‹ La neurasthénieChapitre 50 sur 163 · NEURASTHÉNIE. ÉPUISEMENT NERVEUX DOMINÉ PAR UNE GRANDE AGITATION. (J · texte numérisé non relu

NEURASTHÉNIE. ÉPUISEMENT NERVEUX DOMINÉ PAR UNE GRANDE AGITATION. (J

Son appareil digestif attestait son inertiepar des symptômes sig-niii-

catifs. Son appétit était peu développé et les modestes repas qu'il prenait provoquaient une distension stomacale très appréciable presque toujours accompagnée d'un sentiment de torpeur qui le disposait au sommeil. Il avait des garde-robes rares, des mictions très espacées et parfois des pertes séminales involontaires qui sur venaient presque toujours pendant la nui t.

Il ne pouvait pas faire la moindre lecture sans fatiguer son attention. Son esprit était absorbé par des idées hypocondriaques que lui inspiraient ses troubles cardiaques qu'il croyait être les prodromes d'une véritable maladie de cœur. 11 était vraiment privé de toute résistance organique et paraissait être un homme épuisé; mais il avait par moment des accès d'agitation qui troublaient tout son entourage et provoquaient des sursauts de sensibilité difficiles à calmer.

Pendant un mois environ il prit quotidiennement une douche tempérée, à percussion légère, courte quand il était fatigué et assez longue quand il paraissait trop surexcité. L'action sédative de cette douche, quelquefois renouvelée dans la môme journée, fit sentir son heureuse influence sur ses désordres matériels et sur les troubles de son esprit. On fit plus tard intervenir de courtes" douches chaudes progressivement refroidies qui eurent pour résultats de reconstituer les forces de l'organisme et de combattre avec succès la détresse du cœur et du réseau capillaire. Quelquefois, lorsque, dans le cours du traitement, la douche était trop énergique ou trop brusquement refroidie, les phénomènes d'hypertension succédaient vite à ceux de l'hypotension; et j'étais forcé, pour rétablir l'harmonie dans la circulation, d'administrer des douches plus clémentes et surtout mieuxréglées.

Grâce à ce traitement, le malade fut débarrassé de sa neurasthénie. Il eut môme plus tard l'heureuse fortune d'acquérir une activité vitale qu'il n'avait jamais eue et qui lui permit de maîtriser les impulsions nerveuses et les excitations désordonnées dont il avait été trop souvent la malheureuse victime.

J'arrête avec ce type l'énumération des nombreux exemples de neurasthénie essentielle cardiaque et vasculaire que j'ai observés dans ma pratique. Pour en accentuer l'importance, il m'a paru fort utile de placer à côté d'eux des faits plus complexes qui méritent un sérieux examen. Ils vont me servir à indiquer les relations de la neurasthénie avec les maladies organiques ou fonctionnelles du cœur et des vaisseaux sanguins et à étudier les rapports encore mal déterminés qui existent entre la maladie de Beard et les perturbations irrégulières qu'on observe au début de l'artério-sclérose.

Page 1