APPLICATIONS DE LA DOUCHE TEMPÉRÉE
de donner à l'eau la température convenable. Pouf que cette douche ait une action sédative véritable, il faut que son application soit soumise à des règles précises dont la violation peut compromettre sa valeur curative.
Elle doit être uniformément répandue sur toute l'étendue de la surface cutanée et se composer d'aspersions assez longues et d'une égale amplitude. Pour accentuer son action calmante et porter son influence sur les ganglions, les neurones ou les centres nerveux de la moelle, ainsi que sur leur prolongement radiculaire, il faut la promener assez longtemps sur les côtés des gouttières vertébrales, de haut en bas, parallèlement à l'axe spinal, et, par moment, dune façon oblique presque tangenlielle à la surface du dos.
La projection de cette douche doit être extrêmement douce, rester toujours à l'abri de tout choc intempestif et même, si cela est possible, ressembler à une caresse capable d'engourdir agréablement le patient et de le disposer au sommeil.
La durée est, en général, assez longue; elle peut, selon la tolérance personnelle du patient, varier entre trois et huit minutes. Néanmoins, il ne faut pas croire que pour obtenir une action sédative très puissante il soit nécessaire de la prolonger démesurément. L'expérience démontre qu'une douche de trois à cinq minutes peut presque toujours amener l'apaisement que l'on désire. Dans le plus grand nombre des cas, il m'a paru inutile de la faire durer davantage. En dépassant la limite que je viens d'indiquer, on court le risque de fatiguer les sujets très nerveux au lieu de les calmer. Il est, selon moi, préférable, si l'on veut produire une détente salutaire, de donner dans la même journée deux douches bien réglées que d'en administrer une seule incorrectement prolongée. Voici, du reste, comment je conseille de procéder. On commence par projeter l'eau qui sort des ouvertures de la pomme d'arrosoir sur les cotés de la colonne vertébrale pendant environ deux minutes, en ayant soin, comme je l'ai déjà dit, d'atténuer sa force de percussion et de répandre la masse liquide, qui doit être toujours abondante, avec une extrême douceur. On mouille ensuite assez rapidement la partie antérieure du corps; on asperge de nouveau la région postérieure et on termine l'opération en dirigeant, pendant environ vingt-cinq secondes, les jets d'eau sur les membres inférieurs et sur les pieds.
Pour compléter et maintenir les effets sédatifs de cette douche, il est prudent de ne pas frictionner énergiquement le malade, bien qu'il ait une tendance à se refroidir. Celle manœuvre, quand elle est exa-
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gérée, détermine seuvent une excitation imprévue dont la manifestation peut entraver Faction thérapeutique que l'on recherche. Il suffit presque toujours d'essuyer doucement le patient avec un peignoir fin convenablement chauffé. Après cette légère friction, il s'habille lentement, boit un ou deux verres d'eau fraîche, fait une courte promenade et rentre chez lui en se livrant pendant quelques heures aux douceurs d'un repos complet.
Habituellement, le neurasthénique dont la faiblesse est importunée par les perturbations d'une sensibilité maladive doit recevoir cette douche tempérée une ou deux fois par jour pendant plusieurs semaines et même pendant quelques mois. Il faut que ces manipulations hydriques n'aient aucune interruption et ne soient modifiées dans leur manuel opératoire que le jour où l'on a pu constater que l'agitation nerveuse a perdu son acuité.
Quand les symptômes de l'irritabilité ont disparu, les neurasthéniques délivrés de toute complication révèlent librement leur faiblesse. Arrivés à ce tournant de leur maladie, on peut, sans inconvénient, les soumettre aux applications excitantes de l'hydrothérapie. Pour que leur intervention ait une réelle efficacité et soit inoffensive pour le système nerveux toujours prêt à se révolter, voici comment il convient de procéder. On commence toujours la séance hydrothérapique en administrant au malade une douche tempérée plus ou moins courte ; dans le cours de cette opération, on élève insensiblement la température de l'eau de deux, trois ou quatre degrés jusqu'à ce que l'on parvienne à réchauffer agréablement le corps. Après avoir obtenu cet accroissement passager de chaleur, on rafraîchit l'eau en observant dans cet acheminement vers les basses températures une transition presque imperceptible. La douche, ainsi adaptée à la susceptibilité du patient, est projetée sur toutes les parties inférieures du corps, et pour empêcher l'apparition d'un mouvement réactionnel qui, dans ce cas spécial, pourrait devenir compromettant, on se hâte de recouvrir les régions mouillées avec de l'eau agréablement chaude. On renouvelle chaque jour ces tentatives ; et, lorsque le malade témoigne une certaine tolérance pour le froid, on termine l'opération par une douche froide de courte durée. Plus tard, surtout si le retour dv<, phénomènes d'agitation semble conjuré, on peut, dès le début de la séance, administrer au patient une douche froide en arrosoir ou en jet et même lui faire exécuter un rapide plongeon dans une piscine remplie d'eau ù basse température. A cette période du traitement, les diverses applications que je viens d'indiquer produisent presque tou-