‹ La neurasthénieChapitre 53 sur 163 · NEURASTHÉNIE ET CERTAINES AFFECTIONS CARDIAQUES · texte numérisé non relu

NEURASTHÉNIE ET CERTAINES AFFECTIONS CARDIAQUES

tions organiques du cœur il faut savoir distinguer les diverses transformations que subissent ces affections et s'appliquer à reconnaître si elles sont dans la période d'état ou de compensation on dans la période d'asystolie. Au moment où l'asystolie se manifeste, l'intervention de l'hydrothérapie peut être compromettante, il faut la bannir et renvoyer son intervention à des jours meilleurs. Il n'en est pas de même dans la phase de la compensation. On peut avoir recours à elle avec moins d'appréhension. Si son application obéit à une direction rationnelle, elle est capable de faire disparaître la plupart des accidents neurasthéniques, de réveiller en même temps la tonalité du cœur qui se trouve souvent compromise, de régulariser ses battements qui sont ou trop exagérés ou trop faibles, de modifier la circulation périphérique, et en facilitant ainsi le fonctionnement de l'organe central d'éviter au myocarde des défaillances regrettables. On peut également améliorer les troubles dyspeptiques si fréquents chez les cardiaques, réglementer les actes de nutrition, apaiser les suffocations, diminuer les congestions des viscères limitrophes tels que la rate et la foie et donner aux organes éliminatoires, comme le rein et la peau, la force de provoquer des sécrétions libératrices. La perspective de pareils bienfaits est certainement assez riante pour engager les médecins foncièrement prudents à devenir plus entreprenants.

L hypertrophie du cœur et la neurasthénie. — L'hypertrophie du cœur, qu'elle soit organique ou fonctionnelle, a de nombreux points de contact avec la neurasthénie. Il me paraît utile de signaler les plus importants.

Type XVIII. — Influence de l'hypertrophie du cœur due à un obstacle mécanique sur le développement de la maladie de Beard. — En affaiblissant l'organisme ou en inspirant aux malades qui en sont atteints la crainte d'une mort prochaine, cette hypertrophie provoque quelquefois la neurasthénie de la détresse ou celle de la peur. Elle peut aussi, quoique plus rarement, produire la neurasthénie d'origine périphérique ou réflexe et la neurasthénie symptomatique qui, presque toujours, ne jouent qu'un rôle très secondaire. Ces perturbations sont surtout appréciables chez les personnes dont les nerfs sont particulièrement vulnérables.

Pour amoindrir ou pour vaincre la résistance que la plupart des lésions histologiques opposent à la libre circulation du sang dans les vaisseaux, le cœur est obligé d'accomplir des efforts excessifs et soutenus qui déterminent à la longue un accroissement de volume de ses fibres" musculaires. C'est ainsi que se développe l'hypertrophie du cœur vraie ou par obstacle mécanique.

NEURASTHÉNIE. HYPERTROPHIE DU COEUR. lOft

Elle se traduit par des signes matériels qui permettent de reconnaître son étendue et son intensité. Bien qu'elle arrive le plus souvent à compenser les troubles qu'amènent les altérations qui l'ont produite, cette hypertrophie exerce sur toutes les grandes fonctions de l'organisme une influence parfois très regrettable.

Elle appauvrit les qualités du sang, affaiblit les forces vitales et démoralise les malades en leur inspirant fréquemment la crainte de la mort. En déterminant l'épuisement matériel et l'insécurité morale, l'hypertrophie du cœur prépare l'explosion de cette neurasthénie qui succède à la détresse ou à la peur.

Comme la plupart des affections du cœur, l'hypertrophie peut donner quelquefois naissance à la neurasthénie d'origine périphérique ou réflexe et à la neurasthénie symptomatique.

Pour lutter contre toutes ces manifestations névropathiques, l'hydrothérapie possède de précieuses ressources qui seront fort utiles si son intervention est sagement conduite. Il faut, bien entendu, attendre pour la mettre en œuvre que l'hypertrophie ait accompli son action compensatrice. Je pourrais appuyer cette affirmation par de nombreux faits. Mais je crois que cet inventaire serait très probablement fort peu consulté et ne ferait pas mieux comprendre ma pensée. J'y renonce.

Type XIX. — Relations de l'hypertrophie fonctionnelle du cœur avec la neurasthénie et avec la plupart des névroses cardiaques. — Causes et effets de cette hypertrophie. — Son traitement par l'hydrothérapie.

Les malades dont le cœur est le siège de cette hypertrophie fonctionnelle ou idiopathique que le professeur Jaccoud a si judicieusement décrite sont très souvent neurasthéniques. Chez eux l'hypertrophie du cœur et la maladie de Beard sont tributaires l'une de l'autre ; tantôt c'est la première qui engendre la seconde, tantôt, c'est le contraire qui a lieu. Dans ce dernier cas j'ai remarqué que la neurasthénie à forme hypertensive est celle dont l'influence causale se manifeste avec le plus de clarté. En rétrécissant le calibre des vaisseaux capillaires, elle oblige le cœur à exécuter des contractions qui, en se renouvelant, finissent par accroître le volume et la consistance de ses fibres. Il existe de nombreux fa'ts démontrant l'enchaînement de tous ces phénomènes. Ils sont connus de tous les médecins et en faisant ici appel à leur témoignage, je courrais le risque d'accomplir une manœuvre inutile. Je n'ai donc pas besoin de les citer. J*^2252

Je tiens seulement à affirmer que l'hydrothérapie a une action

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