — On la fit comparaître devant le tribunal qui chargea quelques médecins spécialistes d'étudier l'état mental 'I'1 celle étrange accusée. V.près un examen atlenlil et consciencieux, les experts déclarèrent que l'inculpée était atteinte d'une épilepsie latente et n'avait pas, par conséquent, la responsabilité île ses aHes. —Elle fut acquittée. — Les péripéties de ces scènes émouvantes ébranlèrent ses nerfs et déterminèrent un véritable accès de neurasthénie. — Son médecin lui conseilla un traitement hydrothérapique qui parvint à calmer son excitabilité nerveuse et àdévelopper ses forces physiques un instant anéanties. — Celte malade resla pendant plus de deux années dans un état de santé très satisfaisant. — Cette période de bien-être fut malheureusement troublée par un grand accident de voilure qui la bouleversa profondément. — On la ramena chez elle où, dès son arrivée, elle eut plusieurs crises é pi lepti formes qui se renouvelèrent tous les jours pendant plus d'une semaine et qui, en perdant peu à peu leur acuité, finirent par disparaître. — Chez cette malade l'accès de neurasthénie et les crises épileptiformes n'ont eu de commun que le mauvais terrain sur lequel ces désordres nerveux ont éclaté. — Il me semble "difficile d'admettre qu'il y ait eu des relations plus intimes à signaler entre celte neurasthénie et. cette épilepsie dont les manifestations respectives ont été séparées par un s> long intervalle.

Type CIXL. — Il s'agit ici d'un jeune homme qui, pendant près de quinze années consécutives, a eu des troubles fonctionnels de l'estomac, de l'intestin et du foie. — Son père était alcoolique et sa mère extrêmement nerveuse. — Un joui-, après avoir assisté à une partie de cliasse, il rentra chez lui exténué de fatigue. — On lui servit un copieux repas : il mangea abondamment et eut pendant la nuit une forte indigestion qui fut suivie d'une véritable attaque d'épilepsie. — Le médecin appelé aussitôt attribua cet accident aux désordres digestifs et dirigea contre eux un traitement approprié qui parvint à les apaiser.— Néanmoins de nouvelles attaques se manifestèrent .encore, séparées les unes des autres par des intervalles plus ou moins longs; presque toutes étaient suivies d'un état comateux qui durait assez longtemps. — On prescrivit alors une médication bromurée qui produisit des effets très satisfaisants. — Malheureusement le malade ne put pas supporter !c bromure et il fallut en supprimer l'usage. — On lui conseilla «le prendre Ions les jours une douche écossaise à transition de température progressive qui modifia son étal nerveux et rendit ses fonctions digestives plus régulières. — Sa saute resta pendant, près de <\i~ux ans. à l'abri de tout assaut morbide. — Ce malade, trouvant sou existence trop monotone, commit de nombreux excès d'inte,mpérance qui troublèrent le fonctionnement de son système nerveux el de son estomac. — H devint dyspeptique el éprouva des douleurs gastriques qui, pur moment, devenaienl intolérables. — Ces troubles sensitifs se réperculèrenl dans les régions supérieures en provoquant des vertiges, de l'amblyopie passagère, des spasmes œsophagiques. — Ces désordres de nature réflexe finirent par retentir sur le cerveau el déterminèrent les symptômes d'une véritable neurasthénie qui. dans ce cas, prit la forme de la aeurasl bénie d'origine périphérique ou réflexe que j'ai souvenl signalée dans le cours de ce livre. — On lui conseilla un traitement hydrothérapique dans lequel on employa tour à

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tour les douches sédatives, les douches chaudes, écossaises et reconstituantes.

— Celte cure composé e de douches générales et de douches épigastriques provoqua tous les effets salutaires qu'on attendait d'elle. — Dans cette observation nous voyons la neurasthénie et l'épilepsie évoluant isolément chez le même malade et présenter entre leur éclosion respective une intervalle de plusieurs années. — 11 semble qu'elles n'ont pas eu d'action réciproque l'une sur l'autre.

