NEURASTHÉNIE CAUSÉE PAR DES SECOUSSES MORALES ET PHYSIQUES
Dans les types V, VI, VII, VIII et IX, on trouvera le croquis de quelques malades devenus subitement neurasthéniques à la suite de secousses physiques et morales produites par un grand choc inattendu. Parmi les causes qui président au développement de la maladie de Beard, le traumatisme occupe le premier rang. Il doit cette suprématie à l'intensité et même à la brutalité des vibrations qu'il détermine dans le système nerveux. Lorsque son intervention vient se placer à côté de celle d'autres causes génératrices et notamment à côté de celle de l'hérédité, le sujet chez lequel s'accumulent toutes ces mauvaises influences éprouve très rapidement de terribles commotions qui' se traduisent à la fois par des troubles médullaires très accentués, par des phénomènes hystériques et par de simples accidents neurasthéniques. J'aurai l'occasion de parler de ces diverses manifestations nerveuses qu'un seul choc peut réunir sur la même personne; elles méritent d'être étudiées avec une grande attention au double point de vue de la science et de notre législation civile. A cette place je dois me contenter de présenter quelques exemples de neurasthénie essentielle d'origine traumatique.
Type V. — Neurasthénie essentielle, exclusivement, cérébro-spinale, survenue à la suite d'un pseudo-naufrage sur mer. — Prédispositions morbides innées1 et acquises à peu près nulles. — Quelques symptômes de commotion des centres nerveux. — Heureux effets des affusions froides employées presqu'au début du traitement. — Effets complémentaires obtenus par l'usage régulier de douches convenablement refroidies.
Ce type m'est fourni par un jeune femme devenue neurasthénique à la suite d'un terrible accident qui faillit lui coûter la vie. Quelques jours après son mariage, elle prit la résolution de faire son voyage de noces en Amérique où ses parents avaient de nombreuses et très agréables relations. Dès les premiers jours de leur arrivée aux Etats- Unis, les jeunes époux trouvèrent partout un accueil chaleureux qui leur permit d'apprécier la somptueuse délicatesse de l'hospitalité américaine. Il furent reçus dans les familles les plus renommées, même dans cette caste des quatre cents qui ressemble, par certaines particularités, à ce groupe aristocratique qu'on appelle à Paris le faubourg Saint-Germain. En pénétrant dans ce monde très nouveau pour eux, ils eurent l'occasion de constater l'entrain cordial et l'activité intellectuelle des hommes de cette race et d'admirer en môme temps le charme et la distinction des femmes de cet intéressant pays.
Ce voyage nuptial fut pour les jeunes mariés une véritable source