‹ La neurasthénieChapitre 54 sur 163 · NEURASTHÉNIE. — HYPERTROPHIE FONCTIONNELLE DU COEUR · texte numérisé non relu

NEURASTHÉNIE. — HYPERTROPHIE FONCTIONNELLE DU COEUR

curative réelle sur les manifestations morbides que je viens d'indiquer; pour la rendre plus efficace il faut employer ses procédés sédatifs et recourir de préférence à la douche hypotensive qui est toujours très salutaire.

Le résultat ne doit pas étonner les praticiens qui savent que l'hypertrophie idiopathique et la maladie de Beard ont souvent une origine commune. Elles peuvent, en effet, être l'une et l'autre provoquées par une série d'émotions violentes, par un surmenage désordonné, par des excès de fatigue, par l'abus du tabac, des boissons excitantes comme le thé, le café, le Champagne, etc.

En tenant compte de ces influences causales, il est aisé de comprendre que l'hypertrophie idiopathique du cœur et la neurasthénie sont très souvent associées à la plupart des névroses cardiaques, aux palpitations nerveuses, à l'angine de poitrine, à la maladie de Basedow dont je vais m'occuper dans un instant. Elles ont aussi des relations fréquentes avec cet ensemble de troubles que présentent les jeunes gens éprouvés par une croissance défectueuse ou trop rapide. L'étude de ces dernières alliances exige une mention spéciale.

Personne n'ignore que l'hypertrophie fonctionnelle que l'on constate au moment où le corps humain commence à grandir et à se développer a été désignée sous le nom d'hypertrophie de la croissance. C'est le professeur G. Sée qui l'a ainsi baptisée et qui, dans une monographie remarquable, Ta considérée comme le signe le plus important d'une mauvaise croissance. Plus tard, mon ami, le Dr Blache, a greffé sur elle la céphalée de l'adolescence. D'autres sont venus ajoutant à ces manifestations les principaux symptômes de la maladie de Beard. Mais je n'hésite pas à dire que c'est au Dr M. Springer qu'il faut attribuer la plus grande part dans la découverte et dans la vulgarisation des connaissances que nous possédons aujourd'hui sur la croissance. On ne peut vraiment étudier cette question biologique sans évoquer le nom de ce distingué et savant confrère. Dans ses remarquables travaux où figure la synthèse de ses ingénieuses recherches, il nous apprend que les défections de la croissance peuvent être attribuées à l'amoindrissement de toutes les forces vives qui sont chargées de veiller au maintien de ce qu'il appelle très heureusement l'énergie de la croissance. Cette énergie puise ses ressources dans le milieu fluide où nous vivons et dans les aliments que nous absorbons. Mais pour qu'elle soit effective, il faut que les échanges organiques qui s'accomplissent dans nos t-issus aient une régularité parfaite. Si ces mutations sont compromises, le sang perd ses qualités nutritives

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