— Elles ont trouvé toutes les deux leur origine dans les perturbations douloureuses des fonctions digestives que les nerfs sensitifs de l'appareil gastro-intestinal ont apporté aux centres nerveux correspondant. — Ces centres, sous l'influence des excitations stomacales, ont très probablement engendré, à l'aide d'une action réflexe, les crises de neurasthénie et d'épilepsie que nous avons constatées. — Elles se sont, en outre, développées sur un terrain commun, foncièrement compromis par les tares d'une fâcheuse hérédité et par les imprévoyances du principal intéressé. — Ces deux névroses semblent donc avoir subi des influences similaires qui. tout en permettant de les rapprocher l'une de l'autre au point de vue étiologique n'autorisent pas à croire qu'il existe entre elles des relations très étendues.

Relations de la neurasthénie avec la maladie de Graves ou de Basedow plus justement désignée sous le nom de goitre exophthalmique.

Les relations qui existent entre le goitre exophthalmique et la neurasthénie sont assez fréquentes et en général très appréciables. — Toutefois, on ne peut toujours les distinguer suffisamment quand la maladie de Basedow est voilée dans son extériorisation symptomatique. — On a longtemps considéré le goitre exophthalmique comme une névrose de nerf grand-sympathique caractérisée par des yeux saillants, un cou volumineux et des palpitations cardiaques avec tachycardie. — Aujourd'hui, une étude plus complète de celte affection a permis d'adjoindre à cette classique triade symptomatique des perturbations multiples qui démontrent que la maladie de Basedow ne reste pas exclusivement confinée dans la circonscription du nerf grand-sympathique. — La clinique apprend qu'elle peut étendre ses ravages dans le système nerveux tout entier, déterminer des troubles moteurs fort pénibles et provoquer des perturbations psycbopathiques auxquelles certains médecins accordent une importance de premier ordre. — Ces» derniers la considèrent comme une psycho-névrose. — Les neurologistes ne sont pas d'accord pour expliquer le mode d'évolution et pour préciser les causes de cette déconcertante affection. — Les uns accusent le grand-sympathique d'être le générateur du mal. — Les autres préfèrent accorder ce rôle nocif aux centres nerveux cérébro -médullaires. — Le professeur Joffroy et ses adhérents n'hésitent pas à attribuer son explosion au mauvais fonctionnement du corps thyroïde. — Sans aucun doute cette névrose peut dépendre d'une loxi-infection ; mais il faut reconnaître que son escorte symptomatique obéitj dans sa formation, à d'autres influences parmi lesquelles il faut placer au premier rang toutes les prédispositions hériditaires ou acquises qui rendent l'innervation vulnérable, les troubles de nutrition qui sont à la base des psychoses et des névroses et ce redoutable trauma physique et moral qui apporte toujours un grand ébranlement dans le domaine de l'esprit et dans celui de la sensibilité : « 11 y a là, dit avec raison le professeur Dieulafoy, une question de fait et une question théorique. — Le l'ait clinique, c'est que bon nombre de gens atteints de la maladie de Basedow, les femmes surtout, peuven

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avoir une série de troubles psychiques et de désordres mentaux comme ils ont des troubles somaliques Ions placés sous la dépendance du système nerveux... — Kaui il isoler le] ou tel de ces groupes et réclamer pour lui une origine autonome ou héréditaire et en tout cas indépendante de la maladie de Basedow ? — Je ne pense pas qu'il faille aller aussi loin dans ce démembrement... — Certains troubles névropalhiques et mentaux apparaissent quelquefois chez des personnes dont les antécédents personnels et héréditaires ne motivent par leur éclosion. — Néanmoins on les voit commencer avec la maladie de Basedow, s'exaspérer au moment des paroxysmes, puis décroître et disparaître avec les autres symptômes ou même avant eux. — H y a vraiment, en pareille circonstance, une telle concordance dans l'évolution des différents phénomènes Basedowiens et ceux qui évoluent autour d'eux qu'il est bien difficile de n'y voir que des états morbides accouplés, et, qu'il est plus rationel d'admettre l'évolution d'une série de troubles nerveux d'ordre différent revêtant la forme de névroses ou de psychoses, mais reconnaissant en somme une origine commune. » — Parmi les manifestations névropathiques ou psychiques qui accompagnent la maladie de Basedow la neurasthénie est une des plus assidues.— Elle trouve son origine dans les prédispositions innées ou acquises de l'organisme qui lui sert de support, dans l'ébranlement brusque provoqué par l'intervention d'un traumatisme physique ou moral, dans les troubles de nutrition, dans certaines intoxications que des sécrétions glandulaires incorrectes ou peut-être des microbes imprègnent au liquide sanguin ou projettent sur les centres nerveux. — Au milieu de cet ensemble pathologique on voit souvent la neurasthénie précéder la maladie de Basedow ; quelquefois, au contraire, elle survient à sa période terminale. — Je peux dire qu'on l'observe très exceptionnellement au moment où les symptômes Bssedowiens sont nettement accentués. — Les faits suivants vont préciser la date approximative de sa manifestation

