‹ La neurasthénieChapitre 55 sur 163 · CROISSANCE ET HYPERTROPHIE DU COEUR · texte numérisé non relu

CROISSANCE ET HYPERTROPHIE DU COEUR

et les nerfs subissent de grandes perturbations. L'organisme ne peut plus alors supporter toutes les métamorphoses que réclame son développement; il s'épuise et s'énerve. Cet état d'affaisement provoque les désordres nerveux de la croissance dont j'ai déjà parlé. Et l'on voit parmi eux se dessiner les traits caractéristiques de la maladie de Beard, le plus souvent liée à l'hypertrophie fonctionnelle du cœur.

Type XX. — Hypertrophie fonctionnelle du cœur et neurasthénie survenant ensemble ou isolément pendant la période de croissance. — Mauvaise influence d'une croissance défectueuse. — Heureux effets de l'hydrothérapie sur les adolescents trouhlés dans le développement de leur organisme. — Je ne dois m 'occuper ici que de la neurasthénie qui apparaît dans la période de croissance chez les jeunes gens dont le cœur est devenu le siège d'une hypertrophie idiopathique.

Tous les travaux consacrés à cette maladie renferment des faits qui offrent dans leur évolution une parfaite ressemblance. Les cas que j'ai personnellement observés présentent la même uniformité. Je puis donc me contenter de n'en publier qu'un seul. J'espère qu'il sera assez significatif.

C'est celui d'un garçon dont la lignée ancestrale est encombrée de névropathes et d'arthritiques; dans son enfance et dans les premières années de sa jeunesse il n'a pas eu de maladies graves; il était seulement sujet à des accès de migraine assez pénibles. Sa constitution physique paraissait délicate et lui donnait un aspect féminin assez marqué. Ses facultés psychiques avaient promptement acquis un grand développement, et il profitait de ce don naturel pour condamner son esprit à un travail démesuré. Il avait en même temps un goût très accentué pour la gymnastique qui parfois lui occasionnait une véritable courbature et pour l'escrime qui exagérait ses douleurs de tête et faisait palpiter son cœur. Ces exercices déréglés qu'il imposait à son esprit et à son corps provoquèrent un véritable surmenage qui motiva un repos forcé. A ce moment il subit les épreuves de la croissance; sa taille augmenta sensiblement pendant que ses muscles maigrissaient et perdaient le relief qu'ils avaient auparavant.

Les médecins appelés auprès de lui constatèrent, en dehors des symptômes apparents dont je viens de parler, une atonie gastro-intestinale, une dénutrition évidente, une hypertrophie du cœur avec une légère dilatation de cet organe, des palpitations et de la tachycardie. Ils lui conseillèrent de séjourner tranquillement à la campagne, de faire un usage quotidien de toniques et de nervins. Une légère amélioration se produisit. Mais l'abandon momentané de ses études et de

Page 1