HEUREUX EFFETS DE L'HYDROTHÉRAPIE ET DE LA PSYCHOTHÉRAPIE
satisfaisants. On lui conseilla de s'installer dans un établissement hydrothérapique. Elle prit, au début de la cure, des doucbes tempérées très légères, assez courtes et renouvelées deux fois pas jour. Elles produisirent un effet sédatif qui eut pour résultat d'apaiser l'irritabilité de son système nerveux. On administra ensuite à la malade des douches chaudes pour dissiper les douleurs dont elle se plaignait, puis on eut recours aux douches attiédies auxquelles succédèrent les douches progressivement refroidies, remplacées plus tard par des douches froides très courtes qui furent fort bien supportées.
Après deux mois environ de ce traitement une grande amélioration se produisit chez la malade. Ses forces physiques retrouvèrent progressivement leur ancienne activité, et, ce retour vers l'équilibre coïncida heureusement avec l'accroissement de sa résistance morale. Son esprit supportait avec plus d'énergie les épreuves de sa triste vie; elle semblait renaître à l'espérance et devenir accessible aux douces distractions qu'on cherchait à lui donner.
Il est permis de croire que le traitement hydrothérapique a facilité cette restauration vitale ; mais on doit attribuer une grande part de ce succès à la salutaire influence que cette malade trouva dans son entourage et surtout dans les soins vigilants d'une amie dévouée qui, dans ces malheureuses circonstances, joua, sans montrer aucune défaillance, le rôle d'une fée bienfaisante et éclairée.
Depuis cette époque déjà assez lointaine, j'ai revu cette neurastbénique dont la guérison est restée définitive. Elle s'est mariée, a eu plusieurs enfants, paraissant heureuse de partager sa tendresse entre sa nouvelle famille et son père qui a trouvé dans cette affection inaltérable la force de supporter courageusement son immense chagrin.
Type III. — Neurasthénie essentielle développée chez une jeune femme à la suite d'une émotion vive et d'un outragQ public l'ait à sa personne. Traits caractéristiques de la neurasthénie disséminés dans l'encéphale, dans la moelle épinière et dans le nerf Grand, Sympathique. — Troubles matériels et psychiques de la sensibilité. — Epuisement de la force neuro- motrice. — .Manifestations neuroarthritiques d'origine héréditaire. — La guérison a été longue à venir ; mais une fois obtenue elle est restée complète et définitive.
Il s'agit ici d'une jeune femme appartenant à une estimable famille et élevée par ses parents avec une affectueuse sollicitude. On la maria à un peintre d'avenir, passionné pour son art, accessible à tous les plaisirs mondains et ne dédaignant pas de se fourvoyer dans ce qu'on appelait autrefois les liaisons dangereuses. Nous allons voir
NEURASTHÉNIE ESSENTIELLE. — TROUBLES fSYCHIQUES. C>9
dans un instant que cette périlleuse tendance fut pour lui la cause d'un cruel mécompte.
Il se promenait un jour avec sa femme et lui faisait contempler d'admirables bijoux étalés dans les vitrines d'un magasin très renommé. Tout à coup il se trouva en présence d'une femme, bien connue de lui qui lui lança publiquement une terrible apostroplie. Elle lui reprocha de l'avoir lâchement abandonnée et de lui avoir laissé la charge d'un enfant en bas âge dont il savait être le père. Elle dirigea sur son visage ses mains crispées qui cachaient l'une et l'autre un flacon de vitriol.
La jeune mariée épouvantée par cette scène aussi inattendue qu'outrageante pour elle s'éloigna sans mot dire et se réfugia chez ses parents. Le mari, physiquement sain et sauf, ne tarda pas à venir la rejoindre. Une explication assez vive eut lieu naturellement entre les deux époux; le père et la mère, profondément troublés par le récit de ce scandale proposèrent à leur fille de rester avec eux et engagèrent leur gendre à faire un voyage pour lequel il serait facile de trouver un légitime prétexte. Quant il revint de cette pérégrination forcée, on lui proposa de consentir amiablement à une séparation qui, dans ces circonstances pénibles, paraissait être l'agent pacificateur le plus efficace-. Elle fut acceptée de part et d'autre avec une sorte de résignation voilée qui semblait avoir laissé dans le cœur des intéressés l'espoir d'une réconciliation prochaine.
Ce douloureux conflit eut une fâcheuse influence sur la santé de la jeune femme qui présenta des désordres nerveux dont on put aisément comprendre la nature et découvrir l'origine. Elle n'avait eu dans sa courte existence que de légers malaises, quelques accès de migraine et des troubles passagers de l'estomac.
Un matin, en sortant de sa chambre, elle fut prise d'accidents vertigineux qui auraient probabablement occasionné une chute sur le sol sans le secours d'un appui protecteur qui l'empêcha de tomber. On l'aida à se placer dans un fauteuil qu'elle occupa toute la journée. A peu près remise de ces secousses impressionnantes elle murmura quelques plaintes et manifesta à son entourage la crainte d'assister, sans pouvoir se défendre, à l'affaissement de ses facultés mentales. On appela à son secours un médecin dont l'intervention prévoyante et sûre amena un sensible apaisèmeni de ses nerfs.
Après une accalmie de quelques jours, la malade ressentit des troubles analogues à ceux qu'elle avait déjà eus ; se plaignit en même temps d'une grande excitabilité nerveuse [complément suivie d'épui-