Type CVII1L.— La neurasthénie et la maladie de Basedow — Ce type est celui d'une jeune femme issue d'une race névropathique, atteinte à vingt ans d'une fièvre typhoïde : elle eut un accès de neurasthénie provoqué par une violente scène de jalousie. — La névrose de Beard s'apaisa, mais elle reparut à la suite d'une séaie de contrariétés qui bouleversèrent le système nerveux de la malade.

— Bientôt après, on vit apparaître la triade classique du goitre exophthalmique, accompagnée de troubles moteurs et de troubles psychiques plus ou moins accentuées. — On lui conseilla un traitement hydrothérapiqtie consistant en douches tempérées auxquelles on substitua des douches tiedes progressivement refroidies.

— Cette cure fut très favorable h la malade qui, quelque temps après sa guérison, eut une grossesse normale. — Elle accoucha d'un enfant bien portant qu'elle put nourrir pendant 18 mois sans éprouver la moindre fatigue. — Depuis cette époque son existence est restée à l'abri des secousses nerveuses qui avaient troublé sa première jeunesse.

Type. CVIIL. — La neurasthénie et la maladie de Basedow. — La malade dont il est ici question a été plus gravement atteinte que la précédente.— Son père était victime d'une goutte voyageuse qui faisait de fréquentes apparitions dans son estomac et dans son cerveau. — Sa mère avail eu plusieurs fois de violentes crises d'hystérie. — Placée dans un milieu familial très étrange où les discussions personnelles étaient très fréquentes,, elle devint très nerveuse et présenta à maintes reprises les phénomènes caractéristiques de la neurasthénie auxquels

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vinrent s'ajouter des troubles psychiques qui faillirent égarer sa raison. — Un traitement hydrothérapique suivi pendant plus de deux années et consistant en application quotidiennes de douches adaptées à la nature des accidents et dominants de douches tempérées progressivement refroidies rendit à la malade sa sérénité d'esprit un instant troublée etsa vigueur physique depuis longtemps très amoindrie. — Sa santé fut très améliorée, et, elle put, sans éprouver le moindre ébranlement, reprendre- ses- relations mondaines forcément interrompues par sa maladie. — La vie pour elle aurait été paisible, sans l'apparition inopinée d'une congestion cérébrale qui survint à la suite d'une douleur morale extrêmement violente et qui, au bout d'une année se termina par la mort. — Cette fin lugubre permet de supposer que le cerveau n'est pas étranger à la maladie de Basedow.

Type. CV1L. — Neurasthénie associée à l'hystérie, à la chorée, à l'épilepsie et à la maladie de Basedow. — La malade désignée dans cette observation a présenté les principaux symptômes des névroses les plus connues. — C'est une femme du monde dont le père a succombé à une paralysie générale et la mère à un rhumatisme cérébral. — La vie pathologique de cette jeune femme foncièrement nerveuse débuta par des manifestations hystériques qu'une cure bien conduite modifia profondément. — Améliorée dans sa santé, la jeune fille put contracter un mariage qui la rendit extrêmement heureuse. — Sans cause appréciable, du moins apparente, la jeune femme fut atteinte d'un rhumatisme périarticulaire qui dura plus d'un mois et qui fut remplacé par des accidents choréiques que des douches sédatives firent disparaître assez promptement. — Après avoir joui d'une longue accalmie, la malade fut tout à coup atteinte, sous l'influence d'une violente émotion, d'une série d'accès convulsifs presque toujours suivis d'un court coma auquel succédait un bavardage interminable et incohérent. — Les médecins appelés en consultation la déclarèrent épileptique sauf un confrère qui ne voulut pas rattacher ces crises au mal comitial. — Je crois qu'il avait raison. — La malade n'eut plus d'attaques ; et depuis cette époque sa santé est restée excellente ; elle a eu deux grossesses qui ont été très vaillamment supportées. — Malheureusement elle perdit un de ses enfants, et. cette mort la plongea dans un profond accablement. — Elle semblait renaître à l'existence et bénéficier de l'action réparatrice du temps, lorsque survinrent sans causes appréciables des malaises, dont elle n'apprécia pas la portée. — Son médecin, mandé en toute hâte, ne tarda pas à constater une véritable explosion de tous les symptômes du goitre exophthalmique et ordonna immédiatement une cure hydrothérapique. — J'eus l'occasion de diriger le traitement prescrit : je lui administrai tout d'abord des douches sédatives promptement remplacées par des douches froides, courtes et légères dont l'intervention me parut motivée parla grande faiblesse de la malade. — Cette cure dura près d'une année et produisit un résultat très satisfaisant. — La malade put, sans éprouver aucune lassitude, reprendre sa vie de famille. — Malheureusement de grandes contrariétés troublèrent de nouveau son système nerveux et elle ne tarda pas à présenter tous les symptômes de ta neurasthénie. — La malade fut de nouveau soumise au traitement hydrothérapique pour lequel 'elle avait une prédilection très marquée. — Grâce à lui elle a retrouvé la santé qui depuis plusieurs années semble être à l'abri de tout accident. — Pourra-t-elle la conserver encore longtemps sans payer un nouveau tribut au déraillement de son système nerveux ? — Je

