GRANDS SYMPTOMES DE DÉTRESSE
limite. Ses pensées assombries par sa douleur portaient plutôt les empreintes d'une immense et légitime tristesse que d'une véritable mélancolie. Sans doute l'épuisement. de son activité' vitale lui donnait quelques inquiétudes: mais son esprit paraissait affranchi de craintes personnelles et de conceptions hypocondriaques.
Dans ses nuits presque sans sommeil elle avait des visions terrifiantes qui laissaient après elles une agitation nerveuse difficile à apaiser. Ses parents et ses amis ne parvenaient à la calmer qu'en l'entourant d'une affectueuse vigilance ou en lui adressant des paroles consolatrices.
A ces perturbations qui révélaient à la fois l'impressionnabilité maladive et la détresse du système cérébro-spinal, venaient s'ajouter des troubles, presque toujours de nature astliéniques, disséminés dans diverses circonscriptions du nerf grand-sympathique.
Le cœur palpitait assez vivement, accusant une grande faiblesse, sans provoquer d'angoisse ni d'étouffement. Le pouls était irrégulier dans ses pulsations, souvent très dépressiible mais parfois assez résistant. On voyait apparaître sur la face et dans certaines régions de la surface cutanée des pâleurs suintes prompteinent remplacées par des plaques rouges plus ou moins durables et souvent escortées d'une série de sensations de chaleur et de froid.
Le tube digestif était le siège de désordres fonctionnels exprimant presque tous une incontestable atonie. La langue était blanche, très étalée et un peu sèche, l'appétit fort peu développé et les digestions toujours lentes et pénibles. L'estomac présentait lotis les signes d'une véritable distension compliquée de gargouillements assez bruyants qui parcouraient toute l'étendue du tube intestinal. La constipation était assez prononcée et ne cédait qu'à des lavements huileux quotidiennement renouvelés. Sou visage amaigri et comme recouvert d'un vernis de couleur sub-ictérique indiquait un appauvrissement sensible de la nutrition. Ses urines étaient rares, peu denses et contenaient une assez grande quantité de matières exl l'actives de nature minérale, sans modifications qualitatives appréciables.
Les fonctions génitales ne présentaient aucun désordre.
Cette jeune malade avait tous les symptômes «l'une neurasthénie essentielle localisée dans l'encéphale, dans la moelle épinière el dans une section importante du nerf grand^s-ympathique.
L'usage des toniques et des calmants empruntés à une riche pharmacopée, les frictions d»; toute sorte, l'électricité el même les bains de sang employés à cette époque oe prodmsirenl pas des résultats