‹ La neurasthénieChapitre 48 sur 163 · NEURASTHÉNIE CARDIAQUE. — FAIBLESSE DU MYOCARDE · texte numérisé non relu

NEURASTHÉNIE CARDIAQUE. — FAIBLESSE DU MYOCARDE

ques lignes la petite histoire pathologique. Il est névropathe depuis sa naissance et a eu plusieurs fois dans sa vie des accès de neurasthénie qu'on pouvait très judicieusement attrihuer à un excès de fatigue physique ou de travail intellectuel et à une série de préoccupations très énervantes. Son genre de vie semblait se mettre à l'unisson de ces diverses causes pour jeter un certain désarroi dans l'équilibre de toutes ses fonctions. Quotidiennement enfermé dans sa bibliothèque, qu'il a intelligemment garnie de ses livres préférés, il sort tous les soirs, dîne souvent en ville, fréquente assidûment tous les spectacles et ne se prive pas de courir des aventures nocturnes. Rebelle à toute remontrance, il se plaît à rechercher les émotions les plus vives qui, pour me servir d'une expression dont il fait un fréquent usage, ont le don de lui aller droit au cœur. Il ne se trompe pas. Sa vie de noctambule le fatigue, l'énervé et lui procure assez souvent des accès de neurasthénie dans lesquels les douleurs erratiques, les malaises digestifs et les troubles cardiaques jouent un rôle assez important.

Il y a quelque temps, profitant de l'accalmie relative de son système nerveux, il entreprit un assez long voyage qui se termina par un séjour prolongé à Rome et à Florence. Il faisait tous les jours de fréquentes et longues visites aux musées de ces cités fameuses sans négliger des promenades quotidiennes à travers la campagne ravissante qui s'étend autour d'elles. Un jour, à la suite d'une longue excursion à Fiesole., il éprouva une extrême fatigue aggravée par des douleurs de tête qui l'obligèrent à rentrer à son hôtel. Il s'alita aussitôt, se reposa pendant quelques jours et psrtit ensuite pour Paris où je pus l'examiner dès le lendemain de son arrivée.

Il se trouvait dans un état d'épuisement nerveux très manifeste ; ses forces physiques et son activité intellectuelle paraissaient amoindries. Sa sensibilité trahissait sa perversion par des phénomènes d'agitation et des douleurs localisées spécialement dans la tète et dans les membres. Ses fonctions digestives étaient irrégulières et avaient une inertie générale qui se traduisait par des distensions de l'estomac après les repas et par une journalière constipation. Mais il semblait surtout préoccupé des palpitations de son cœur, des accélérations irrégulières de son pouls, d'un surcroît de chaleur précédé de frisson et suivi parfois d'une sécrétion de sueur limitée aux sections de la peau protégées contre l'air extérieur.

La palpation, la percussion et l'auscultation du cœur ne révélaient rien d'anormal dans la structure de cet organe. Ses battements étaient faibles et avaient dans leur cycle ordinaire des arrêts à peine percep-

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