DIVERSES PHASES DE LA SPERMATORRHÉE
autour de la région pubienne. L'individu vivement impressionné par cette secousse inconsciente se réveille. Si sa constitution est assez résistante, il ne ressent aucun ébranlement nerveux ; il éprouve même quelquefois ce particulier bien-être qui accompagne l'exécution régulière d'un acte physiologique normalement accompli.
Si cette scène lubrique ru3 se renouvelle pas, le système nerveux reste à l'abri de toute offense et n'a besoin d'aucune réparation. Mais si les pollutions deviennent fréquentes elles finissent par exagérer l'impressionnabilité des nerfs et à provoquer une certaine perturbation de l'organisme. Dès ce moment il faut s'appliquer à faire disparaître ces pertes séminales involontaires avant qu'elles aient franchi la première période de la maladie. On pourra obtenir un résultat satisfaisant en conseillant une vie calme, un régime alimentaire peu excitant, des promenades quotidiennes, un travail régulier et des douches sédatives le plus souvent peu prolongées.
Type LXXIII.
En entrant dans la seconde période la maladie ne conserve plus son allure initiale. Les pollutions ont toujours lieu pendant la nuit, mais elles sont moins promptes à se manifester et ne produisent que rarement, des sensations voluptueuses.
L'érection est très souvent incomplète, ne réveille presque jamais le malade qui ne s'aperçoit que le lendemain de la nature de son accident. Quelquefois même il parle complaisamment de cette petite aventure qu'il considère comme une satisfaisante expression (le sa force virile. Il se trompe. Et, comme il ne fait rien pour modifier une situation dont il ignore la gravité, il ne tarde pas à être le jouet de désordres nerveux qui facilitent l'entrée en scène de la neurasthénie. Il faut alors s'opposer au développement de cette névrose ; on y parviendra en faisant appel au traitement hydrothérapique qui, par ses applications sédatives et ses applications reconstituantes convenablement combinées, peut rendre les plus grands services. Type LXXIV.
Dans la troisième période de la spermatorrhée les pollutions ont lieu sans provoquer d'érection : elles se produisent sous l'influence du moindre frottement ou de l'excitation la plus légère et sont plus souvent diurnes que nocturnes. Le liquide séminal s'échappe presque passivement pendant la miction ou la défécation et perd la plupart Je ses qualités physiques. Il est moins compact et plus aqueux qu'à l'état normal et les animalcules qu'il contient sont petits, déformés, et
ressemblent à des corpuscules brillants privés de mouvement. Il faut recourir au microscope pour distinguer leurs éléments bistologïques et les différencier de ceux que renferment les autres sécrétions urinaires. Quand les pertes séminales involontaires sont d'ancienne date et que les malades ne sont pas soumis à un traitement capable d'entraver leur renouvellement, les fonctions génitales se trouvent exposées à subir de grandes perturbations. La plus pénible d'entr'elles se traduit par un affaiblissement progressif de la valeur virile presque toujours associé à une excitation sexuelle factice que le malbeureux patient n'est presque jamais en mesure de satisfaire. Chaque tentative est suivie d'un échec humiliant qui est souvent le point de départ d'une obsession cruelle et déshonorante. C'est bien à lui que s'applique ce fameux et implacable vers du poète :
Venus lœta venit; tistis abire solet.
Il exprime bien, en effet, cet état de frigidité et môme d'impuissance que j'ai encadré dans la neurasthénie sexuelle et que je n'ai pas besoin de décrire de nouveau à cette place.
A côté de ces troubles obstinément fixés dans les organes génitaux, il faut en citer d'autres que la spermatorrhée a le triste privilège de répandre dans la plupart des appareils de l'organisme. Sous son influence les digestions cessent d'être régulières, l'appétit devient capricieux et l'estomac perdant sa tonalité se dilate en favorisant toute sorte de fermentations. La constipation se développe très facilement et, par sa persistance, augmente l'émission spermatique. La nutrition générale finit par s'altérer et les malades, ainsi privés de la restauration nécessaire à leurs tissus, ont un aspect lamentable qui provoque des sentiments de commisération.
Placés sous l'influence de cette action désorganisatrice, ces patients ont presque tous le pouls lent et faible, la région prœcordiale souvent endolorie et gênée quelquefois par des phénomènes angoissants très pénibles. Le cœur a des vibrations amoindries malgré les palpitations qui l'oppressent; il fait entendre aussi des bruits de souffle qui ressemblent à ceux que l'on constate chez les chlorotiques. La circulation périphérique est rarement régulière et le malade a des troubles vaso-moteurs qui se manifestent à chaque instant; il éprouve des frissons et des poussées de chaleur souvent suivies de sécrétions désagréables au toucher et à l'odorat.
La voix est aussi modifiée dans son timbre ; Lallemand cite, à à cet égard, des faits qui lui permettent d'insister sur celte particulière