NEURASTHÉNIE ET PÉRIGARD1TE
s'apaisèrent, et le malade put sortir et se donner quelques distractions. Un jour, en rentrant chez lui, il fut pris d'un véritable accès de neurasthénie ; les médecins qui le virent à ce moment attribuèrent cet accès à différentes causes. Les uns le placèrent sous la dépendance de son ancienne dyspepsie, accusée par eux d'avoir provoqué des troubles dénutrition et peut-être d'intoxication dans les tissus des centres nerveux. Les autres lui donnèrent pour point de départ une altération du sang- déterminée par les manifestations morbides du rhumatisme dans le péricarde et dans les vaisseaux. Ces conceptions pathogéniques sont parfaitement acceptables; et je me hâte d'ajouter que je n'ai pas de renseignements suffisants pour me permettre de désigner celle qui mérite la préférence. Me complaisant dans mon rôle de praticien, j'ai la satisfaction de pouvoir dire que le traitement hydrothérapiquc conseillé à ce malade lui a été très favorable. Il a guéri sa neurasthénie, modifié heureusement sa dyspepsie, régularisé ses actes de nutrition, réparé son sang- et rendu à son organisme assez de force pour maintenir dans la bonne voie l'altération du péricarde.
Le second malade atteint, comme celui dont je viens de parler, d'une péricardite chronique est un arthritique chez lequel est venue se greffer une affection syphilitique assez rebelle. Il a été lui aussi victime d'une neurasthénie symptomatiqûe que ses médecins ont attribuée a la viciation de son sang, à la diathèse rhumatismale, à l'altération spéciale et même spécifique du péricarde et des vaisseaux qui pénètrent dans l'encéphale. J'ai déjà essayé d'éclairer cette question de pathogénie que j'examinerai de nouveau à la fin de ce fascicule. Pour le moment, je me contenterai de dire que ce malheureux avarié a trouvé dans l'hydrothérapie un agent très secourable.
J'insiste sur ce fait pour rassurer les nombreux médecins qui proscrivent impitoyablement cette méthode curative de la thérapeutique des maladies organiques du cœur. Cet ostracisme n'est pas équitable. Il a pour résultat de priver les neurasthéniques atteints d'une maladie de cœur de se soumettre à une cure qui, dans beaucoup de cas, est très bienfaisante pour eux.
Je n'ignore pas que son application offre de grandes difficultés ; mais je crois que ces difficultés ne sont pas insurmontables si l'on sait choisir et administrer les procédés hydrothérapiques qui s'adaptent le mieux aux particularités cl au degré de tolérance de chaque individualité morbide.
Pour instituer le traitement des neurasthéniques atteints d'affec-