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ne suis pas en mesure de répondre à celte question embarrassante.— Celte silhouette de névropathe qui présente tour à lour les (rails de l'hystérie, de la ehorée. de l'épilepsie, de la maladie de Based/rw et de la neurasthénie est la plus intéressante qu'on puisse voir. — On ne peut pas, certes, supposer que ces diverses névroses aient eu l'une sur l'autre une influence causale assez puissante pour s'engendrer réciproquement. — Il me semble préférable d'attribuer la manifestation et même la succession de ces perturbations si complexes et si disparates au terrible héritage neuro-arthritique qu'elle a reçue de ses ascendants directs, aux prédispositions morbides de son organisme aggravés par le milieu où elle a vécu, à ses fatigues, à ses émotions, à son surmenage inconscient, aux-toxi-infections dont elle a été la victime involontaire et enfin aux pénibles péripéties qu'elle a subies dans son existence. — Toutes ces conditions ont constitué un patrimoine pathologique que des causes accidentelles ont profondément bouleversé. — Elles expliquent suffisamment l'évolution de toutes ces perturbations névropathiques qui, selon la nature des agents générateurs, sont devenues des névroses ou des psychoses ayant presque toutes un air familial très inconnaissable. — Ce fait auquel je pourrais en adjoindre beaucoup d'autres me permettent d'attester les relations qui existent entre la neurasthénie et la maladie de Basedow.

Relations de la neurasthénie avec les névroses ou les pseudo-névroses dont les symptômes essentiels sont principalement caractérisés par des perturbations du système neuro-moteur.

Les états nerveux dans lesquels les troubles moteurs dominent les perturbations mentales et sensitives sont considérés comme des pseudo-névroses qu'on distingue en donnant à chacune d'elles le surnom emprunté au désordre moteur prédominant. — Parmi ces états nerveux la ehorée occupe le premier rang. — Viennent ensuite les tics, les spasmes ou les contractures, les crampes professionnelles, le paramyoclonus. la tétanie, certaines formes de la maladie de ïhomsen ou de Little, lamaladiede Parkinson, la plupart des tremblements fonctionnels, certaines paralysies périphériques ou réflexes et quelques troubles qui trahissent un défaut de coordination ou d'équilibre des mouvements volontaires. — Quelques neurologistes pensent que la neurasthénie a de nombreux relations avec ces divers états nerveux. — Si je m'en rapporte absolument à ces observations personnelles, je crois que ces relations sont assez rares.

Type CVL. — La ehorée et la neurasthénie. — La ehorée, quand elle arrive à son apogée, provoque des mouvements désordonnés qui ne s'adaptent guère avec les symptômes d'épuisement, de la neurasthénie. — La maladie de Bcard ne se manifeste guère qu'au moment où la ehorée prend possession de l'organisme qu'elle menace ou quand elle cesse sa sarabande pathologique.

Type CIVL. — Les tics et la neurasthénie. — Les malades atteints de lies d'origine mentale sont très exceptionnellement atteints de neurasthénie. — On la voit quelquefois se développer chez ceux qui ont des tics purement névropathiques douloureux ou non douloureux.

