NEURASTHÉNIE. — ABUS DE L'ONANISME. 1S
outrance par des exercices équestres qui déterminaient parfois une excitation uréthrale insupportable.
Sous l'influence de cette passion déprimante, ses forces physiques diminuèrent sensiblement, ses facultés intellectuelles perdirent leur activité. Son esprit devint la proie d'idées fort tristes qui le plongèrent dans une affreuse mélancolie. Plus d'appétit, plus de sommeil, plus d'énergie" morale. Il voyait avec effroi la pâleur livide de son visage, l'expression désolée de son regard et pressentait avec émoi l'arrivée prochaine de sa déchéance. Profondément troublé par l'état lamentable de tout son être, il se hàtad'appeler un médecin à son secours.
Dès sa première visite le praticien consulté se rendiLcomple de la déprf ssion physique et morale du malade. Après avoir constaté tous les phénomènes que je viens de décrire et reçu les confidences qui le renseignèrent sur les antécédents de son client, il conclut à l'existence d'une neurasthénie causée par les manœuvres d'une masturbation abusive. Il lui conseilla de suivre un traitement hydrothérapique approprié à son état. On administra tout d'abord des douches sédatives qui calmèrent l'excitabilité dont le système nerveux, malgré sa torpeur apparente, donnait des signes incontestables et apaisèrent sensiblement les ardeurs génésiques qui n'avaient pas encore complètement disparu.
Un jour il avoua à son médecin qu'il n'avtit pas absolument renoncé à l'onanisme et lui annonça avec une certaine tristesse que les manœuvres de la masturbation ne parvenaient plus à projeter au dehors la liqueur spermatique. Cette révélation nécessita une analyse de l'urine qui permit de constater l'existence de la spermatorrhée.
A partir de ce moment on eut recours à des douches courtes progressivement refroidies et on leur adjoignit des bains de siège à eau courante pour réveiller la tonalité de l'appareil séminal. Il fut difficile de savoir à quelle époque remontait cette spermatorrhée. On fut disposé à croire qu'elle s'était manifestée au moment où la neurasthénie générale, en se localisant dans les voies génitales, s'était transformée en une! neurasthénie sexuelle. Elle suivit du reste les phases traversées par cette névrose et disparut avec elle.
Dans ce cas spécial les applications locales ont rendu un réel service ; mais il faut attribuer la guérison de ce malade aux applications générales de l'hydrothérapie. C'est elles qui ont ramené l'équilibre dans le système nerveux de ce malade, et, en lui rendant toute son énergie fonctionnelle, lui ont permis d'égaler la vigueur de ses amis les mieux réputés.