‹ La neurasthénieChapitre 37 sur 163 · HYDROTHÉRAPIE CALMANTE ET TONIQUE · texte numérisé non relu

HYDROTHÉRAPIE CALMANTE ET TONIQUE

était neurasthénique et lui conseilla de faire un traitement hydrothérapique. Cette cure fut suivie avec une parfaite exactitude. Pour calmer son agitation il prit deux fois par jour une douche tempérée, à percussion très légère et d'une durée qui variait, selon ses dispositions quotidiennes, entre deux et cinq minutes.

A peine l'apaisement de ses nerfs fut-il obtenu, que le malade ressentit des douleurs vertébrales qui, en s'irradiant dans les côtes, les lombes et dans la région abdominale, lui occasionnaient des souffrances intolérables. On lui administra une série de douches chaudes plus ou moins longues terminées par une douche froide extrêmement courte. Dans l'application de cette douche écossaise,, on eut le soin, surtout dans les premières séances, de faire succéder l'eau froide à l'eau chaude en observant dans cette substitution une transition presque imperceptible. Cette manœuvre hydrothérapique produisit un effet analgésique très satisfaisant. Après avoir acquis cet heureux résultat il devint plus facile de traiter les symptômes de faiblesse nerveuse dont l'évolution avait été jusqu'alors marquée par les multiples désoidres de la sensibilité.

On employa d'abord les douches à température variable dans le cours de chaque séance ; on les remplaça ensuite par des douches rafraîchies et même froides que le malade supporta admirablement bien.

Ce traitement continué pendant trois mois consécutifs modifia très avantageusement la santé du jeune patient. Sous son influence la nutrition occasionnellement compromise redevint normale, les forces vitales retrouvèrent la vigueur qu'elles avaient perdue et les facultés intellectuelles, un instant éclipsées, ne gardèrent pas à acquérir une activité qui ranima le courage du malade et réveilla même son ambition.

Heureux de cette restauration si obstinément recherchée, il se hâta de reprendre ses travaux favoris et put, selon son vif désir, retourner au palais où l'attendaient des succès qui lui permirent d'oublier les infortunes de ses débuts professionnels.

Les quatre silhouettes que je viens d'esquisser forment une sorte de tétralogie dans laquelle la neurasthénie se présente dans toute sa simplicité, av*c ses symptômes caractéristiques et ses causes le moins contestées. Celles qui vont suivre me permettront d'accentuer certains traits spéciaux de la maladie de Beard et, me fourniront l'occasion de mettre en relief* l'influence qu'exercent sur son explosion les violences physiques et le traumatisme.

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