Type CUIL. — Neurasthénie chez les malades atteints de tétanie, de spasmes ou de contractures el chez ceux qui oui la maladie de Parkinson, de Lit Ile ou de ïhomsen. — La neurasthénie est toul à fait rare chez les malades accusant des symptômes de tétanie, des spasmes ou des contractures, el chez ceux qui présentent les signes de la maladie de Parkinson, de Thomsen ou île Little.

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Quand elle apparaît au milieu de ces divers états morbides ou la considère comme un simple épisode très passager.

Type CIIL. — La neurasthénie chez les malades atteints de tremblement idiopathiques et de spasmes professionnels ou d'incoordination motrice. — Il existe des troubles moteurs qui ont une affinité assez prononcée pour la neurasthénie et qui parfois s'associent avec elle. — Parmi eux je puis citer les tremblements de nature essentielle, placés sous la dépendance d'une diathèse nerveuse héréditaire ou acquise, les spasmes professionnels observés chez les écrivains, les pianistes, les violonistes et chez toutes les personnes qui sont obligées d'exécuter avec leurs mains des manœuvres difficiles et minutieuses.

— Il n'est pas rare de voir quelques neurasthéniques, qui, sans avoir une affection cérébro-médullaire ou cérébelleuse, présentent des désordres moteurs qui rappellent les incoordinations des ataxiques ou la démarche hésitante de certains vertigineux ou même ce défaut d'équilibre qui empêche les astaso-abasiques de se tenir debout ou de marcher.

Type CIL. — La neurasthénie et la pseudo-paralysie. — On rencontre assez souvent des neurasthéniques dont la force neuro-motrice est très amoindrie. — Ils éprouvent toujours une lassitude extiême qui parfois devient une pseudoparalysie. — J'ai soigné beaucoup de neurasthéniques atteints, à des degrés divers, de ces troubles moteurs complexes dont je viens de faire l'énumération. — Presque tous semblaient être enchaînés à ces prédispositions morbides, héréditaires ou acquises, qui caractérisent un organisme mal équilibré.

— Je ne suis pas toutefois éloigné de croire que la neurasthénie qui leur a servi de porte-greffe n'a pas été étrangère à leur apparition. — Quelle que soit

du reste la généalogie qu'on leur accorde, je peux affirmer qu'ils sont toujours améliorés ou guéris par un traitement hydrothérapique approprié à leur mode d'évolution. — Mais je me hâte d'ajouter que pour accroître la valeur thérapeutique de cette cure, il faut s'astreindre à donner aux fonctions nerveuses et

musculaires de ces malades une nouvelle éducation capable de rétablir leur harmonie.

Relations de la neurasthénie avec les troubles de notre sensibilité physique et morale. — Je ne parlerai pas du rôle que joue la cœneslhésie dans la maladie de Beai'd ; j'ai déjà indiqué qu'elle était un phare avertisseur chargé de nous édifier sur les malaises ou sur l'euphorie dont la périphérie du corps peut être la résidence. — Elle laisse entrevoir dans quelles sections organiques la neurasthénie peut trouver son origine. — Nous savons tous que ces troubles sensitifs se trouvent à l'orée de la maladie de Beard, et, sont les principaux générateurs de cette névrose. — A côté de ces troubles sensitifs spéciaux, il faut faire figurer les douleurs physiques et morales, et, s'enquérir avec soin comment les neurasthéniuues les expriment et les supportent.

Type CL. — La céphalée des neurasthéniques diffère des autres douleurs qui siègent dans la tète. Elle est quelquefois associée à des névro myalgies disséminées dans les autres parties du corps, à la rachialgie. etc. — Au premier rang des douleurs physiques éprouvées par lesneurasthéniques il faut placer la céphalée qui est une d^s manifestations fondamentales de la maladie de Beard. — Elle détermine des effets constrictifs comparés par Charcot à ceux que produit l'application sur la tète d'un casque métallique trop étroit. — Elle ressemble par certains points à cette gêne plus ou moins dolente que ressentent les ado-

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lescents éprouvés par un fort surmenage ou une croissance irrégulière. — On l'a comparée à tort à la céphalée des syphilitiques et des rhumatisants. — Celleci a une acuité plus intense et se manifeste de préférence pendant la nuit.

La céphalée neurasthénique est quelquefois associée à la migraine ordinaire et même avec la migraine ophthalmique . — Cette alliance est très compréhensible car on la constate toujours chez les personnes qui appartiennent à la fois aux groupes des névropathes et des arthritiques. — Lorsque ces manifestations douloureuses apparaissent simultanément il est important de savoir les isoler si l'on veut être en mesure d'organiser le traitement qui convient à chacune de ces manifestations douloureuses. — La migraine ordinaire et la migraine ophtalmique ont l'une et l'autre un cachet personnel bien connu qui les distingue de la céphalée et qui exige l'administration de certains procédés hydrothérapiques qui ne ressemblent pas à ceux qu'on utilise dans la neurasthénie.

La céphalée a des liens plus élroits avec la rachialgie ; ces deux expressions de la douleur appartiennent à la symptomalologie de la neurasthénie cérébromédullaire ; il n'est donc pas extraordinaire qu'elles aient entr'elles des traits d'union nettement accusés.

Les douleurs physiques éprouvées pur les neurasthéniques ne sont pas exclusivement cantonnées dans les zones crânienne et vertébrale — Elles peuvent se propager dans toutes les régions du corps et se traduire sous forme de névralgies, d'arthralgies ou de névro myalgies — Quelquefois on rencontre des plaques d'hyperthésie de la peau provoquant des démangeaisons insupportables.

Type CLI. — Rapports de la neurasthénie avec les topoalgies, les algies centrales et les douleurs d'habitude. — Les neurasthéniques accusent des douleurs d'une autre nature qui se localisent dans certains territoires organiques dont la topographie nerveuse est mal délimitée. — Le docteur Blocqles appelle des topoalgies, le docteur Huchard, des algies centrales et le professeur Brissaud, des douleurs d'habitude, c'est à dire prévues d'avance et inévitables. — Toutes ces douleurs ont une origine mentale et ne sont réellement appréciables que dans les psycho-névroses et par conséquent dans la neurasthénie.

Type CLII. — Influence que les douleurs morales ont sur les neurasthéniques.

— Il me reste à étudier les réactions qu'ont les douleurs morales sur les neurasthéniques, à indiquer comment ces malades les expriment ou les supportent et quel est le traitement qui leur convient. — Elles sont liées à des troubles psychiques et matériels dont la manifestation extérieure correspond à la nature intime du sujet intéressé et à sa force de résistance. — Leur expression révèle presque toujours les particularités de leur caractère et les tendances de leur tempérament. — Les apathiques ne sont jamais très bouleversés par les souffrances morales. — Enveioppés dans leur indifférence, protégés par leur égoïsme, ils n'ont besoin que d'une faible assistance médicale. — Les exaltés laissent le champ libre à leur nature expansive et donnent à leurs plaintes un accent d'impressionnabilité maladive qu'ils n'ont pas la force d'atténuer. — Ils ont besoin d'être surveillés au double point de vue de leurs accidents neurasthéniques et de la dépression de leur mentalité.— Quelques neurasthéniques donnent à leurs doléances un sentimentalisme qu'il importe de bien analyser.

— On rencontre parmi eux ceux qui croient aux influences providentielles et qui trouvent un grand apaisement dans les pratiques de la religion ou dans la

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douceur de relations amicales bien choisies. — Il faut aussi désigner, les névropathes dont l'esprit se laisse séduire par des évocations surnaturelles et qui n'hésitent pas à consulter avec empressement les personnages mystérieux, les initiés, les visionnaires ou les devins. — On peut dire que le médecin préposé à la cure de ces malades a charge d'âme et doit être toujours vigilant et très avisé. — Je dois en dernier lieu signaler les neurasthéniques sur lesquels la religion et les relations mondiales n'ont aucune influence et qui ne comptent que sur le temps pour atténuer leur douleur morale. — Ils imposent à leur médecin la double obligation d'être un thérapeutiste habile et un moraliste expérimenté. — Il doit tout d'abord restaurer l'organisme de son malade qui est toujours très affaibli et apaiser ses nerfs qui sont toujours très agités. — L'intervention des agents physiques conviendra à la première partie de sa tâche ; mais il sera nécessaire, pour guérir son malade, de ramener dansson Ame l'espérance qu'il a perdue. — Pour atteindre ce but il devra conseiller à cet infortuné un changement de milieu, de douces distractions, des lectures réconfortantes, une active coopération aux œuvres de bienfaisance et un travail assidu qui puisse mettre en pleine activité toutes ses facultés intellectuelles et morales. — Telle est la cure qui convient aux neurasthéniques à qui le destin a infligé une douleur morale 390

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